PRANZAC  (Charente)
Arrondissement d'Angoulême - Canton du Val de Tardoire
Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 910 Pranzacais en 2015.

 

D'une superficie de 1.506 hectares, et d'une altitude de 80 à 132 mètres,

le village est arrosé par la rivière le Bandiat.

Cette rivière a la particularité de disparaître partiellement en période de hautes eaux

et complètement en basses eaux, dans des cavités du sous-sol karstique.

 

 

La lanterne des morts, de la fin du XII° siècle
 

 

Cette lanterne est le seul souvenir de l'ancien cimetière de Pranzac,

et elle surplombe l'ancien cimetière transformé aujourd'hui en place.

 

La lanterne des morts vers 1908 et en 2018. Elle repose sur un soubassement de gradins.

 

Ce monument de foi servait à affirmer l'immortalité de l'âme, à demander les prières des vivants pour les morts, à honorer les défunts. Elle était comme la permanence des cierges qui brûlent lors des veillées et des cérémonies funèbres.

 

La lanterne des morts est une colonne évidée de 6,50 mètres de hauteur,

sur base à tore épais de 4 m de diamètre surmonté d'un tore mince,

percée en bas d'une ouverture carrée pour accéder au fanal.

Elle est chapeautée d'un clocheton conique surmonté d'une croix.

Une petite corniche, faisant saillie au sommet du fût et ornée d'étoiles sculptées,

sépare la colonne de son faîte percé de quatre petites fenêtres.

Une porte s'ouvre au-dessus de la deuxième assise et donne accès à l'intérieur du fanal.

On monte à l'intérieur par de petites ouvertures carrées pratiquées dans le mur.

 

Le cimetière fut déplacé en 1855. Près de la lanterne des morts, se trouvaient trois vieilles pierres tombales. Ces tombes remontaient à la fin du XIII° siècle ou au commencement du XIV° siècle. Des textes antérieurs au XVII° siècle font mention de la présence d'une chapelle dédiée à Sainte Catherine.

 

 

L'église romane et Renaissance Saint Cybard,

des XII° et XVI° siècles.
 

 

L'église, autrefois collégiale, date de l'époque romane.

Au XVI° siècle, une chapelle de la Renaissance a été construite par une dame des Cars.

 

Vues aériennes du village, avant 1970.

 

Au cours du Moyen Âge, Pranzac se trouvait sur un itinéraire secondaire est-ouest fréquenté par les pèlerins qui allaient au sanctuaire de Saint-Jacques-de-Compostelle et aux reliques de saint Eutrope à Saintes; il reliait le Limousin à Saintes par Montbron et Angoulême. Une autre voie plus au nord passait par La Rochefoucauld.

 

Le clocher barlong est à deux étages et s'élève sur la 1° travée du bas-côté.

L'église est presque accolée aux flancs de l'ancien château

dont l'ensemble de la construction date de la première époque féodale (XIII° siècle).

 

Sur la façade occidentale d'origine, une simple porte surmontée d'une rose,

et quelques sculptures figurant des anges, d'époque romane.

 

L'église est bâtie au sud de l'ancienne enceinte castrale dont elle était peut-être la chapelle,

et a été agrandie au XVI°, puis restaurée aux XIX° et XX° siècles.

 

Saint Cybard.

 

Au XVI° siècle, l'ermite Eparchius ou Cybard vivait reclus sous les murs d'Angoulême dans une grotte dominant la vallée de la Charente. L'abbaye Saint Cybard, fondée par ses disciples à proximité devint l'une des plus puissantes d'Aquitaine au Moyen Age. Le récit des nombreux miracles du saint firent sa renommée dans la région. Une vingtaine d'églises de l'Angoumois lui sont dédiées.

 

Tableau de saint Cybard en habit d'évêque devant la ville d'Angoulême, datant de 1810

 

La nef romane de trois travées.

L'église possède un orgue construit par Bernard Boulay en 2011.
Le buffet est constitué de trois plates faces de tuyaux en étain, et est muni de volets fermant la façade.

 

Les colonnes reposent sur des culots sculptés de têtes humaines.

 

Collatéral unique de trois travées voûté d'ogives simples.

 

Au sud, la chapelle seigneuriale, avec voutes à clés pendantes d'époque Renaissance, construite au XVI° siècle.

Elle est de deux travées couvertes d'ogives à liernes et tiercerons reposant sur culots.

 

C'est par des arceaux reposant sur de gros piliers carrés que l'on arrive à la seconde nef, située au sud, aussi longue, mais moins large que l'autre vaisseau de l'église. Cette chapelle appartient au style ogival de la dernière époque. C'est le XVI° siècle avec toute la grâce de ses ornementations.

 

La voûte est à deux travées et à seize nervures se rejoignant à cinq clefs de voûte.

Deux de ces clefs sont à pendentifs, d'une exécution artistique et d'un fini remarquable.

L'une d'elles porte l'écusson de la fondatrice.

 

Le choeur est de forme carrée.

 

Grand Christ en croix en bois et vitrail non daté ni signé.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dictionnaire des églises de France, "Poitou, Saintonge, Angoumois"

Volume IIIC, Editions Robert Laffont, 1967

Panneaux explicatifs présentés à l'entrée de l'édifice

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 2 juillet 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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