VIERZON  (Cher)
Arrondissement et canton de Vierzon.

Région Centre Val de Loire.
 Population : 26.365 Vierzonnais en 2016.

 

D'une superficie de 7.450 hectares, et d'une altitude de 94 à 182 mètres,

la ville est située à la croisière de cinq rivières : Yèvre, Barageon, Amon, Cher et le canal de Berry.

 

Etymologie : le nom viendrait de l'anthroponyme celte « Avara », eau qui coule.

 

 

La ville et son patrimoine

 

 

La ville, le canal du Berry, et le jardin de style art déco, avant 1970.

 

Vierzon est née en 1937 de la réunion de quatre communes qui avaient leurs particularités propres. Cette origine se retrouve dans la configuration actuelle de la ville : Vierzon-ville demeure le centre urbain autour duquel gravitent les bourgs encore bien autonomes de Vierzon-Villages, Vierzon-Bourgneuf et Vierzon-Forges.

 

La tour carrée et les anciens remparts de l'enceinte.

 

En franchissant la porte du beffroi, on aperçoit des sections conservées de l'ancien rempart de la ville,

ainsi que la tour carrée qui appartient à l'enceinte du château, côté ville.

Cette tour a vraisemblablement été construite en même temps que le beffroi.

L'escalier d'accès à l'église romane Notre-Dame.

 

Le beffroi ou porte Bahier du XIII° siècle.

 

Cette tour, à partir du XIX° siècle et jusqu'en 1943, a servi de prison.

Les détenus souvent de passage ne restaient enfermés à Vierzon qu'un temps relativement court.

Des graffitis présents à l'intérieur témoignent de cette occupation.

 

Le beffroi, côté château. Cette porte marquait l'entrée du château de Vierzon.

En 1918, la tour est restaurée, recouverte d'un clocheton et reçoit alors l'horloge

et la cloche de la porte aux Boeufs, l'une des anciennes portes d'entrée de la ville alors démolie.

 

Le beffroi, côté bourg.

La porte ainsi que le mur perpendiculaire percé d'une belle porte

et de trois fenêtres sont des vestiges encore présents aujourd'hui de l'ancien château.

 

A droite du beffroi se trouvaient d'anciens fours banaux. Ils tirent leur nom des "banalités", installations seigneuriales dont les habitants jouir moyennant une taxe. Les principales banalités étaient le moulin, le pressoir et le four à pain. Les fours banaux de Vierzon, construits au pied du beffroi, datent du XV° siècle. Transformés en boulangerie après la Révolution, l'activité s'est maintenue jusque dans la seconde moitié du XX° siècle.

 

La maison dite de Jeanne d'arc.

 

Il s’agit, sans aucun doute, de l’une des maisons les plus anciennes de Vierzon encore debout.

La maison est en réalité l'ancienne demeure des vicaires.

 

De l'abbaye Saint Pierre à l'hôtel de ville.

 

Les bâtiments de l’hôtel de ville sont ceux de l’ancienne abbaye Saint-Pierre.

Ils témoignent de huit cents ans de présence des moines à Vierzon.

 

A l'origine abbaye de Bénédictins fondée en 843 à Dèvres, par Centulphe de Vierzon sous les vocables de Saint-Pierre et Saint-Optat. En 903 l'abbaye fut détruite par les Normands, et les religieux se réfugièrent dans leur prieuré de Vierzon (également fondé en 843) qui fut alors érigé en abbaye. Elle adhéra à Saint-Maur en 1667.

 

Dessin représentant l'abbaye Saint Pierre au XVIII° siècle.

L'abbaye Saint Pierre était composée de quatre bâtiments principaux :

 

▪ L'église, détruite en 1793, située devant hôtel de ville actuel.

▪ Le logis abbatial, appartement privé du Père-abbé (situé actuellement à la droite de l'hôtel de ville.

▪ Le moulin de l'abbaye et les jardins, placés sur l'Yèvre, étaient à l'emplacement de l'actuel square Lucien Beaufrère.

▪ Le bâtiment conventuel, logis des moines avec en rez-de-chaussée, le réfectoire et au 1° étage, le dortoir, est l'actuel Hôtel de ville.

 

Aujourd'hui, la structure de l'édifice est encore celle des constructions monastiques de jadis.

Car l'aile sud, le long de l'Yèvre, n'est autre le bâtiment identifié comme étant celui qui abritait le réfectoire

et le dortoir des moines. Et l'aile est, où se trouve la salle des Actes, est celle de l'ancienne salle capitulaire.

 

La Révolution française a sonné le glas du monastère. En 1791, les religieux abandonnent l'abbaye. Les bâtiments sont ensuite vendus comme biens nationaux, quelques années plus tard. D'abord entre les mains de particuliers, ils ont été rachetés par les instances municipales au cours du XIX° siècle.

 

Façade, côté entrée de l'auditorium.

 

Deux transformations importantes furent apportées :

▪ A la fin du XIV° siècle, le site est inclus dans les remparts de la ville, et un mur d'enceinte vient le protéger d'éventuels envahisseurs.

▪ Au XVII° siècle, l'abbaye est profondément remaniée et c'est donc à cette époque que datent les éléments conservés que nous voyons aujourd'hui.

 

Façade donnant sur les jardins et l'Yèvre.

 

L'ensemble est vendu en 1791 à la Révolution et la plupart des bâtiments seront progressivement détruits. En 1797, une transaction avec le propriétaire des bâtiments permet à la mairie de déménager de l'ancien quartier du château à ses locaux actuels. De nos jours, seuls restent d'origine, la charpente visible du 2° étage ainsi qu'un escalier.

 

Pont Voltaire, sur l'Yèvre et le canal de Berry.
Vue sur la ville, depuis le jardin de style art déco.

 

Le canal de Berry

 

Le canal de Berry (d'abord canal du Cher, puis canal du duc de Berry avant de prendre en 1830 son nom actuel, avait une longueur de 320 km. Réalisé entre 1808 et 1840, il a été utilisé jusqu'en 1945 puis a été déclassé et aliéné en 1955. Il a la particularité d'être trois canaux en un seul et est constitué de trois branches distinctes qui se rejoignent à Fontblisse, commune de Bannegon (Cher).

 

Témoin du développement industriel de la ville , le canal a été construit pour relier Vierzon à Montluçon,

puis au canal du Centre, et desservait l'industrie locale. Aujourd'hui, privé de circulation,

il fait partie du paysage urbain et constitue un lieu de promenade très agréable.

 

Vierzon dispose de trois ponts distincts : le plus important est le pont Voltaire, qui traverse l'Yèvre

et le canal de Berry. Ensuite, en descendant plus au sud, il y a le pont sur le bras mort du Cher,

et en continuant encore un peu, le pont sur le Cher proprement dit.

 

Ces trois ponts datent tous de l'époque de Louis XV (1747). Ils ont une singularité, les becs et avant becs sont construits avec de la brique. Cette dernière est recouverte de placages de pierre, mais avec le temps, cette couverture a tendance à disparaître.

 

La cité industrielle.

 

C'est à Vierzon-Forges, en 1779, que le comte d'Artois, frère de Louis XVI et futur Charles X, créa les forges,

sur son apanage, afin de mettre en valeur la forêt de Vierzon.

Ces forges comptèrent parmi les plus belles de France.

Elles furent transformées en tréfilerie-pointerie en 1864, et fermeront en 1978.

 

Vue aérienne du site avant 1930.

 

Parallèlement s'est développée l'industrie céramique, particulièrement celle de la porcelaine. En 1916, fut créée la première manufacture. Au début du XX° siècle, la ville comptait plus d'une dizaine d'usines, occupant avec sa région, la 2° position après Limoges. A cette même période s'implantèrent deux verreries industrielles. Vierzon est aussi célèbre pour son industrie de construction mécanique et de machines agricoles.

 

La verrerie, avant 1928.

Vue intérieure de la grande halle de fabrication de la Verrerie.

 

Le musée est installé dans un ancien bâtiment industriel et présente une collection

permettant de retracer l’histoire industrielle et cheminote de la ville aux XIX° et XX° siècles,

dans un espace de plus de 600m², aux présentations thématiques régulièrement renouvelées.

 

Edouard Vaillant.

 

Portait d'Edouard Vaillant et sa tombe dans le cimetière de Vierzon.

Né à Vierzon en 1840, et issu d’une famille aisée, il deviendra ingénieur diplômé de l’École centrale en 1862,

docteur ès sciences de la Sorbonne, docteur en médecine. Il fréquenta à Paris Charles Longuet,

Louis-Augustin Rogeard, Jules Vallès. Il découvrit les thèses de Joseph Proudhon,

qu’il rencontra, et adhéra à l’Association internationale des travailleurs.

 

Edouard Vaillant participa à l’avènement de la République le 4 septembre 1870. C’est pendant le siège de Paris qu’il fit la connaissance d’Auguste Blanqui. Il fut à l’origine du Comité central républicain des Vingt arrondissements, participa aux soulèvements refusant les négociations d’armistice. Revenu en France, il devint une des têtes pensantes de la Commune. Exilé en Angleterre, il rencontre Marx en 1871. De retour en France en 1880, il agit politiquement dans le Cher et à Paris et fut élu député dans le XX° arrondissement de Paris. Luttant activement pour le mieux-être socialiste ouvrier, il ne cessa jamais de poursuivre la conquête de l'opinion par la presse. Il fut un des créateurs du Parti Socialiste de France (S.F.I.O.). Il mourut en 1915 et sa tombe se trouve à Vierzon.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://gerval2.free.fr/vierzon.htm

https://www.landrucimetieres.fr/

Photo Edouard Vaillant, base de données/http://www2.assemblee-nationale.fr/

"Histoire de l'abbaye St Pierre de Vierzon", Comte de Toulgoët-Tréanna

Monographie des villes et villages de France, Le Livre d'Histoire, 2007

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le  2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville