AUBIGNY-SUR-NÈRE  (Cher)
Arrondissement de Vierzon - Canton d'Aubigny-sur-Nère.
Région Centre Val de Loire
 Population : 5.539 Albigniens en 2015.

 

D'une superficie de 615 hectares, et d'une altitude de 161 à 233 mètres,

la ville est arrosée par les rivières La Nère, et l'oisenotte.

 

La ville s’appelait Albiniacum à l’époque gallo-romaine, et devint avec le temps Aubigny sur Nère.

Cette petite rivière, la Nère, traverse la ville en plusieurs bras, disparaissant sous une maison

pour ressortir au détour d’une rue : elle alimentait les cinq moulins que comptait le bourg.

 

 

La cité des Stuarts
 

 

Pittoresque ville au riche passé aux confins du Berry et de la Sologne

Aubigny-sur-Nère a été "Terre d’Ecosse" au début du XV° siècle.

 

Vue aérienne avant 1970.

Autrefois, la ville était entourée par des fossés. L’enceinte était percée de quatre portes

et garnie de tours rondes espacées environ de 50 m. Ces fortifications datant des XII° et XIII° siècles,

furent détruites au cours du XVIII° siècle et les fossés en partie comblés.

Il subsiste cependant sur le boulevard de la République trois tours et des pans du mur.

 

Au Moyen Age, la terre d’Aubigny était la propriété des moines du chapitre de Tours. Rencontrant de sérieuses difficultés face aux seigneurs féodaux des environs, ils demandèrent l’aide des rois capétiens, Louis VII puis Philippe Auguste qui annexa la ville en 1189 au domaine royal. On lui doit d’avoir «organisé la cité» groupée autour de l’Eglise dédiée à Saint Martin, de l’avoir entourée de remparts dont 2 tours sont encore visibles, et de l’avoir dotée d’une administration qui va perdurer jusqu’à la Révolution.

 

L'épée plantée dans un socle de roches de France et d'Ecosse est un hommage aux milliers d'hommes

d'armes écossais qui perdirent la vie au service du royaume de France.

Ici vit pour toujours l'Auld Alliance. (Erigé en 1995 pour le 700° anniversaire de l'Auld Alliance).

 

La Guerre de Cent Ans éclate et le futur roi de France, Charles VII, réfugié à Bourges fait appel à l’Ecosse pour «bouter l’Anglais hors de France» en vertu de l’Auld Alliance : traité signé entre les deux royaumes en 1295. Il reçoit l’aide du Connétable d’Ecosse, Jean Stuart de Darnley, qui débarque à La Rochelle avec un premier Corps Expéditionnaire en 1419. En récompense de ses bons et brillants services, Charles VII lui donne ses terres et la ville d’Aubigny en 1423. C’est à partir de cette date qu’Aubigny deviendra la cité des Stuarts lui donnant ses armoiries «trois fermaillets d’or sur fond de gueule».

 

Entrée du château des Stuarts.

Ce château a été construit pour Robert Stuart après l'incendie de 1512. Le corps de passage et l'aile nord

sont de la première moitié du XVI° siècle. Des transformations ont eu lieu au XVII° siècle

pour Louise de Keroualle, duchesse de Portsmouth. L'aile sud a été refaite à la fin du XIX° siècle.

 

Sous la révolution, Aubigny avait été promu chef-lieu de district. Par ailleurs, son territoire fut divisé en deux communes : Aubigny-Ville, le bourg proprement dit et Aubigny-Villages, les faubourgs. C’est au commencement du XX° siècle que les deux communes fusionnèrent à nouveau pour retrouver leur forme d’antan.

 

C’est encore aux Stuarts d’Aubigny que l’on doit l’architecture à colombages des superbes maisons du centre ville,

édifiées après l’incendie qui détruisit le bourg en 1512.

 

La maison d'Henri Bourdoiseau.

 

La tradition d'ateliers locaux de charpenterie se perpétue jusqu'au XIX° siècle. En 1881, après avoir achevé son Tour de France, Henri Bourdoiseau, Compagnon charpentier alors âgé de 22 ans, construit sa propre maison en faux pans de bois et lucarnes en guirlande, chef d'oeuvre de charpenterie soutenant aussi les belvédères surmontés de statues ailées. L'entrée de l'atelier du charpentier se fait par la rue des Dames, était aussi surmontée de statues et de reproductions de médailles gagnées dans les concours.

 

Après le terrible incendie de 1512 qui ravagea Aubigny, Robert Stuart, Seigneur d’Aubigny et Maréchal de France,

autorisa les habitants à prendre le bois dans ses nombreuses forêts pour reconstruire la ville.

 

Ce sont toutes ces magnifiques maisons à colombages que l'on peut encore admirer de nos jours. Cet incendie a été le point de départ d’une ère prospère et Aubigny devint même Manufacture Royale sous Colbert au XVII° siècle : industries de la laine, tanneries, carderies, art de la verrerie. Mais la faillite du banquier Law va entraîner la ruine de ces industries et Aubigny ne gardera que le nom « d’Aubigny les Cardeux ».

 

 

 

L’une des plus anciennes maisons du Centre Ville historique, construite peu après le terrible incendie de 1512,

la Galerie François 1er : une maison à colombage de 1519, utilisée pour des expositions artistiques.

 

Lorsque le dernier Stuart d’Aubigny disparaît en 1672, la ville et la terre d’Aubigny reviennent à la couronne de France. Louis XIV va l’offrir à Louise de Keroualle, duchesse de Portsmouth et favorite du roi d’Angleterre Charles II Stuart dont elle avait eu un fils titré «duc de Richmond». Par ce geste, le roi de France la remerciait d’avoir toujours su défendre les intérêts français à la cour du roi d’Angleterre. A la mort de Charles II Stuart en 1685, la duchesse se doit de quitter l’Angleterre et vient s’installer à Aubigny. Elle se consacre alors à sa ville : embellissement du château, création des Grands Jardins par un disciple de le Nôtre, ainsi que la construction d’une orangerie.

 

La maison occupée par l'Office de Tourisme.

 

Louise de Keroualle supprime les impôts, obtient la création d’un grenier à sel et favorise l’installation dans la rue des Dames de religieuses attachées au service des malades de l’Hôtel-Dieu, devenant ainsi «la Bonne Dame d’Aubigny». Mais l’argent se faisant rare, elle se retire à Paris où elle meurt en 1734, léguant tous ses biens à son petit-fils, le deuxième duc de Richmond. Ce dernier s’empresse d’emporter dans son domaine de «Goodwood» au sud de Londres, tout ce que contenaient ses châteaux et ses maisons : tapisseries, tableaux, meubles, porcelaines …. et ne revient à Aubigny que pour chasser dans ses forêts. Lorsque la Révolution éclate, le duc de Richmond est porté sur la liste des émigrés entraînant la mise sous séquestre de tous ses biens. Petit à petit tout est vendu et la ville acquiert le château et les Grands Jardins en 1812. Ainsi se termine quatre siècles de présence écossaise et anglaise dont Aubigny garde toujours une empreinte profonde.

 

L'église gothique Saint Martin.

 

L’église Saint Martin est une pièce maîtresse de l’architecture d’Aubigny. Ses parties les plus anciennes

remontent au début du XII° siècle. Ravagée par l’incendie en 1512, et restaurée sous Robert Stuart,

elle est d’un type, rare en Berry, gothique de transition.

 

L'abside polygonale à cinq pans.

Un vitrail du XVI° siècle inséré dans la fenêtre axiale du chevet est consacré à Saint Martin.

Il est aux armes des Stuarts.

 

 

 Le clocher particulièrement imposant de l'église date du XVII° siècle,

et sa particularité est qu'il est construit au-dessus d'une voie de circulation.

 

L'église est précédée, à son extrémité occidentale, d'un clocher-porche de style flamboyant.

 

La partie intérieur du porche est dotée d'une voûte à liernes et tiercerons.

Aux consoles porteuses des éléments de la voûte, sont figurés les symboles des Evangélistes.

Un portail de même style, abrité par ce porche, donne accès à l'église.

 

Au-dessus des collatéraux, de fausses tribunes sont aérées par des baies à colonnettes

à raison de deux par travée sexpartite.

L'emploi d'arcs-boutants permet l'éclairage direct de la nef par-dessus les toitures des collatéraux.

 

Dépendant de la puissante collégiale de Tours, l'église traduit, sa relative unité gothique, la force de pénétration des influences artistiques venues de l'Ile-de-France à la suite du rattachement précoce de la vicomté de Bourges au domaine royal et de la substitution de l'autorité capétienne à celle des chanoines tourangeaux à Aubigny même. (Après la cathédrale Saint Etienne de Bourges, l'église d'Aubigny est le plus important édifice gothique du Haut-Berry).

 

Ancien prieuré de la Sainte Trinité,

des chanoines réguliers de Saint Augustin (1419-1791).

 

 

Ce monastère fut fondé au XVI° siècle par les ermites réguliers de Saint Augustin

qui l’occupèrent jusqu’à la révolution. La construction fut achevée au XVII°.

 Vendu en 1792, il passe entre plusieurs mains jusqu’à celle de Claude Cloué, aubergiste à Bourges.

Ce dernier le cède à la ville d’Aubigny en 1818. Cet ensemble de bâtiments,

qui abrita pendant de longues années l’hospice, accueille désormais des associations.

 

Fondé en 1616, le couvent des Augustins a conservé son cloître en pierre et brique,

ainsi que la tourelle d'escalier. La chapelle a été démolie.

 

Grâce aux seigneurs écossais, l’industrie et le commerce du drap sont très florissants aux XVI° et XVII° siècles. Les maisons des ouvriers employés à la manufacture sont regroupées dans les faubourgs d’Argent, d’Oizon et de Sainte-Anne. Les moulins de Prés, de Gêts et de Chaumont foulent les draps. Le désastre du système de Law provoqua malheureusement la chute de la fabrication et de la commercialisation du drap. Au XIX° siècle, ce savoir-faire s’est en partie perpétué notamment dans la célèbre chemiserie dont les locaux sont occupés aujourd’hui par la maison des associations.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.aubigny.net/
http://www2.culture.gouv.fr/

Dictionnaire des églises de France, "Val-de-Loire, Berry"

Volume IIID, Editions Robert Laffont, 1967

Dépliant plan de la ville, Office de Tourisme d'Aubigny-sur-Nère

Panneaux explicatifs présentés à travers la ville

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 23 mai 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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