LA CHAPELLE-D'ANGILLON  (Cher)
Arrondissement de Vierzon -  Canton d'Aubigny-sur-Nère.

Région Centre-Val-de-Loire
 Population : 635 Chapellois en 2016.

 

D'une superficie de 1.017 hectares, et d'une altitude de 186 à 283 mètres,

le village est situé au bord de la rivière la Sauldre.

 

Vues aériennes avant 1970 : le bourg et l'église paroissiale du XVII° siècle,

bâtie en 1606 par Maximilien de Béthune, duc de Sully.

Elle remplaçait une ancienne église qui devait se trouver au pied du château.

 

Sur les conseils des moines de l’abbaye de Saint-Sulpice de Bourges qui avaient des ruchers dans la région, un ermite, prénommé Jacques, s’installe près de la Petite Sauldre. Il construit un abri puis un oratoire pour prier. Il meurt en 865, est inhumé dans son oratoire et ses fidèles viennent prier sur sa tombe. Les moines de Saint-Sulpice construisent un prieuré où ils résident en permanence, puis une chapelle pour accueillir les pèlerins qui viennent prier Jacques l’ermite, appelé aussi Jacques de Saxeau. C’est le début de la Chapelle Saint Jacques qui deviendra La Chapelle-d’Angillon. Tout cela se passe sur les terres de Gilon de Sully, descendant des Vikings, qui en remontant la Loire, la Sauldre, et la Petite Sauldre se sont appropriés ces territoires au X° siècle.

 

Alain-Fournier, pseudonyme d'Henri-Alban Fournier,

 

Cet écrivain, dont l’œuvre la plus célèbre est "Le Grand Meaulnes" (1913)

est né le 3 octobre 1886 à La Chapelle-d'Angillon

et tué au combat le 22 septembre 1914 (à 27 ans) à Saint-Remy-la-Calonne (Meuse).

Il repose dans le cimetière militaire.

 

Maison natale d'Alain Fournier -  Le lieutenant Alain-Fournier aux manœuvres de Caylus, en 1913.

Tombe de l'écrivain dans le cimetière militaire.

L'auteur du célèbre roman "Le Grand Meaulnes" est né dans la maison de ses grands-parents.

Ses parents instituteurs, ont enseigné à l’école de La Chapelle d’Angillon de 1903 à 1907

et habitaient le logement de fonction dans la mairie-école.

Alain et Isabelle, sa sœur, passaient toutes leurs vacances dans la maison de leurs grands-parents,

 

Mobilisé en août 1914, avec le grade de lieutenant, Alain Fournier est porté disparu, à la tête de sa compagnie, le 22 septembre de cette même année sur les Hauts de Meuse. Ce n’est que 77 ans plus tard que son corps et ceux de ses camarades ont été retrouvés. Il est maintenant inhumé, avec eux, dans la nécropole nationale de Saint-Rémy la Calonne (Meuse).

 

Au pays d'Alain Fournier.

 

La maison est surélevée d'un étage en 1909 au moment du mariage d'Isabelle et de Jacques Rivière. Mais les deux pièces du rez-de-chaussée ont gardé, grâce à Isabelle Rivière, puis à son fils et à sa bru, le caractère intime et chaleureux qu'a connu, aimé et célébré dans sa correspondance l'auteur du Grand Meaulnes qui revenait régulièrement y passer ses vacances d'été avec sa grand-mère et ses parents.

 

Dans la "chambre froide", on peut voir le lit où est né Alain-Fournier et le petit divan où est mort Jacques Rivière. Beaucoup d'autres objets ayant appartenu à Alain-Fournier ou qu'il a connus chez sa grand-mère sont également conservés dans cette maison.

 

Alain Fournier se lie d'amitié avec Jacques Rivière, futur directeur de la Nouvelle Revue Française, qui deviendra son beau-frère. Mais la rencontre brève et capitale, qui bouleverse sa vie, est celle d'une jeune fille que, dans son roman, il appellera Mademoiselle Yvonne de Galais.

 

Le Grand Meaulnes paraît en 1913, c'est un succès immédiat, rapidement réédité. Il reste aujourd'hui encore l'un des auteurs français les plus traduits dans le monde. L'auteur nous invite à un voyage intime entre la Sologne avec Sainte Montaine; Nançay, la Chapelle-d'Angillon, le Sancerrois et le Berry avec Epineuil-le-Fleuriel.

