UZERCHE  (Corrèze)
Arrondissement de Tulle - Canton d'Uzerche
Région Nouvelle Aquitaine
 Population :  2.889 Uzerchois en 2015.

 

D'une superficie de 2.385 hectares, et d'une altitude de 270 à 441 mètres,

la ville est traversée par les rivières la Vézère et le Bradascou.

 

La ville et l'ancienne abbatiale, avant 1970.

 

 

Abbatiale romane Saint Pierre

 

 

L'église fut dédiée à Saint Pierre et à Saint André, dès 1097.

L'art roman limousin est visible aux ouvertures munies d'un tore et au clocher.

L'absidiole pentagonale du transept sud, ses baies, ainsi que les portails sont également d'inspiration limousine.

 

 

 

Avec l'autorisation du roi et du pape débuta au X° siècle la construction d'un monastère bénédictin (917), qui devint très riche grâce à de nombreuses donations. Autour du monastère se forma la ville. L'autorité de l'abbé s'étendait sur la ville d'Uzerche, sur les environs et sur les terres qui faisaient partie de la seigneurie. Peu avant l'an mil, le monastère est réformé par des moines envoyés de Saint-Augustin de Limoges et d'Eymoutiers. A partir de 1068, la discipline clunisienne est instaurée dans le monastère par Adémar, abbé de Saint-Martial de Limoges, qui choisit parmi les moines de son abbaye un abbé pour le monastère d'Uzerche.

 

 

Le pape Urbain II, se rendant à Clermont-Ferrand en compagnie de Pierre l'Ermite afin de préparer la première croisade, fit en 1095 une halte à Uzerche et consacre l'abbaye (après la consécration faite en 1086 par l'évêque de Limoges). Il y remarqua un moine du nom de Maurice Bourdin, né dans les environs d'Uzerche, qui sera antipape de 1118 à 1121 sous le nom de Grégoire VIII.

 

Sous les corniches, des modillons romans sculptés.

 

Au début du XII°, l'abbaye bénédictine qui vient de recevoir des dons importants de l'évêque Eustorge, puissante et prospère, compte plus de cinquante églises. La crypte de l'abbaye contenait les reliques des corps saints de deux évêques bretons saint Léon et saint Coronat, invoquées dans les cas de possession démoniaque.

 

Le clocher détruit par la foudre en 1622 fut reconstruit avec une flèche moins haute.

 

 

Les baies géminées du clocher sont ornées de chapiteaux en calcaire finement sculptés.

Au XII° siècle, la nef se révélant trop petite, la travée ouest et son portail en tiers point furent construits.

Pour des raisons de sécurité, au siècle suivant, deux tours flanquèrent le croisillon nord

et une tour d'angle sur la façade ouest.

Au revers de la façade occidentale, qui s'ouvre par un médiocre portail en tiers point,

un tambour en bois présente un décor peint de six apôtres et de deux évêques, du XVII° siècle.

 

La crypte du XI° siècle, la plus ancienne du Limousin.

 

Après un incendie en 1028, la crypte a été bâtie en 1030.

Le plan comprend une partie centrale et un déambulatoire

faisant suite à un escalier d'accès de part et d'autre, et quatre chapelles (5 autrefois),

et qui sont également d'inspiration limousine.

 

Le pilier central.

Construite sous le chevet de l'église, d'aspect assez archaïque, semi enterrée,

elle présente un plan à déambulatoire et chapelles rayonnantes.

 

Autrefois, les pèlerins venaient y vénérer les reliques de Saint Léon et de Saint Coronat.

 

Intérieur de l'abbatiale.

 

Depuis le choeur, vue sur la nef et la chaire à prêcher du XVIII° siècle.

La nef a été construite au milieu du XII° siècle. Elle n'a ni colonnes ni chapiteaux. Séparées par des arcs

doubleaux légèrement brisés, les quatre travées sont flanquées de collatéraux étroits, voûtés de quarts de cercle.

 

La travée qui supporte le clocher est cantonnée par quatre piliers massifs

sommés par une coupole octogonale sur pendentifs.

Le vitrail du fond de la nef représente le martyr de Saint André.

 

Dalle funéraire avec épitaphe datée du XI° siècle.

Elle est située dans le mur occidental du transept sud, et a été découverte en 1838.

 

Les quatre colonnes de la croisée du transept supportent des chapiteaux de granite dont le décor d'entrelacs,

de feuillages et d'animaux serait du milieu du XII° siècle.

Le voûtement d'ogives de la croisée est largement postérieur.

 

La grille qui sépare le sanctuaire du déambulatoire est du XVIII° siècle.

Elle porte en ornement les deux clefs en sautoir qui faisaient partie des armes de l'abbaye.

 

Le plan du choeur, identique à celui de la crypte sous-jacente,

comportait cinq chapelles rayonnantes et un déambulatoire étroit. La chapelle axiale n'existe plus,

remplacée au XVII° siècle par une grande baie.

 

Six grosses colonnes séparent le sanctuaire du déambulatoire et supportent des chapiteaux de granite sculptés.

Autel à double face et sculpture du tabernacle du XVIII° siècle.

 

Stalles en bois de chêne, avec miséricordes, du XVIII° siècle.

 

Lutrin surmonté d'un aigle, du XVIII° siècle.

 

Les vitraux : St Martial évangélise Uzerche (croisillon sud) - Remise des clefs à St Pierre (choeur).

 

 

Chapelles du transept - Statues de l'Education de la Vierge et de Sainte Germaine.

 

Déjà en partie détachée des bâtiments monastiques, l'église fut fortifiée pendant la guerre de Cent ans, et ces fortifications furent à nouveau utilisées lors des guerres de Religion. En 1563, un édit de pacification accordait provisoirement aux Réformés la jouissance de la nef de l'église, qui constituait leur unique lieu de culte en Limousin.

 

A l'occupation de l'édifice en 1619 par les troupes royales du duc d'Epernon, est attribuée la destruction de la chapelle d'axe du chevet. L'établissement conventuel, en déclin depuis longtemps, s'affilia dans la seconde moitié du XVII° siècle à la congrégation des Exempts dont il fut un temps le chef-lieu, avant d'être sécularisé par une bulle du 20 mai 1747. A la Révolution, le temporel et les bâtiments de l'abbaye furent vendus comme bien national, scellant une destinée désormais indépendante pour l'église, promue chef-lieu de la paroisse d'Uzerche.

 

Le presbytère et le jardin attenant à l'abbatiale.

 

 

Le jardin du presbytère est situé sur l'ancien emplacement du cloître.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.limousin-medieval.com/
https://gallica.bnf.fr
Guide du Congrès Archéologique, Christian Corvisier, 2005

Dictionnaire des églises de France, "Auvergne, Limousin, Bourbonnais"

Volume II B, Editions Robert Laffont, 1966

Panneaux explicatifs présentés à l'entrée de l'édifice

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 27 juin 2018

 

 

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50660 - Lingreville