NERSAC  (Charente)
Arrondissement d'Angoulême -  Canton de La Couronne.

Région Nouvelle Aquitaine
 Population : 2.410 Nersacais en 2016.

 

D'une superficie de 924 hectares, et d'une altitude de 21 à 72 mètres,

la ville est bordée sur sa rive gauche par le fleuve la Charente,

et se trouve à la confluence de la rivière la Boëme.

 

Par sa situation géographique, en bordure de la Charente et proche d’Angoulême,

la ville prend toute son ampleur à partir du Moyen Age,

mais ce qui a contribué à son l’essor, c'est le développement de bâtiments industriels le long de la Boëme

qui leur fournissait la source d’énergie dont ils avaient besoin.
 

 

Cete rivière, qui rejoint la Charente non loin du bourg est l’un des plus important du département. Il a assuré, à travers les siècles, la qualité précieuse de la production de l’industrie charentaise des moulins à papier. La fabrication du papier a été la première activité industrielle de la ville et lui a permis de se développer économiquement.

 

 

Le moulin de Fleurac

 

 

La vallée de la Boëme depuis le XVII° siècle a perpétué la tradition de la fabrication du papier.
En 1656, on dénombrait pas moins de 26 moulins à papier le long de la rivière

dont 5 se trouvaient sur la commune de Nersac.

 

Façade Sud du moulin.

Il est construit en belles pierres de taille, avec des baies en plein cintre à l’étage.

 

À l’origine, le moulin de Fleurac, sur la Charente, au pied du château du même nom, est un moulin à blé et à huile du XVI° siècle. Il a été presque entièrement reconstruit à la fin du XIX° siècle, transformé en 1978 en moulin à papier, puis acheté en 1983 par le Conseil Général de la Charente et transformé en musée à papier.

 

La passerelle, le moulin et la Charente.

Le plus fidèle client du Moulin de Fleurac a été la Bibliothèque Nationale

qui utilisait le papier pour restaurer ses livres.

Il n’existe plus que 4 moulins qui produisent le papier de cette façon dont un en Charente.

 

La fabrication du papier s’est maintenue à Nersac au cours des siècles. Le moulin a produit du papier tel qu’il était fabriqué au XVII° siècle : processus de transformation du chiffon (peille), réduit en pâte sous les coups des maillets de la pile hollandaise du XVIII° siècle (bac en bois). Puis une fois la pâte chauffée dans une cuve de façon à la rendre homogène, de la forme rectangulaire plongée dans le bain laiteux émergeait une feuille de papier couchée sur un feutre et ainsi de suite jusqu’à obtention d’une pile de feuilles qui dégorgeait son excédent d’eau sous l’action d’une presse à cabestan manœuvrée à bras d’hommes.

 

Abandonné pendant plusieurs décennies, le moulin a été transformé en moulin à papier en 1978 par M. Lacombe, descendant d’une famille de papetiers depuis quatre générations. Confrontée à des difficultés financières, cette tentative a été relayée par une association « Les amis de la tradition papetière d’Angoumois et des provinces voisines » qui a relancé l’activité de ce moulin, où a été fabriqué du papier à la cuve à partir de lin et de coton selon les techniques du XVIII° siècle.

 

La collectivité a engagé de lourds travaux de réhabilitation et décidé de confier la gestion du domaine à l’association du musée du papier de l’Angoumois. Suite à de nouveaux problèmes financiers l’association a rendu les clefs en 2007. Le Département s’est ainsi retrouvé avec le domaine : 180 m², cinq pièces au rez-de-chaussée, autant à l’étage, un séchoir de 150 m² et une passerelle en bois. Ne sachant pas trop quoi faire de ce lieu, inscrit à l’inventaire des Monuments historiques mais à l’abandon et de plus en plus souvent squatté, la collectivité s’est résolue à le vendre aux enchères en 2016. Aujourd’hui, le Moulin de Fleurac est une propriété privée.

 

Parallèlement à l’industrie papetière, se développe la fabrication des feutres pour papeterie. C’est à partir de la seconde moitié du XIX° siècle qu’apparaissent à Nersac les usines de fabrication de feutre pour la papeterie. Celles-ci vont peu à peu supplanter les moulins à papier et devenir l’activité essentielle de la commune.

 

Les moulins à papier de Charente.

 

L'existence de nombreuses rivières au débit assez régulier, autour d'Angoulême a permis l'aménagement de moulins pour moudre les grains et aussi pour la fabrication du papier à partir du XVI° siècle.

 

Il est assez facile de distinguer près des cours d'eau les anciens moulins à papier. Ces bâtiments présentent de larges ouvertures constituées de panneaux de bois ajourés pour la circulation de l'air. "L'étendoir" est au dernier étage, sous les toits. Au-dessus des ateliers de fabrication servait à faire sécher les feuilles de papier.

 

L'industrialisation de l'activité papetière dès les années 1830.

 

Dans la région, les premières mentions de moulins à papier remontent à 1530. Les implantations se succèdent ensuite assez régulièrement jusqu'à la fin du XVIII° siècle. C'est à partir des années 1830 que s'industrialise la fabrication du papier dans la région, avec l'installation de la première machine à papier en continu dans la papeterie de Veuze à Magnac-sur-Touvre. Vingt-deux usines en sont équipées avant 1850.

Dès les années 1860, pour faire face à la concurrence, les entreprises diversifient leur production et élaborent des papiers de toutes sortes à forte valeur ajoutée : papier pour l'impression, papier d'écriture, papier à cigarettes, papier sulfurisé, papier couché, papier d'emballage, cartons. Dans les années 1870, la Charente est le troisième département producteur de papier.


À partir de 1870, l'essor de la papeterie lié à la croissance de la presse et de la production de livres entraîne une pénurie de chiffons. Des recherches s'orientent alors vers l'utilisation d'autres matières premières, comme la paille de céréales : une usine à papier de paille est ainsi fondée par Chauveau et Pouliot, en 1874, à Confolens . Progressivement, les usines utilisent la pâte de bois importée d'autres régions françaises et/ou d'Europe du Nord. Cependant, quelques papeteries de papier à cigarettes continuent d'utiliser les chiffons.

Les pâtes de bois dites mécaniques sont élaborées uniquement à partir des fibres de bois réduites en poudre mélangées à l'eau, sans adjuvant ; elles sont utilisées pour des gammes de papier de basse qualité (papier journal).

Les pâtes de bois dites chimiques, traitées avec de la soude, produisent le papier « kraft » ; celles traitées avec du bisulfite servent à la fabrication de papiers blancs, destinés en particulier à l'impression. De nos jours, la quasi-totalité des papiers d'emballage est produite avec des pâtes de papiers recyclés.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://mairie-nersac.fr/

http://dossiers.inventaire.poitou-charentes.fr/

Article du 01.08.2018 : http://www.charentelibre.fr/

Visite et photos, Chantal Guyon, le 5 juillet 2018

 

 

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