OIZON  (Cher)
Arrondissement de Vierzon - Canton d'Aubigny-sur-Nère
Région Centre Val de Loire
 Population : 677 Oizonnais en 2016.

 

D'une superficie de 6.203 ha, et d'une altitude de 184 à 326 mètres,

le village est arrosé par la rivière la Nère.

 

Etymologie : viendrait de xello (élevé) ou plutôt olca (terre labourée et cultivée).

 

 

Château de la Verrerie, de style Renaissance Italienne
 

 

En 1422, le Roi Charles VII donne le Comté d’Aubigny à Jean Stuart, Comte de Darnley, Connétable d’Ecosse

en reconnaissance de ses bons et loyaux services durant la Guerre de Cent Ans, dans la bataille contre les Anglais.

Une petite fabrique de verre, située alors au bord du lac mais démolie en 1815 inspira le nom de « La Verrerie ».

 

Vue aérienne avant 1970 : le châtelet d'entrée, la chapelle et face dans la cour d'honneur, la grande galerie.

Les bâtiments sont disposés autour d'une cour ouverte sur l'étang et fermée à l'origine.

 

Le châtelet d'entrée.

 

Un pavillon garde l'entrée de l'aile nord avec une chapelle accolée au mur de clôture.

Le pavillon carré est cantonné de trois tourelles et d'une tourelle d'escalier.

 

Le château ne fut pas construit avant la fin du XV° siècle, période pendant laquelle Béraud Stuart, petit-fils de Jean Stuart, à son retour de la campagne d’Italie, fait ériger le corps de logis principal dans le prolongement de la Chapelle et qui rejoint la Galerie « Renaissance » construite en 1525 par Robert Stuart, gendre de Béraud Stuart et compagnon d’armes de Bayard.

 

La chapelle du XVI° siècle.

 

 

Vues depuis l'entrée extérieure, la cour d'honneur et la grande galerie.

 

 

La décoration peinte sur la voûte et les murs de la chapelle,

elle-même restaurée vers 1930 par Ypermann, daterait du XVI° siècle.

 

La chapelle contient un magnifique tabernacle en bois doré

et deux statues en pierre provenant d'une Annonciation, des années 1525.

 

 

La voûte montre une série de médaillons, portraits de parents et de familiers de Robert Stuart,

peint à la mode antique.

 

 

 

Les murs portent, sur un fond de lys de France et de chardons écossais,

la représentation des évangélistes, des apôtres et des martyrs avec un Saint Christophe sur le mur occidental.

 

Le château.

 

Un grand corps de logis en retour d'équerre avec une tourelle d'escalier hors oeuvre

communique avec une double galerie accostée de deux pavillons.

 

 

Entre 1495 et 1500, Béraud Stuart agrandit le vieux logis. La majeure partie de ce dernier, à l'Ouest, a été démolie à la fin du XVII° siècle et dans le courant du XIX° siècle. Il ne reste plus aujourd'hui de cette construction que la base de la grosse tour d'angle Nord-Ouest (billetterie actuelle).

 

 

 

En 1734, le Duc de Richmond, fils de Louise de Kéroualle et Charles II d’Angleterre hérite de la Seigneurie érigée en Duché-Pairie. En 1842, les héritiers vendent le Château et la terre d’Aubigny à Léonce de Vogüé, aïeul des propriétaires actuels. En 1895, le Marquis Louis de Vogüé fait construire l’aile Sud qui abrite aujourd’hui les pièces de réception et la plupart des chambres.

 

 

 

En 1670, le dernier Stuart d’Aubigny s’éteint et le Château de La Verrerie, comme prévu dans l’acte de donation du Roi Charles VII, revient à la Couronne de France. Le Roi Louis XIV, par arrêt du Conseil du 18 mars 1673, restitue cette terre à Charles II, Roi d’Angleterre et descendant en ligne directe et masculine de Jean Stuart. A la demande de ce dernier, don en est fait la même année à sa favorite, Louise de Kéroualle, Duchesse de Portsmouth.

 

 

 

En 1962, le Comte Antoine de Vogüé, alors Maire de la commune d’Oizon et ce depuis 1953 qui sera Conseiller Général du Cher en 1964 (toujours réélu dans ces deux mandats) s’installe définitivement au rez-de-chaussée de l’aile Nord. En 1965, il ouvre le Château à la visite et rejoint la Route Jacques-Cœur.

 

La cour intérieure.

 

En 1978, la Comtesse Antoine de Vogüé, son épouse, crée le Restaurant « La Maison d’Hélène » .
En 1982, elle initie les chambres d’hôtes.

Elle réside aujourd’hui dans la grande demeure située à l’arrière du restaurant et dénommée « le Gros Chêne ».

 

La galerie à l'italienne, très en vogue vers les années 1510-1520, à l'imitation des galeries du château de Blois.

 

Vers 1520-1525, le neveu et successeur de Béraud Stuart, Robert Stuart de Lennox, entreprend une seconde campagne de travaux pour agrandir et décorer cette résidence agreste qui ne semble jamais avoir été réellement fortifiée. Il y ajoute le châtelet d'entrée et l'aile de la galerie centrale encadrée par les deux pavillons. Une nouvelle campagne de travaux est entreprise à la fin du XIX° siècle pour Louis de Voguë, par l'architecte E. Sanson, pour doubler et épauler la galerie.

 

Le maître maçon utilise largement la brique, et réserve l'usage de la pierre pour la décoration :

encadrement des baies, éléments sculptés, chaînes.

Les médaillons de marbre des écoinçons, restaurés, représentent, de face,

des bustes d'hommes et de femmes encadrés de guirlandes ou de chapeaux de triomphe.

 

Le tuffeau délimite chaque travée de brique et accentue les rythmes verticaux et horizontaux de l'ensemble de la façade. La manière italianisante est ici parfaitement assimilée dans les moulures et les profils des pilastres des fenêtres et des bases des colonnes engagées dans les piliers, les différents motifs de chapiteaux, l'ornementation des colonnes (rinceaux, arabesques).

 

 

La galerie haute était décorée de fresques du XVI° siècle, qui se composaient de panneaux exaltant

les vertus militaires des Stuarts. Des copies, exécutées vers 1890, sont disposées dans la galerie basse.

La galerie basse est louée de nos jours, et utilisée pour différentes réceptions.

 

Les salles de la partie construite au XIX° siècle sont ouvertes à la visite.

Elles illustrent l'activité des membres de la famille de Voguë, propriétaires du château depuis cinq générations.

 

 

La bibliothèque.

 

le salon

 

Table du XVII° siècle, en marbre et dorée à l'or fin. On y présentait le gros gibier.

 

Chaise à porteur Louis XV, placée dans la salle de billard.

 

Le grand hall.

 

 

 

La salle à manger

 

En 1993, leur fils, le Comte Béraud de Vogüé et sa famille, de retour du Canada et des Etats-Unis, prennent la suite de l’affaire familiale. Seul propriétaire de La Verrerie à y avoir vu le jour, il œuvre actuellement en permanence à la promotion de La Verrerie et d’autres châteaux privés, réunis au sein de la Route Jacques-Cœur dont il est le Président.

 

Les jardins et l'étang.

 

Vue aérienne avant 1970 : le château, les jardins, le parc et le plan d'eau.

 

 

Le château se reflète sur le miroir d'un étang alimenté par la Nère,

dans un écrin de verdure des bois de l'Aumône sur la rive droite, et de Cléfy sur la gauche.

 

 

Le Château de La Verrerie est un joyau de la Renaissance, au bord d'un grand étang entouré de forêts.

Ce lieu recèle de sentiers où Alain-Fournier, l'auteur du Grand Meaulnes aimait se promener.

 

Une vieille maison en pans de bois, vestige de l'ancienne basse-cour, au toit couvert de bardeaux,

et transformée en auberge, nous accueille à l'entrée de la cour ombragée de tilleuls centenaires.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.chateaudelaverrerie.com/
Livret "Si la Verrerie m'était contée", de 32 pages

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 25 mai 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville