LA ROCHEFOUCAULD  (Charente)
Arrondissement d'Angoulême - Canton du Val de Tardoire.
Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 2.932 Rupificaldiens en 2016.

 

D'une superficie de 721 hectares, et d'une altitude de 75 à 136 mètres,

la ville est située au bord de la rivière Tardoire, sous-affluent de la Charente.

 

Depuis la terrasse du château, vue sur la rivière la Tardoire et le vieux pont du XVII° siècle,

en dos d'âne, avec des demi-lunes se faisant vis-à-vis

pour que les piétons puissent se ranger au passage des chariots.

 
 

Le château
 

 

L'histoire du château est indissociable de celle de la famille La Rochefoucauld-Liancourt,

qui en est le propriétaire depuis plus de 1000 ans.

Développé à partir d'une forteresse du XI° siècle, le château est un florilège de sept siècles d'architecture :

cela lui vaut le titre justifié de "perle de l'Angoumois".

 

Vues aériennes avant 1970.

Le château, fondé en 1026 par Foucauld II, a été rebâti du XII° au XVI° siècles

 

Depuis le vieux pont, on découvre un beau panorama sur la Tardoire et le château qui domine la rivière.

 

Inhabité pendant 200 ans (de 1709 à 1909), il a été restauré au début du siècle, mais a été dangereusement menacé par l'instabilité du sous-sol, miné par les eaux de ruissellement : en 1960, la moitié du donjon s'est effondrée. Les principaux corps de logis ont été étayés depuis 1961, et des crédits considérables ont été nécessaires pour les travaux de consolidation.

 

 

L'édifice est cerné de hautes tours rondes.

 

C'est vers 980 que Fucaldus, jeune frère du vicomte de Limoges, construisit un camp fortifié sur la roche surplombant la rivière. Il appellera ce camp Fucaldus in rupe (La Roche à Foucauld). Au début du XI° siècle, son fils fit construite le donjon carré.

 

Porte d'entrée du château et les dépendances, côté extérieur.

 

 

L'entrée et les dépendances, côté 1° cour intérieure.

 

Aile Sud Renaissance, entre le châtelet et la tour des Archives.

Presque au centre, la haute tour carrée dans laquelle se trouve l'escalier hélicoïdal.

 

A l'origine le château-fort était un quadrilatère avec des tours à poivrières à chaque angle et au centre un donjon carré. Les tours d'angles sont cylindriques, comme les deux tours jumelles de l'entrée et ont toutes été reprises aux XIII° et XIV° siècles.

 

L'entrée, couverte en pan coupé à l'angle sud-ouest, entre deux tours de la fin du XIII° siècle,

est contiguë à l'important donjon roman rectangulaire, haut de 35 mètres,

couronné au XV° siècle de créneaux et de mâchicoulis.

Les tours les plus anciennes forment le châtelet d'entrée qui défend l'ancien pont-levis du côté du plateau,

les autres du XV° siècle sont couronnées de mâchicoulis et coiffées de combles particulièrement aigus.

 

Les deux façades intérieures, sur la cour, avec un puits ancien, constitue la plus grande originalité de l'édifice et offrent, sur toute leur hauteur, trois étages de galeries à jour à pilastres ioniques. L'étage supérieur compte deux arcades, pour une aux étages inférieurs. Chacune des baies est surmontée d'un petit gâble à coquille et candélabres, dont la suite ininterrompue cache la base du comble.

 

Aile du XVII° siècle, côté cour, et la terrasse.

 

Depuis la terrasse, vues sur les douves sèches et la ville.

 

La cour d'honneur.

 

Les arcades du côté cour.

En 1520, c'est Anne de Polignac, épouse de François II de La Rochefoucauld qui fit construire les galeries

et le grand escalier dans le style de la Renaissance, et dont le dessin est attribué à Léonard de Vinci.

 

Aile Est côté ville : façade reprenant les dispositions du château de Bonnivet et tour de la Chapelle.

 

Porte sur la cour donnant accès au grand escalier.

 

Escalier permettant l'accès aux cuisines.

 

La cuisine.

 

La cuisine est composée de 2 monumentales cheminées dans lesquelles sangliers et autres gibiers

rôtissaient entiers et d'un four à pain remis récemment en état de fonctionnement.

 

Pendant l'hiver, des flambées réchauffent la cuisine et les salles des gardes.

 

A côté du four, un bac en pierre recevait l'eau du puits installé dans la cour d'honneur.

L'eau, le feu, un four, tout le confort nécessaire pour une cuisine moderne !

 

La salle des gardes.

 

 

Ces salles sont mises à disposition pour l'organisation de réceptions diverses.

 

 

Plusieurs tableaux sont exposés et représentent les ducs de La Rochefoucauld.

Ces quelques marches à gauche de la cheminée

conduisent à une 2° salle dans laquelle un blason sculpté en pierre date du Moyen Age.

 

 

 

L'escalier qui descend sous la roche permet d'accéder aux vestiges médiévaux.

 

 

On y trouve une voûte romane, la base d'une tour éventrée, un escalier qui mène nulle part.

 

A nouveau un escalier médiéval mène à des galeries souterraines creusées par l'eau et partiellement aménagées à la même époque. Ces galeries avaient un rôle primordial car en cas de siège ou de guerre, elles permettaient un accès direct vers l'extérieur.

 

Le salon bleu.

 

Le mobilier est essentiellement du XVIII° siècle.

Portraits de : Madeleine Charlotte Le Tellier, du maréchal d'Estrée, petit fils de Louvois.

(Ce salon fait partie des appartements privés du propriétaire actuel).

 

La salle à manger.

 

 

Console en bois doré avec un plateau en marbre Languedoc Louis XV

surmontée d'une glace en bois sculpté doré Régence.

Portrait d'Ernestine de La Rochefoucauld (1781-1802) et de François Le Tellier,

marquis de Courtanvaux (1660-1743), fils de Louvois.

 

La chapelle.

 

Cette chapelle, de style Renaissance a été achevée par François III de la Rochefoucauld

après la mort de son père en 1533.

 

La porte du château dont l'entablement représente 4 personnages.

Au-dessus de l'entablement un motif grec rappelle l'Antiquité.

Sur les côtés, des colonnes cannelées surmontées de chapiteaux corinthiens sont ornés

du F. et du A des bâtisseurs Anne de Polignac et François II de La Rochefoucauld.

 

Le décor en arc surbaissé est Renaissance avec ses têtes d'angelots et sa frise florentine "chien courant".

La tribune est aménagée et son décor reprend les initiales "JMF" et la tête du petit garçon.

 

L'enfant unique de François XVI de La Rochefoucauld et de Mattie Mitchell, prénommé François Marie Joseph va décéder en 1909 à l'âge de quatre ans et ses parents vont lui dédier la chapelle où il repose. Ces derniers sont également inhumés dans ce lieu.

 

L'abside qui remplit la tour est voûtée d'ogives de style gothique sur des colonnes engagées

inspirée de l'art italien et donnent ainsi plus d'élévation à l'ensemble.

Le choeur est orné d'un carrelage avec les initiales de l'enfant "JMF

et de la devise de la famille "C'est mon plaisir".

 

Les vitraux datent du début du XX° siècle, de même que la restauration de la chapelle.

 

Le grand salon.

 

 

Les murs et la cheminée sont recouverts de boiseries.

 

Le petit salon.

 

A la fin du XIX° siècle, ce petit salon a été aménagé en chambre à coucher

pour le duc François Alfred Gaston de La Rochefoucauld. Apprenant le massacre de son cousin,

il émigre en Angleterre, puis vogue vers les Etats Unis où il étudie les institutions et l'économie américaine.

De retour en France, il organise les premières séances gratuites de vaccination antivariolique en 1800.

 

Passionné par la question sociale, il cherche à améliorer le régime des hôpitaux et des prisons, à développer l'enseignement technique. Avant la Révolution vers 1780, il crée des écoles pour l'éducation des orphelins militaires, qui deviendront la célèbre Ecole des Arts et Métiers. Il sera également le co-fondateur de la Caisse d'Epargne qui permet au plus démunis d'épargner, le dépôt minimum étant fixé à un franc !

 

La salle à manger.

 

Le mobilier présenté est d'époque du XVIII° siècle, dont une table à gibier en bois sculpté doré

dont le plateau est en marbre d'Alep, d'époque Louis XIV.

 

 

Deux sujets en terre cuite patinée de l'école française du XVIII° siècle,

représentant l'une "l'Amérique" et l'autre 'l'Afrique".

Elle est surmontée d'une importante glace en bois sculpté doré d'époque Louis XV.

 

Le petit boudoir.

 

 

Le plafond à caissons et les boiseries datent du XVI° siècle.

 

La soeur de François 1er, Marguerite d'Angoulême, femme de lettres,

s'y installait pour écrire des poèmes, "les marguerites".

 

A la fin du XIX° siècle, le boudoir a été transformé en salle de bain par la duchesse Mattie,

épouse de François XVI de La Rochefoucauld.

Elle y a fait installer le chauffage central dissimulé derrière les boiseries.

Ainsi modifié, le boudoir va s'orner de peintures représentant les différentes propriétés familiales.

 

La tour François VI.

 

 

Ce salon est dédié à l'auteur des Maximes, François VI, 2° duc de La Rochefoucauld,

et 5° prince de Marcillac (1613-1680). Son portrait est peint par Pierre Mignard.

Marié à 14 ans avec Andrée de Vivonne, il part aussitôt sur les champs de batailles.

Il s'illustre comme homme de guerre et homme de cour auprès de Louis XIV où les intrigues sont permanentes.

 

A l'âge de 50 ans, une seconde partie de sa vie sera consacrée aux lettres. Poussé par la fréquentation des beaux esprits de son temps, comme Mme de Sévigné et Mme de La Fayette, il publie ses mémoires et en 1665, ses Maximes. Ses mémoires sont considérées comme un chef d'oeuvre du XVII° siècle. Plusieurs thèmes sont évoqués : l'intérêt, l'orgueil, la vanité et les passions.

 

Les bibliothèques.

 

Une collection de 21.000 livres est répartie en quatre bibliothèques,

avec en complément, le trésor des archives et la chambre des cartes (fermées lors de mon passage).

 

Le grand escalier, et la galerie extérieure du 1° étage.

 

Ce grand escalier d'apparat est un chef d'oeuvre de la Renaissance à double révolution.

Ici, cet escalier hélicoïdal s'inscrit dans un rectangle

et s'enroule autour d'un pilier central de bas en haut sans interruption.

Les 108 marches qui le composent sont d'une seule pièce

et n'ont que 13 ou 14 cm de haut afin de faciliter la montée.

 

 

Au plafond un limon s'enroule du sous-sol jusqu'au dernier étage

et il est soutenu par des petits arcs terminés par des culots sculptés. La statuaire est riche

et présente des animaux réels ou imaginaires tels que la salamandre,

symbole d'immortalité qui sera repris par le roi François 1er,

ou le pélican, symbole de piété chrétienne au Moyen Age.

L'escalier se termine par un palmier d'ogives décoré de fleurs ou de fruits.

 

Salle dédiée à Jean Florent Polydore Roux.

 

 

Ce peintre et naturaliste est né le 27 juillet 1792 à Marseille

et mort le 12 avril 1833 à Bombay, de la peste, alors qu'il s'apprêtait à explorer l'Himalaya.

 

En 1828 il fait paraître la publication d'une Histoire naturelle des crustacés de la Méditerranée, et le début d'une iconographie consacrée aux coquillages. Elle sera interrompue par ses déplacements et inachevée par sa mort. Cette parution comprend entre 440 à 450 planches lithographiées dans le premier volume, et 48 pages dans le second.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.larochefoucauld.fr/
"1019-1887, Annales de la ville de La Rochefoucauld, par Jean-Claude, Pierre
Bulletin de la Société de géographie de Rochefort-sur-Mer - Année 1897 - BNF Gallica

Feuillet de visite, R° V° remis à l'accueil

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 2 juillet 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville