GROSSOUVRE  (Cher)
Arrondissement de Saint Amand-Montrond - Canton de Dun-sur-Auron.
Région Centre Val de Loire
 Population : 278 Grossouvrois en 2016.

 

D'une superficie de 1.575 ha, et d'une altitude de 182 à 230 mètres,

le village est arrosé par la rivière l'Aubois.

 

Etymologie : le nom pourrait être issu de grosse "grande étendue"

complété de soue, sove attr. de selve, silva "forêt" et pourrait ainsi signifier grossa silva (grande forêt).

 

Village en milieu rural qui se développera grâce au fer élaboré à partir des minerais locaux

et expédié par le canal de Berry à partir de 1837.

Après l’arrêt des forges, la fabrication de tuiles relancera l’activité industrielle.

 

 

La halle à charbon

et le musée des forges et de l'industrie
 

 

À la confluence des anciennes provinces du Berry, Bourbonnais et Nivernais, le Pays Loire Val d’Aubois

est situé à l’est du département du Cher. Son paysage est façonné par les fleuves Loire et Allier

ainsi que par les rivières comme la Vauvise et l’Aubois. Riche d’un sous-sol abondant en minerai

et en terre d’extraction, c’est l’industrie rurale qui lui a donné son visage actuel.

 

Grâce à l’ancienneté de l’activité métallurgique et au bon état de conservation des sites, il est possible d’analyser l’évolution des formes architecturales et des techniques des hauts-fourneaux sur près de deux siècles. Si les forges du Pays développèrent de nouvelles performances techniques, elles fermèrent vers 1880 et furent ensuite relayées par l’industrie de la terre : production de chaux hydraulique et de ciment naturel, de briques et de tuiles. Toutes ces industries, qui perdurent encore pour certaines, ont laissé de nombreux vestiges de sites de production, de voies de communication (canaux, voies ferrées) et de logements ouvriers, emblématiques du développement de l’industrie française en milieu rural.

 

Grossouvre possède un riche passé industriel avec ses forges qui en 1791 faisaient travailler 840 ouvriers !

Les forges cessèrent toutes activités en 1879 après trois siècles de prospérité.

 

Les forges ferment en 1882, et la raison principale tient au prix du combustible. Le transport du charbon par le biais des canaux est coûteux ce qui interdit la production d'un acier compétitif. Les sidérurgistes estimeront qu'il est préférable d'installer les usines près des houillères. A l'inverse ces mêmes canaux serviront à merveille les activités liées à la terre comme les tuileries.

 

Les tuileries de l'Aubois, situées sur l’ancien site du haut fourneau.

 

 

La tuilerie Iméris, construite en 1901 sur l’emplacement de l’ancienne forge qui elle fût totalement détruite

en 1971. (Emplacement actuel de l’hangar de stockage d’argile).

 La tuilerie de Grossouvre est toujours en pleine activité.

 

La tuilerie de l'Aubois avec ses cinq cheminées et ses quarante-quatre travées ordonnées sur trois niveaux.
 

La halle à charbon, et le Musée des Forges et de l'Industrie.

 

La halle avant sa transformation en Musée, et en 2017.

 

Construite entre 1841 et 1844, la Halle à charbon a été classée Monument Historique en 1999. Depuis, le Conseil général du Cher l’a réhabilitée pour en faire un lieu dédié à la découverte de l’histoire du fer. Utilisée pour stocker le charbon de bois du haut fourneau, puis de la tuilerie, elle s’inspire notamment des halles galloises datant du début du XIX° siècle.

 

Inaugurée en 2009, la halle, baptisée en 2010 «Espace Métal – Halle de Grossouvre»,

offre une plongée dans l’univers des forges du Val d’Aubois.

 

La scénographie a été confiée à Jamy Gourmaud, concepteur et animateur d'émissions télévisées (C'est pas sorcier). Expériences et manipulations sont proposées pour confronter le public aux problèmes techniques rythmant le quotidien des ingénieurs de l'époque. Les espaces de visites se répartissent entre la partie scénographie et un vaste hall destiné à des expositions temporaires à vocation scientifique ou à vocation culturelles et artistiques.

 

Immeuble "Les galeries", le H.L.M. le plus ancien de France, voire d'Europe.

 

Surnommé "Les Galeries", cet immeuble est financé en 1833-1834 par Alexandre Aguado,

marquis de Las Marismas del Guadalquivir,

banquier français d'origine espagnole et propriétaire de la forge du village.

 

Logements ouvriers au XIX° siècle.

 

Façades avant et arrière de l'immeuble.

Accueillant 12 familles, cet édifice est destiné aux ouvriers des forges.

 

Cette construction est le plus ancien immeuble ouvrier à galerie-coursives, régulier et hygiéniste

actuellement connu en France. Ses aménagements, ajoutés à la régularité de sa composition

et a l'emploi de brique d'épaisseur décroissante pour les piliers supportant les coursives,

font de cet immeuble un exemple extrêmement novateur pour l'époque en Europe occidentale.

 

On y trouve 12 caves au rez-de-chaussée semi-enterrées, 12 logements répartis sur deux étages et desservis par des coursives accessibles par un escalier intérieur central, un comble commun. Les Galeries offrent un confort qui n'a rien de relatif pour l'époque et le niveau social de ses habitants : chaque famille dispose en effet de deux pièces de vie : une de jour, à feu au sud et une chambre au nord et de grandes ouvertures vitrées.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://gerval2.free.fr/
http://www2.culture.gouv.fr/notice n° PA00135282,

base Mérimée, ministère français de la Culture

"Le Patrimoine des communes du Cher", Flohic Éditions, Tome II

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 11 juin 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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