PLAIMPIED-GIVAUDINS  (Cher)
Arrondissement de Bourges -  Canton de Trouy.

Région Centre-Val-de-Loire
 Population : 1.979 Plaimpiedois en 2016.

 

D'une superficie de 4.051 hectares, et d'une altitude de 128 à 177 mètres,

la ville est traversée par la rivière l'Auron, longue de 91,7 km, et le canal du Berry.

 

Les deux communautés d'habitants de Plaimpied et de Givaudins ont été réunies en une seule commune

par ordonnance royale du 24 février 1842 alors qu'auparavant,

Givaudins dépendait étroitement de Bourges et des communautés religieuses qui y étaient installées.

 

 

Abbatiale romane Saint Martin

 

 

L'abbaye de Plaimpied abritait une communauté de chanoines réguliers de Saint Augustin

fondée en 1080, par l'archevêque de Bourges.

 

Façade occidentale de l'abbatiale Saint Martin.

L'église est construite sur un plan en croix latine orienté avec une nef pseudo-basilicale au dessus d'une crypte,

La longueur totale est de 40,40 mètres, la largeur au niveau des transepts de 22,60 mètres

et la hauteur sous la coupole de 17,09 mètres.

 

La construction de l'abbatiale bénéficia des libéralités de plusieurs archevêques , notamment d'Aldebert (1093-1098) et de Léger (1098-1120). Encore en 1178, Ebbe, seigneur de la Guerche, autorisait les chanoines à prendre du bois dans ses forêts pour leurs constructions.

 

Le portail occidental fut remanié au XVII° siècle après l'incendie dû aux guerres de religion,

puis aux XVIII° et XIX° siècles. Ces restaurations qui remplacèrent certainement une magnifique façade romane,

amputèrent l'église d'une travée.

 

L'abbaye fut d'abord fraternellement unie à celle de Saint-Martin-de-Tours dès la mort de son fondateur (1093), puis financièrement à la Sainte Chapelle de Bourges (1394). Cette dernière union fut révoquée par le Pape Benoît XIII à la demande de l'abbé dès 1410. Au XVI° siècle débuta le déclin de l'abbaye, aggravé ensuite par la commende. A la Révolution, il ne restait que le prieur de la communauté qui était également le curé du village.

 

La place, l'abbatiale et le monument aux morts.

 

A l'angle du mur et du transept nord se situe la tour d'escalier conduisant au clocher.

 

Au chevet : arcatures aveugles, les colonnettes et modillons sculptés.

 

Au XVI° siècle, des troubles graves intervenus dans la construction obligèrent l'abbé Pierre de Plas

à faire édifier des arcs-boutants et à restaurer une pile intérieure.

 

Le côté sud est percé de deux portes de chaque côté du transept : une côté chœur qui est une issue de la crypte, l'autre côté nef est l'ancienne porte communicant avec le cloître aujourd'hui détruit permettant l'entrée des moines dans l'abbatiale à l'entrée du chœur.

 

Le vaisseau central, long de deux travées, est éclairé par des fenêtres hautes, et largement ouvert

sur les chapelles latérales (qui forment bas-côté) par deux arcades reposant sur des piles composées.

 

Bas-côtés Nord et Sud. Depuis le portail occidental, vue sur le choeur.

Le vaisseau est fortement différencié de l'abside par sa hauteur, identique à celle des bras du transept

 

A l'entrée de la nef, le baptistère du XII° siècle conserve encore la trace de ses peintures.

 

Epitaphe du moine Sulpicius, représentant Abraham portant l’âme du défunt.

Elle serait l'œuvre du "maître de Plaimpied" auteur de chapiteau de la tentation.

 

Le gisant de Richard II daté du XIII° siècle a été restitué par le musée de Bourges en 1993

qui le conservait depuis 1840, il est placé dans le transept sud.

 

De nombreuses réfections des XVI°, XVII° et XVIII° siècles sont intervenues,

notamment sur le bas-côté nord, le plafond de la nef, les stalles les autels.

 

 

La particularité de cet édifice réside dans la variété de ses chapiteaux sculptés du XII° siècle,

où l'on rencontre des sujets fantasmagoriques, anthropomorphes ainsi que des décors végétaux.

La finesse des traits et des visages portant la barbe évoque plus particulièrement l'art chypriote antique.

 

 

Le choeur qui fait suite à l'abside est éclairé de chaque côté par deux fenêtres.

Deux arcades élevées en plein cintre le relient aux absidioles : leurs arcs, entourés d'un tore continu

qui retombe jusqu'à la base au long du pilier intermédiaire, portent de beaux chapiteaux.

 

L'abside est voûtée en cul-de-four. Ces trois fenêtres en plein cintre

que flanquent des colonnettes s'ouvrent chacune sous une arcade de même dessin.

 

 

Les chapiteaux sculptés du XII° siècle à motifs variés : animaux fantastiques, entrelacs, feuillages, etc...

 

La Tentation du Christ - Acrobate, puis homme accroupi.

 

La nef : chaire à prêcher et le portail occidental.

 

Le transept a conservé ses dispositions d'origine,

avec sa croisée couverte d'une coupole sur trompes et ses bras voûtés en berceau. Statue de Saint Blaise.

 

L'absidiole nord et ses chapiteaux sculptés.

 

 

Par son décor sculpté, l'église de Plaimpied se situe à la convergence du répertoire ornemental

de Saint Benoît-sur-Loire et de celui de la Bourgogne méridionale voisine (Anzy-le-Duc, Charlieu).

 

La crypte.

 

On accède aujourd'hui à la crypte par le bras Nord du transept.

 

Très éclairée pour l'époque, la crypte fut construite entre 1088 et 1092.

Elle reçut en 1093 la sépulture de Richard II.

 

Cette crypte possède un plan tréflé, et le svastika.

trois nefs divisées par quatre colonnes aux fûts monolithiques façonnés autour.

La voûte en blocage est ornée d'un semis de fleurettes du XIII° siècle.

Dans une des deux petites galeries se trouve un lucernaire par lequel on adorait les reliques.

 

Le symbole solaire fut repris dans la plupart des grandes traditions : chez les Celtes il ornait l'autel Belenus, Dieu solaire équivalent d'Apollon. Dans les monuments chrétiens, le svastika est présent sur le pavement de certaines églises d'Europe de l'Est. En France, il apparaît sur des sculptures ou des chapiteaux du XI° siècle, notamment en Auvergne. Composé de quatre gamma, troisième lettre de l'alphabet grec sous sa forme majuscule, il est le symbole du soleil en mouvement quotidien et saisonnier, symbole de lumière et de vie, de création renouvelée. Il souligne l'importance attachée au soleil et à la lumière dans la religion chrétienne.

 

Le presbytère.

 

 

Porte de l'abbaye du XIV° siècle (Actuel presbytère).

 

 

Dans la cour actuelle, l'ancien puits qui était entouré du cloître aujourd'hui disparu.

 

L'église, située dans le bourg, côtoie la grange aux dîmes et l'ancien logement de l'abbé.

Plus bas près du canal se trouvent les anciens moulins banaux de l'abbaye.

 

Plaque commémorative dédiée à Jean Sautivet qui a vécu à Plaimpied à partir de 1821 et y est décédé en 1867.

Il est le plus ancien fabricant d'instruments de musique localisé

et la qualité de sa production reste un modèle pour les artisans actuels.

 

L'esthétique des instruments de Jean Sautivet est toujours proche de celle des cornemuses du siècle passé : importance du décor, proportions robustes, utilisation de matériaux locaux (buis, prunier, corne). Ses instruments sont non seulement très beaux mais également très accomplis musicalement, ce qui laisse penser qu'il était aussi un musicien de qualité.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dictionnaire des églises de France, "Val-de-Loire, Berry"

Volume IIId, Editions Robert Laffont, 1967

"A la découverte de l'abbaye St Martin", de 32 pages, Mairie de Plaimpied

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 22 mai 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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