 

 

Le château de Béthune.

Il abrite le Musée Alain Fournier - Jacques Rivière.

 

 

Ce château à la dimension romanesque, est meublé, habité et abrite un musée consacré à Alain-Fournier,

ainsi qu'une collection sur l'Albanie royale du XIX° siècle.

 

Vue aérienne avant 1970.

 

 

 

Le pavillon d'entrée, côté extérieur.

 

 

En 1064, Gilon de Sully entreprend la construction d’une tour carrée

qui sera le 1° édifice de guerre tout en pierre et qui protègera toute la région.
Ce donjon quadrangulaire sera aussi le début de la construction du château de La Chapelle.
Il est bâti sur l'alleu de la principauté de "Boisbelle".

 

De plan carré de 10,70 m de côté, épaulé par des contreforts d'angle,

il devait s'élever sur 5 niveaux éclairées par quelques baies géminées en plein cintre aujourd'hui murées.

 

Le village s’agrandit le long de la Petite Sauldre. Une muraille de protection d’une épaisseur de 2 mètres et d’une hauteur de 6 mètres, renforcée par des tourelles est construite. Il y a 4 portes d’accès, dont une avec un pont levis sur la rivière.

 

La terrasse domine le plan d’eau communal des Barres.

Sully, le ministre d'Henri IV, remodèle le site du château au début du XVII° siècle.

Il crée un parc et une terrasse donnant sur le plan d'eau qu'il aménage sur les bords de la Petite Sauldre.

 

 

A l'intérieur des bâtiments, la distribution est assurée par d'étroits escaliers à volées droites

ménagées dans l'épaisseur des murs.

 

Dans la cour intérieure du château la galerie basse vient d'être en partie reconstituée avec des éléments sculptés qui étaient conservés dans les combles. La qualité du décor des chapiteaux et des colonnes rattachent cet oeuvre au répertoire décoratif de la Première Renaissance, dans les années 1510-1520.

 

Au XV° siècle, Marie d'Albret fait construire une tourelle d'escalier accolée au donjon

pour le relier à l'aile du nouveau château.

 

Le donjon devient une des tours d'angles du quadrilatère du château, mais cette modernisation à fait disparaître la majorité des éléments architecturaux d'origine. Il est difficile de restituer la topographie primitive du site et d'imaginer la basse-cour : les fortifications de la ville n'auraient été rattachées aux défenses du donjon et du château qu'en 1229.

 

Le salon et la chambre du roi, avant 1930.

 

Le salon et la chambre du roi, avant 1970.

 

La Chapelle d’Angillon est également le pays natal d’Eudes de Sully,

bâtisseur de Notre Dame de Paris.

 

Odon de Sully (Odon ou Eudon ou encore Eudes sont un seul et même nom) évêque de Paris, est né à La Chapelle d’Angillon vers 1166, mort à Paris en 1208. Il était d’une noble famille, alliée par le sang aux rois d’Angleterre, aux comtes de Champagne et aux rois France.


Il fit ses études de théologie à Paris. Après avoir vécu plusieurs années auprès de son frère aîné, Henry de Sully, archevêque de Bourges, il fut appelé au siège épiscopal de Paris en 1196, à la mort de Maurice de Sully. Il eut à exécuter la sentence d’excommunication lancée par Innocent III contre Philippe Auguste et Agnès de Meranie.


C’est sous Odon de Sully que Notre-Dame de Paris, avec la nef et la base de la façade fut achevée. Eudes de Sully est un ancêtre de Maximilien de Béthune, Duc de Sully, ministre de Henry IV, qui fit remanier le château actuel de La Chapelle d’Angillon, mais conserva notamment la grande tour carrée qui est du XI° siècle. Il fonda l’abbaye de « Port Rois » berceau de « Port Royal ». Ce personnage illustre, mort à 40 ans, a sa tombe dans la cathédrale de Paris, à l’entrée du chœur.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://chateau-angillon.fr/
Dépliant 3 volets "Une journée au château de la Chapelle d'Angillon

Panneaux explicatifs présentés sur le site

(Photos interdites à l'intérieur de l'édifice. Celles présentées

sont scannées à partir de cartes postales anciennes)

C.P.A. collection privée en prêt

Visite guidée et photos, Chantal Guyon, le 23 mai 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville