SAINT AMANT-DE-BOIXE  (Charente)
Arrondissement d'Angoulême - Canton de Saint Amant-de-Boixe.
Région : Nouvelle Aquitaine.
 Population : 1.393 Saint Amantais en 2016.

 

D'une superficie de 2.239 hectares, et d'une altitude de 42 à 139 mètres,

le village est traversé de petits ruisseaux affluents de la Charente, prenant naissance dans la commune.

Le Javart qui passe au pied du bourg, les Sept Fonts à l'Ouest, et au Sud le Nitrat.

 

Vue aérienne avant 1970 - L'hôtel de ville.

 

 

Abbaye bénédictine romane Saint Amant-de-Boixe,

des XII° et XV° siècles.
 

 

Blottie entre le fleuve Charente et la forêt de la Boixe,

l'abbaye veille depuis plus de mille ans sur cette région de l'Angoumois.

 

L'abbaye possédait de nombreuses dépendances lui apportant des sources de revenus,

comme moulins et fours banaux, granges, etc... ainsi que des églises et prieurés qui en dépendaient.

 

L'église abbatiale.

 

La façade Ouest, aux deux étages divisés verticalement en trois parties, est d'une ample et sobre majesté.

 

L'histoire de l'abbaye de Saint-Amant-de-Boixe commence avec l'ermite Amant, qui aurait vécu au VI° siècle dans la forêt de la Boixe. Un monastère est attesté à proximité de l'ancien ermitage à la fin du IX° siècle. Il est transféré à son emplacement actuel vers 1030, par la volonté des comtes d'Angoulême. Presque cent ans plus tard, au début du XII° siècle, la construction d'une nouvelle église est entreprise.

 

A l'étage supérieur, deux grandes arcades encadrent la fenêtre axiale,

elle-même flanquée de deux petites arcatures.

 

L'église est endommagée au XIII° siècle par un incendie. Un chœur à chevet plat est reconstruit au XIV° siècle. Fortement désaxé par rapport à la nef, il conserve, au nord, les deux chapelles romanes ; au sud, une nouvelle chapelle (aujourd'hui disparue) est édifiée sur une crypte qui est ornée de peintures murales, partiellement conservées. À la même époque sont restaurés le cloître et les bâtiments conventuels, établis au sud de l'église dès l'époque romane.

 

Le portail, avec des vantaux datant du XVI° siècle, dont les cinq voussures sont ornées

de dessins géométriques différents, est encadré de deux arcs d'ouverture inégale.

 

Au XVII° siècle, après les guerres de Religion, l'église est en partie ruinée et les voûtes du transept sont effondrées ; au XVIII° siècle, le bras sud du transept est écourté. À la Révolution, l'abbaye est fermée et l'église devient paroissiale. Celle-ci est restaurée à la fin du XIX° siècle. Les travaux concernent notamment les voûtes et le bras sud du transept, qui sont reconstruits. À la fin du XX° siècle, une importante campagne de travaux est menée sur les bâtiments monastiques subsistants : l'aile sud, qui abrite le réfectoire roman, les vestiges du cloître et le bâtiment occidental.

 

Vues aériennes avant 1970.

L'architecture du chevet gothique du XIV° siècle est puissante, soutenue par des contreforts massifs,

nécessaires du fait de la forte déclivité du terrain.

 

Depuis le jardin du cloître, vue sur la tour clocher fortifiée après la guerre de Cent Ans.

 

Aux XV°-XVI° siècles, l'abbaye est fortifiée : une bretèche est édifié au-dessus d'un accès permettant d'entrer dans les cloîtres. Sur la tourelle d'accès au clocher, seul vestige des fortifications de l'église, on trouve des traces d'impacts d'armes à feu lors des assauts pendant les troubles (gabelle et/ou guerres de Religion).

 

L'escalier de 13 marches comprenant toute la longueur de la première travée centrale de la nef

permet d'accéder au vaisseau de l'église établi en contrebas, l'édifice étant construit à flanc de coteau.

A cette première travée s'en ajoutent quatre autres, dont la dernière est plus allongée.

 

 

Tableau représentant Saint Amant, réalisée par François Nicollet, au début du XIX° siècle.

La voûte de la nef, légèrement brisée, se trouve contrebutée par les bas-côtés

dont les berceaux atteignent sensiblement la même hauteur.

 

Les piliers sont cantonnés de colonnes, les unes reçoivent les doubleaux renforçant les voûtes de la nef

et du collatéral, les autres servent d'appui aux grandes arcades doublées par un rouleau.

 

Comme bon nombre d'édifices, l'église abbatiale était ornée de peintures murales.

Le plus bel exemple est celui qui orne, depuis la fin du XIII° siècle, la chapelle basse, dédiée à Saint Amant.

Même altérées et même si une partie a été déposée dans le bras sud du transept, dans les années 1959-1960,

elles constituent un ensemble de première importance pour la région.

 

 

Dans l'église est présenté le cycle de l'enfance du Christ : il est constitué (de gauche à droite)

de l'Annonciation, la Visitation, la Nativité, l'Annonce au berger, et la Présentation du Christ au Temple.

 

Dans la crypte, (située sous l'actuelle sacristie) subsistent encore un agneau pascal soutenu par deux anges, un Christ en majesté (ayant un autel pour trône) encadré du tétramorphe (symbole des quatre évangélistes), un évêque bénissant, une Vierge à l'enfant, la Cène, et divers autres personnages, difficilement interprétables.

 

Le projet initial prévoyait que les collatéraux seraient voûtés d'arêtes.

Mais au cours du chantier, le parti pris architectural a changé, et le voûtement aussi :

le collatéral sera finalement voûté en plein cintre, comme le vaisseau central de la nef.

 

 

La croisée du transept est surmontée d'une coupole sur pendentifs.

Des ogives gothiques ont été rajoutées au XVI° siècle.

Les arcades romanes du tambour étaient à l'origine des baies éclairant cette partie de l'édifice.

 

La porterie.

 

L'ancien porche d'entrée, jouxtant la porterie, s'est effondré dans les années 1950.

La porterie était le sas entre le monde laïc séculier et le monde clérical régulier.

Accolé au bâtiment actuel subsistant, il y avait l'ancien porche d'entrée du monastère

(dont il ne subsiste que l'arc). C'est aujourd'hui une halte jacquaire.

 

L'ancien chai de l'abbaye a été réaménagé en 1738.

En partie basse, il y avait les gueulards où la population versait les vendanges issues de la dîme

tandis qu'à l'étage, on y stockait les fourrages.

 

Les bâtiments conventuels.

 

Le complexe monastique, inclus dans un mur d'enceinte, se composait d'un grand nombre de bâtiments :

église, infirmerie, treuil ou chai, porterie, salle commune des moines, réfectoire, chapitre et dortoir,

latrines, cimetière, four banal, aumônerie.

 

 

Les anciens : réfectoire, cellier, salle commune.

Sous l'ancien logis abbatial, le cellier des moines a été remis en état.

 

Le vaste cellier roman de l'abbaye a une superficie d'environ 300 m². L'accès pour les religieux se faisait par une petite porte latérale qui communiquait directement dans le cloître. Un accès plus important au fond permettait d'y apporter les denrées et autres biens de l'abbaye. Cette salle datant du XI° siècle, est couverte d’une voûte en berceau soutenue par des arcs doubleaux. Aujourd'hui, cet espace est approprié à différents types de manifestations, cérémonies, vin d’honneur, conférences, séminaires, colloques, spectacles, et expositions.

 

Les restes du  cloître, des XII° et XV° siècles.

 

 

Le cloître, bien qu'ayant perdu trois de ses galeries, offre un cadre agréable et reposant.

 

Le cloître voisine avec l'ancien logis abbatial des bénédictins, en belle pierre calcaire.

 

 

La galerie occidentale du cloître conserve trois styles architecturaux, témoins de son évolution

et des reprises au cours des siècles : au fond, époque romane, au centre, époque gothique et époque moderne.

Cette galerie aboutit à la porte d'entrée du réfectoire.

 

La particularité du cloître roman réside dans l'utilisation systématique de six colonnes monolithes

tournées pour soutenir la retombée des arcs en plein cintre (dernier tiers du XII° siècle).

 

Au XVIII° siècle, cette salle transformée aujourd'hui en auditorium abritait les cuisines privées de l'abbé.

 

L'espace d'architecture romane.

 

A travers un parcours ludique et interactif, maquettes, projections, bornes, illustrations,

objets archéologiques et autres activités,

cet espace nous fait découvrir, la vie des moines et des bâtisseurs romans.

 

Chapiteau roman du XII° siècle.

 

 

Croix de consécration du XII° siècle.

Croix gravées, sculptées ou peintes sur des colonnes ou pans de murs, au nombre de douze,

sur lesquelles l'évêque applique le saint Chrême et l'huile des catéchumènes, lors de la consécration d'une église.

 

L'ancien salon de réception de l'abbé, aménagé en 1740 par l'abbé André de Saluces,

a été installé dans l'ancien réfectoire des moines : on y distingue encore l'ancienne chaire de lecture.

 

Sculpture représentant une crucifixion probablement détruite lors des guerres de religion (XVI° siècle).

 

Dans la vitrine, présentation de nombreux objets découverts lors des fouilles archéologiques.

 

L'inspection générale des monuments historiques, créée en 1830 et avec pour mission le repérage et la sauvegarde des monuments. Des travaux de restauration sont ainsi engagés à partir de 1851 par Paul Abadie, puis en 1897. Le cloître est divisé en plusieurs propriétaires et est transformé en maisons d´habitations domestiques. Les bâtiments monastiques ne sont, quant à eux, classés qu´en 1935.

 

La commune se porte acquéreur de l'ensemble de l'abbaye à partir de 1973. Depuis 1995, elle a engagé une série de travaux de restauration sur les bâtiments monastiques subsistants (l'aile sud, qui abrite le réfectoire roman, les vestiges du cloître et le bâtiment occidental), accompagnée, depuis 2002, de plusieurs campagnes de fouilles archéologiques dans le cloître. Les bâtiments de l'abbaye Saint-Amant-de-Boixe accueillent, depuis 2008, le Centre d'interprétation de l'architecture romane.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://gertrude-diffusion.poitou-charentes.fr/

https://abbayesaintamantdeboixe.fr/

Dépliant 8 volets Abbaye St Amant, "Espace d'architecture romane"

Brochure "Abbaye St Amant de Boixe", 72 pages

Anaël Vignet, collection Abbatia, 2017

Dictionnaire des églises de France "Poitou, Saintonge, Angoumois"

Volume IIIc, Editions Robert Laffont, 1967

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 5 juillet 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville