NANTEUIL-EN-VALLÉE  (Charente)
Arrondissement de Confolens - Canton de la Charente-Nord.
Région : Nouvelle Aquitaine
 Population : 1.346 Nanteuillais en 2016.

 

D'une superficie de 6.885 hectares, et d'une altitude de 82 à 218 mètres,

la ville est traversée par deux affluents de la Charente, la rivière l'Argentor et le ruisseau la Lizonne.

 

 

Abbaye bénédictine Notre-Dame et Saint Benoît de Nanteuil
 

 

Les premières fondations de l'abbaye datent de l'époque Carolingienne.

Les XI° et XII° siècles furent une époque florissante pour cette imposante abbaye bénédictine.

 

La porterie.

 

Ruines de l'ancienne abbatiale du XII° siècle.

 

Mentionné dans les textes dès 858, on parle alors d'un petit monastère dédié à Saint Benoît, situé sur l'Argent et dans le territoire de Brioux. L'établissement est donné par Charles le Chauve à l'église cathédrale Saint André de Bordeaux.

 

L'église possédait un plan en croix latine avec absidioles orientées ouvertes sur les bras du transept

et du choeur avec déambulatoire et chapelles rayonnantes.

 

Un siècle plus tard, c'est le duc d'Aquitaine et son allié le comte d'Angoulême qui décident d'instaurer une vie monastique à Nanteuil, en y établissant 18 moines. Puis en 1046, c'est le seigneur de Ruffec, qui suscite la reconstruction du monastère et notamment l'église abbatiale dédiée à Notre-Dame.

 

Sont visibles aujourd'hui le revers de la façade et le mur gouttereau sud de l'église.

 

Le cloître.

 

Le cloître est figuré par un tracé végétal. De plan carré, symbole du paradis,

il assure une distribution rationnelle de tous les bâtiments de la clôture, en premier lieu l'église abbatiale.

 

Le cloître se développait sur le flanc nord de l'église abbatiale.

Deux beaux éléments sculptés, tympans et chapiteaux, dont certains sont exposés au musée Sainte Croix

de Poitiers, témoignent de la richesse de cette ancienne abbaye à l'époque romane.

 

Les celliers.

 

 

Les celliers présentent des voûtes en plein cintre, des baies étroites avec un appui en gradins.

 

La salle du pressoir.

Le lieu-dit "le Treuil", qui signifie pressoir, tout comme "le bois de l'abbé",

témoignent de l'emprise de l'abbaye dans son environnement.

 

La règle de Saint Benoît préconise le travail. L'abbé gère son domaine comme n'importe quel autre seigneur laïc. La perception des redevances est assurée par les prieurs. L'abbaye possédait au XV° siècle un réseau de 21 prieurés et dépendances qui lui assuraient un approvisionnement régulier, d'où des bâtiments de stockage et d'exploitation.

 

Le logis abbatial.

 

 

Arrière du logis abbatial.

 

Le bâtiment qui subsiste, dénommé "Logis de l'abbé", revenait en équerre en direction des Grands Greniers.

 

Il ne reste plus aujourd'hui qu'un seul corps qui présente sur le linteau d'une fenêtre le blason d'un abbé.

 

Allée reliant le logis de l'abbé, les celliers et le Trésor.

 

Le trésor, situé à l'entrée sud

 

La mention "Trésor" apparait pour la première fois dans une minute notariale du XVII° siècle,

avec la mention de deux armoires contenant les titres de l'abbaye.

 

Le "Trésor" se présente comme un véritable donjon de 10,60 m sur 11,53 m.

 

Ses 4 angles sont positionnés sur les 4 points cardinaux.

Cette tour carrée est ornée sur chaque face de trois hautes arcatures dont les doubles archivoltes

reposent sur des colonnes groupées et appuyées sur des pilastres extrêmement élancés.

 

La chapelle haute.

 

Située au 1° étage et appelée salle "Charlemagne".

Elle est considérée comme la chapelle haute et confirmée par l'existence des 2 lavabos liturgiques.

 

La chapelle basse, semi-enterrée : la salle du Trésor.

 

Le dallage de larges pierres plates est daté du XV° siècle.

 

 

On y trouve un autel et deux sarcophages.

 

Le pilier central est cantonné de la colonne engagée et de chapiteaux à larges feuilles nues.

 

Après la guerre de Cent Ans, la salle basse ayant reçu des ossements exhumés,

cet édifice aurait été désigné sous le nom de "charnier".

 

Les bâtiments conventuels entouraient l'église, ainsi que le cloître qui s'appuyait au mur sud de la nef.

Enfin les communs et servitudes s'étendaient au sud, en dehors de l'enceinte claustrale.
 

L'hôtellerie du XIII° siècle.

 

L'hôtellerie mesure 58 mètres de long.

Au rez-de-chaussée, trois salles en enfilade séparées par des murs de refend.

Au 1er étage, on y retrouve la même disposition.

 

Le Trésor et entrée de l'hôtellerie.

 

 

Utilisée comme billetterie, la salle présente également des objets retrouvés lors de fouilles antérieures.

 

Vasques, masque à  têtes de lion.

 

Exposition présentant l'historique de l'abbaye.

 

 

Cette salle du rez-de-chaussée de 14,50 m sur 9,30 m conserve une cheminée avec ses piédroits d'origine,

la hotte étant une construction moderne. Un potager est placé comme un dispositif de cuisson supplémentaire.

Le bassin d'eau d'environ 8,20 m pour 0,80 est alimenté constamment.

 

Les grands greniers des XVII° et XVIII° siècles.

 

Escalier droit en pierre conduisant au 1er étage.

 

La salle Philippe Le Bel de près de 170 m² : la structure intérieure de l'édifice

est composée de trois espaces séparés par deux murs de refend.

 

Dès son extinction, soit 19 ans avant la Révolution française, le monastère est affermé par l'évêque de Poitiers Beaupoil de Saint Aulaire au seigneur de Ruffec, les Broglie alors possesseur de cette terre depuis 1762. Le service religieux est transféré dans l'église Saint Jean Baptiste du bourg. L'évêque autorise les habitants à prélever sur l'église abbatiale en ruine tous les matériaux nécessaires à la réfection de leur église. Tout le mobilier dont les stalles y sont transférées.

 

La salle Chimère présente une cheminée et des coussièges.

 

A la révolution, le site, divisé en sept lots est vendu comme bien national. Il est transformé en propriété d’agrément. Au XIX° siècle, une importante pisciculture y a été implantée en contrebas de la grotte d’où s’écoule la source de l’abbaye. Puis, une fabrique de ciment, chaux et plâtre a été créée, trouvant sa matière première dans la carrière de la Folatière.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.nanteuil-en-vallee.fr/
Dépliant 12 pages "Notice historique", en vente à l'accueil

Dictionnaire des églises de France "Poitou, Saintonge, Angoumois"

Volume IIIc, Editions Robert Laffont, 1967

Feuillet "Circuit de visite", en prêt et remis à l'accueil

Visite et photos, Chantal Guyon, le 1° juillet 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville