BLANCAFORT  (Cher)
Arrondissement de Vierzon - Canton d'Aubigny-sur-Nère.
Région Centre Val de Loire.
 Population : 1.064 Blancafortais en 2015.

 

D'une superficie de 6.435 hectares, et d'une altitude de 162 à 261 mètres,

la ville est traversée par le canal de la Sauldre,

et située entre Pays-Fort, Sancerrois et Sologne, au Nord du département du Cher.

 

Le village et l'église Saint Etienne et Saint André du XV° siècle, avant 1970.

La commune dépendait jadis de l'abbaye de Saint-Satur et de celle de La Charité.

Une commanderie du Fresne, de l'ordre du Temple, y existait au XII° siècle.

 

 

La maison forte de Blancafort, du XV° siècle
 

 

Château de briques roses, fait de losanges, entouré de Jardins à la française et d’un parc de 20 hectares,

il domine le Canal de la Sauldre.

 

Vues aériennes avant 1970. Le château est entouré de douves sèches.

Un précédent château devait se trouver plus au sud de l'actuel, près de la Sauldre.

Des traces d'anciennes tranchées sont encore visibles aujourd'hui.

Ce précédent château était très certainement entouré de douves pleines en eaux.

 

Façade ouest du château, en brique apparente.

Elle est cantonnée au sud d'une tour d'angle et au nord d'un imposant donjon quadrangulaire.

 

La première mention d'un seigneur de Blancafort date de 1064, et elle mentionne un certain Garnier.

Par son mariage avec Jean de Boucard au XV° siècle, l'une des descendantes des Garnier, Agnès,

porte la terre de Blancafort à la famille de Boucard qui en restera propriétaire jusqu'au début du XVII° siècle.

 

Le jardin à la française.

 

Les derniers descendants de la famille de Boucard qui ont été propriétaires du château

sont Hélie et Aimable de Sainte-Feyre. Ce dernier, ruiné et endetté se voit saisir son château.

 

En 1619, par une adjudication royale, le château passe aux mains de Claude de Faucon, maître d'hôtel de la reine Marie de Médicis, trésorier de Moulins. (Claude de Faucon est issu d'une famille florentine venue s'installer en France à la suite du roi Charles VIII, lorsque ce dernier revient en France après sa conquête de Naples).

 

 

Dès la prise de possession de sa seigneurie,

Claude de Faucon lance de grands travaux afin de moderniser le château, en faisant modifier l'accès.

On ne passe plus par le village pour accéder au château, mais par la cour d'honneur nouvellement créée.

 

De 1781 à 1919 le château appartient à la famille de Duranti. Certains membres de cette famille ont d'ailleurs été maires du village. Le comte de Duranti est membre de l'administration financière à Versailles. De 1919 à 1963, le château a connu plusieurs propriétaires successifs. Pendant la seconde Guerre le monument a été occupé par les Allemands qui ont presque entièrement détruit le chartrier du château.

 

Le parc à l'anglaise, de 20 hectares.

 

Façade sud du château.

Claude de Faucon y fait percer des baies disposées de manière symétrique.

 

Cette façade qui constitue aujourd'hui l'arrière du château

prend la forme d'un logis rectangulaire flanqué d'une tour d'angle de chaque côté.

 

La maison des jardiniers, située à proximité de la Sauldre.

 

Bords de la Sauldre.

 

 

 

 

La façade Est.

 

 

La nouvelle entrée du château, créée par Claude de Faucon.

 

La cour intérieure, située au nord, a été modifiée par Claude de Faucon,

qui a ajouté de chaque côté, les deux pavillons.

 

L'entrée principale s'ouvre sur la cour d'honneur après le franchissement d'un pont dormant.

 

La façade Est percée d'une galerie ouverte au rez-de-chaussée, est surmontée d'une galerie fermée.

 

L'imposant donjon quadrangulaire toujours en élévation, entièrement en brique, était à l'origine

orné de briques noires formant des formes losangées. Ce type d'ornementation est très répandu en Sologne

et dans le Berry autour des années 1500. Des douves sèches entouraient le monument

et on y accédait par l'intermédiaire d'un pont-levis aujourd'hui disparu.

 

Blason sculpté au-dessus de la porte permettant l'accès au donjon, de la cour d'honneur.

 

L'entrée - La salle des gardes, et la salle à manger, recouverte de cuir des Flandres..

 

Le grand salon - La bibliothèque et la chambre bleue.

Le riche mobilier et les tapisseries datent des XVII° et XVIII° siècles.

 

 

La maison du gardien.

 

La Ferme et ses dépendances.

 

Dans les anciennes écuries du château, situées à l'entrée de la propriété, sont installés

un salon de thé, et deux très belles salles réservées pour les mariages, ou autres manifestations.

 

Mise à jour d'une superbe charpente monumentale, en carène de bateau renversée.

Réouverture des grandes baies existantes, murées au XVII° siècle.

 

En 1963, le château est acheté par la baronne de Cramer. Elle entreprend une importante restauration et lance également la création d'un jardin à la française en avant de la façade ouest du château.

La Baronne de Cramer léguera le château de Blancafort 20 ans plus tard à son petit-fils le comte Alban de Montjou, décorateur à Paris, pour ses 18 ans. Ce dernier s'emploiera à continuer de faire vivre le château en l'ouvrant à la visite, en créant des salles de réceptions et en proposant le château comme lieu de tournage de films.

 

La rivière sauldre et son canal.

 

Blancafort est traversé par la Sauldre et le canal de 47 km qui comporte 22 écluses. Il avait pour fonction :

le drainage, l’irrigation, et surtout le transport de marne, 30 000 m3 en 1885, jusqu’à Lamotte-Beuvron.
Le marnage permettait l’enrichissement des sols pauvres en calcaire de la Sologne.

 

L'idée de construire un canal a été évoquée dès le début du VI° siècle par Léonard de Vinci. Alors qu'il résidait à Amboise, il avait imaginé un canal à travers la Sologne, et jeté sur le papier quelques esquisses à ce sujet. Mais cette réalisation dépassait les possibilités techniques de l'époque.

 

En 1786, Autroche proposa lui aussi la construction d'un canal pour vivifier la Sologne centrale tout comme Lavoisier qui en 1787 émit cette idée : « L'insalubrité de la Sologne tient à l'imperméabilité de son sol. Pour résoudre ce problème, il faut construire un canal qui traverserait cette région, et ainsi, permettre un écoulement de l'eau ».

Avant 1970, la Sauldre et le canal.

 

Mais, le vrai père du canal de la Sauldre est l'ingénieur et mathématicien Adhémar Barré de Saint-Venant. Lors d'un voyage d'étude en Sologne (1826), il fit une découverte : le marnage. Celui-ci permettra l'enrichissement des sols en calcaires puisque la Sologne en est dépourvue.

Le canal de la Sauldre pourra avoir les fonctions suivantes : drainage, irrigation, marnage, transport. Entre juillet 1848 et avril 1849, les crédits alloués permettent de creuser 13 km. Ceux-ci seront malheureusement abandonnés.

Deux mois après la visite du prince-président Louis Napoléon Bonaparte, le 22 avril 1852, les travaux reprennent, avec pour seul but le transport de la marne de Blancafort à Lamotte-Beuvron. Au total, il mesure 46,810 mètres de longueur ; sa largeur est de 9,50 m et sa profondeur moyenne de 1,30 m. Il comporte 22 écluses, permettant ainsi de rattraper un dénivelé de 54 mètres.

En décembre 1926, le canal est désaffecté. Par un décret-loi du 1er mai 1927, il est décidé de supprimer tout crédit d'entretien. Cependant, jusqu'en 1941, un petit trafic persista (bois, cailloux, marne…).

Dès sa naissance, le canal de la Sauldre semblait condamné, concurrencé tout de suite par la voie ferrée Orléans-Bourges, inaugurée en 1847, puis par les routes agricoles établies sous le Second Empire. Le chaulage et l'emploi des engrais chimiques, plus avantageux et moins coûteux, donnèrent sans doute le coup de grâce.

 

Le canal de la Sauldre, construit sous Napoléon III,

pour transporter la marne de Blancafort en Sologne afin d’y amender des terres incultes.

 

Baptisé en son temps "le Sauveur de la Sologne", ce canal sera mis en service en 1869 et rayé des voies navigables en 1926 parce qu’il subit la concurrence du chemin de fer et des engrais. Aujourd’hui, ce canal est un atout touristique important, voie d’eau de 47 km de Blancafort à Lamotte-Beuvron (41).

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://blancafort.fr/

Photos intérieures du château réalisées à partir de C.P.A.

(Photos interdites lors de la visite intérieure)

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 23 mai 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville