AUBIGNY-SUR-NÈRE  (Cher)
Arrondissement de Vierzon - Canton d'Aubigny-sur-Nère.
Région Centre Val de Loire
 Population : 5.539 Albigniens en 2015.

 

D'une superficie de 615 hectares, et d'une altitude de 161 à 233 mètres,

la ville est arrosée par les rivières La Nère, et l'oisenotte.

 

Etymologie : comme tous les toponymes Aubigny, ou Aubigné,

celui-ci dérive du gentilice romain Albinius; sans doute propriétaire de terres en ce lieu.

 

 

Le château des Stuarts
 

 

Vues aériennes avant 1970.

Au cœur du passé historique de la cité,

l’ancienne demeure ducale des Stuarts se pose comme un trésor d’architecture Renaissance.

 

Le premier château établi sur la motte de la conciergerie de la place Adrien Arnoux remonte au moins au XIII° siècle. La conciergerie, est la demeure du concierge royal, chef de la petite garnison. La domus, réparée par Philippe Auguste (Il donna à l'abbesse et au couvent de sainte Hippolyte de Bourges une charretée de bois mort à prendre tous les jours dans sa forêt d'Aubigny du 1° novembre 1189 au 24 mars 1190) au début du XIII° siècle, a vraisemblablement été démolie par les Anglais durant la guerre de Cent Ans.

 

L'actuelle mairie occupe le corps de logis du château, qui a été très remanié.

 

Au milieu du XV° siècle, ce premier château est abandonné. Le seigneur d'Aubigny, Jean II Stuart loge en l'ostel du prieur lorsqu'il séjourne dans la ville ; Béraud et Robert Stuart préfèrent construire un château en dehors de la ville, La Verrerie (Oizon). La construction d'un second château en ville coïncide avec le mouvement général de reconstruction amorcé sous Robert Stuart, après le grand incendie de 1512. Certaines armoiries permettent de dater la construction du château des années 1517-1543.

 

Commencé par Robert Stuart au XVI° siècle, remanié et embelli par Louise de Keroualle, duchesse d’Aubigny

et de Porsmouth, le château se composait autrefois de deux ailes reliées entre elles par un pavillon d’entrée.

 

Au cours du XIX° siècle, l’ensemble a subi de nombreuses modifications.

De l’édifice primitif, il ne reste plus guère que la façade et les bâtiments de l’aile gauche.

 

Dans les années 1950, un bâtiment en béton à usage scolaire et services municipaux était accolé à l’aile droite. En avril 2010, cet édifice qui défigurait le château d’Aubigny a été rasé, libérant ce beau monument de l’étreinte de béton et permettant au château de retrouver son lustre d’antan.

 

Les chevaliers de l'Auld Alliance.

 

"La plus vieille alliance du monde", c’est ainsi que le général de Gaulle,

durant la Seconde Guerre mondiale, qualifiait l’amitié́ franco-écossaise.

 

La Vieille Alliance, souvent désignée en français comme en anglais par son nom en scots, Auld Allianc,

est une alliance nouée entre les royaumes de France et d’Écosse contre l’Angleterre.

Bien que le traité d'Édimbourg de 1560 ait mis fin de fait à la plupart de ses dispositions,

l'alliance et ses prolongements ont marqué les relations franco-écossaises

de 1295 jusqu'à l'époque contemporaine.

 

Au cours de la guerre de Cent Ans qui opposa les royaumes de France et d’Angleterre, la ville fut donnée par le Roi Charles VII à Jean Stuart de Darnley, cousin du roi d’Ecosse. Ce grand seigneur commandait l’armée écossaise venue secourir le malheureux Charles VII en fort mauvaise posture face aux anglais après la défaite d’Azincourt. Les descendants de Jean Stuart de Darnley et d’Aubigny conservèrent leur fief d’Aubigny jusqu’en 1672, année où leur lignée s’éteignit.

La dynastie des Stuarts d’Aubigny connut sa plus grande gloire lors des guerres d’Italie. les rois Charles VII, puis Louis XI, confièrent le commandement de leurs armées à Béraud et Robert Stuart, 4° et 5° seigneurs d’Aubigny, qui se lancèrent à la conquête de la péninsule.

 

Ü Buste de John Stuart à la galerie des batailles du château de Versailles.

 

Le pavillon d’entrée, avec ses tourelles en encorbellement et son porche

 

La porte d’entrée de l’escalier est un chef d’œuvre de menuiserie de la Renaissance.

 

 

A la fin du XVII° siècle, la duchesse de Portsmouth agrandit le logis jusqu'à la chapelle,

aménage la tour de l'aile Ouest et crée les grands jardins.

 

Vers 1810, le château est encore composé d'une avant-cour, d'un grand pavillon d'entrée à deux étages, et d'une cour d'honneur bordées de bâtiments. L'aile orientale abrite l'ancien logis et la chapelle; l'aile opposée sert de dépendance et de communs qui se prolongent en fond de cour par un petit pavillon couvert d'un dôme qui abrite une horloge. A l'extérieur la basse-cour abrite les logements du gardien et des gardes, les écuries et les remises. L'orangerie et les serres donnent dans une autre cour, suivie d'un enclos appelé les Grands Jardins.

 

 

L'Entrée de Charles VIII à Naples, 12 mai 1495 est un tableau de Éloi Firmin Féron, peint en 1837.

(Galerie des batailles, au château de Versailles).

 

 

 

En visitant le château (fermé lors de mon passage), on peut admirer les tapisseries d’Aubusson offertes par Louis XIV à Louise de Keroualle. Dans les salles, on y découvre de monumentales cheminées, dont les plaques sont aux armes de la duchesse de Porsmouth. A l’étage, la grande salle possède une curiosité architecturale : un plafond de bois, en carène de bateau renversé.  Dans une des pièces du château, la chambre de Louise de Keroualle a été reconstituée il y a quelques années à l’initiative du centre de Recherche de la Vieille Alliance.

 

Le châtelet, côté sud.

 

 

Chapiteaux et clef de voûte aux armoiries de Robert Stuart et Jacqueline Queille, son  épouse.

 

L'épée plantée dans un socle de roches de France et d'Ecosse est un hommage aux milliers d'hommes

d'armes écossais qui perdirent la vie au service du royaume de France.

Ici vit pour toujours l'Auld Alliance. (Erigé en 1995 pour le 700° anniversaire de l'Auld Alliance).

 

Ce monument porte le témoignage des liens privilégiés qui réunirent au fil des siècles les royaumes de France et d'Ecosse et marquèrent profondément leurs destins. L'acte fondateur de cette alliance remonte à 1295. Ce traité fut renouvelé à plusieurs reprises jusqu'en 1560, époque à laquelle l'Ecosse et l'Angleterre furent réunies sous une même couronne.

 

Le style Renaissance du château d’Aubigny

témoigne de l’empreinte laissée par l’aventure italienne sur leurs bâtisseurs.

 

La lignée des Stuarts d’Aubigny s’éteignit en 1672 et le roi Louis XIV pût alors disposer de la ville, revenue dans le giron royal. Pour être agréable au roi d’Angleterre, Charles II Stuart, le Roi Soleil fit don de la seigneurie d’Aubigny en 1673 à Louise Renée de Penancoët de Keroualle. Cette jeune femme d’origine bretonne, devenue duchesse de Portsmouth après avoir donné un enfant au roi Charles II, était l’agent d’influence de Louis XIV auprès de la cour d’Angleterre. Ses descendants, les ducs d’Aubigny conservèrent la cité jusqu’à la Révolution Française. Le Château fut ensuite acquis par la municipalité.

 

Le parc, situé au cœur de la ville, était autrefois le jardin du château. Embelli et agrandi par Louise de Keroualle,

il fut dessiné par un disciple de Le Nôtre. Du jardin français, il reste les superbes charmilles.

Le jardin anglais occupe le centre de la promenade avec ses pelouses, ses multiples variétés d’arbres...

et son groupe de marbre « le passé et l’avenir ».

 

Les dépendances.

 

Le château avant 1915.

 

Au XIX° siècle, la mairie, l'école, la gendarmerie, le tribunal et la prison s'installent dans le château.

L'aile sud et la tour de l'horloge sont démolis au début du XX° siècle. L'ensemble fait l'objet

d'importantes restaurations effectuées par l'architecte Paul Guérin, entre 1920 et 1925.

 

Aujourd'hui, le château des Stuarts est un des lieux les plus évocateurs des liens noués entre Aubigny et l'Ecosse.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.aubigny.net/
Read more http://www.laculturegenerale.com/
Dépliant plan de la ville, Office de Tourisme d'Aubigny-sur-Nère

Panneaux explicatifs présentés à travers la ville

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 23 mai 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville