LA ROCHEFOUCAULD  (Charente)
Arrondissement d'Angoulême - Canton du Val de Tardoire.
Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 2.932 Rupificaldiens en 2016.

 

D'une superficie de 721 hectares, et d'une altitude de 75 à 136 mètres,

la ville est située au bord de la rivière Tardoire, sous-affluent de la Charente.

 

Etymologie : l'origine du nom remonterait à un nom de personne germanique Fulcoald

qui aurait construit un château sur une hauteur, qu'on appelait Roche au Moyen Âge.

Les noms composés en roche sont assez fréquents dans la région.
Pendant la Révolution, la commune s'est appelée provisoirement La Roche-Tardoire.

 

Vues aériennes : la ville et la collégiale Notre-Dame, avant 1930 et 1970.

Intimement liée à l'histoire de la ville,
la collégiale du XIII° siècle est un des rares édifices gothiques en Angoumois

 
 

Ancienne église collégiale gothique et paroissiale

Notre-Dame de l'Assomption et Saint Cybard.
 

 

C'est dans cette église que fut célébrée la fin de la guerre de Cent ans.

En effet, le roi Charles VII était l'hôte de Jean 1er de La Rochefoucauld quand il apprit l'heureuse issue

de la bataille de Castillon (17 juillet 1453). Le lendemain, il ordonna de chanter un Te Deum

dans la collégiale en action de grâce, auquel il assista avec toute sa cour.

 

Le clocher latéral, construit en 1332 possède une élégante flèche octogonale.

 

Les prêtres fondateurs, au nombre de trente-deux, mirent leurs patrimoines en commun et demandèrent au comte d'Angoulême l'autorisation de se constituer en chapitre régulier. En 1267, l'évêque d'Angoulême, Robert de Montbron, confirma les nouveaux chanoines dans leurs droits en érigeant l'église en collégiale. Un notable local, Hélie Claveau et sa femme, donnèrent les maisons qu'ils venaient de bâtir tout près de l'église aux chanoines pour leur servir de logement.

 

Portail orné de cinq nervures toriques surmonté d'une rose.

La façade est terminée par un entablement horizontal, accostée au Nord par le clocher très élancé.

 

La rue des Prêtres devint vite le noyau d'une nouvelle cité tant et si bien que dans les années 1270 il était devenu nécessaire de former une nouvelle paroisse. Promue église paroissiale, la collégiale fut alors placée sous le patronage de Saint Cybard, ermite du VI° siècle, évangélisateur de l'Angoumois.

 

La nef, aux voûtes sur croisées d'ogives avec clefs aux armes des La Rochefoucauld.

Cinq travées rectangulaires composent l'édifice :

les trois premières constituent la nef, la quatrième forme le carré avec chapelles latérales,

la cinquième sert l'abside.

 

La guerre de Cent Ans, les mauvaises récoltes, puis la peste ruinèrent le Pays. Les ressources du chapitre ayant notablement diminué, le pape Boniface IX permit aux chanoines de restreindre leur nombre en 1398. Au siècle suivant, en 1483, leur nombre fut définitivement réduit à douze.

 

Chapelle des fonts baptismaux

 

Au début du XV° siècle, des troupes anglaises, menées par le jeune comte de Warwick, Richard de Beauchamp, pénétrèrent en ville et pillèrent la collégiale, emportant une partie des archives des chanoines et causant de si grands dommages que l'évêque d'Angoulême accorda 40 jours d'indulgence à ceux qui participeraient au financement des réparations.

 

 

Statue de Saint Michel terrassant le dragon, du XIX° siècle.

En 1899, la tribune reçut un orgue de Cavaillé-Coll.

 

Chaire à prêcher du XIX° siècle.

 

Au XVI° siècle, l'affrontement entre catholiques et protestants fut particulièrement âpre à La Rochefoucauld. A plusieurs reprises, l'église fut attaquée : en 1562, les troupes protestantes recrutées par François III de La Rochefoucauld la démolirent quasiment de fond en comble. Les catholiques la reconstruisirent aussitôt. Les malheurs étaient loin de se finir : elle fut incendiée en 1568, puis à nouveau dévastée en 1570.

 

 

Au cours d'une nouvelle campagne de restauration de 1824 à 1862,

l'église fut agrandie par la construction de deux chapelles afin de lui donner la forme d'une croix latine,

l'une au Nord consacrée à la Vierge, l'autre au Sud à Saint Cybard.

 

 

Autel du XIX° siècle.

La chapelle du Sacré Coeur, achevée en 1903, fut consacrée en 1956

aux bienheureux évêques de Saintes et de Beauvais Pierre Louis et François Joseph de La Rochefoucauld-Bayers, exécutés à la prison des Carmes à Paris le 2 septembre 1792.

 

Chapelle du Saint Sacrement.

 

Crucifix du XVII° siècle. Vierge à l'enfant du XIX° siècle.

 

Le choeur occupe la dernière travée.

Toutes les voûtes refaites après 1588 et sans doute seulement au XVII° siècle

sur des arrachements anciens, sont sur croisées d'ogives avec des clefs

portant les armes des La Rochefoucauld avec le collier du Saint Esprit.

 

Maître autel du XIX° siècle.

De chaque côté, les 4 tableaux présentent : les évangélistes et docteurs de l'église.

 

Pendant la Révolution, la déchristianisation fut systématique : dès 1792, le chapître canonial fut aboli, il ne sera jamais rétabli par la suite. Le culte catholique fut totalement supprimé de 1793 à 1798 dans l'église paroissiale qui fut pillée et profanée. Tous les objets du culte, arrachés de l'église furent brûlés sur la place. La fête de la Raison fut célébrée dans l'église le 10 décembre 1793 et le culte décadaire s'y maintint jusqu'en 1798. L'église ne fut rendue officiellement au culte catholique qu'en 1800.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.larochefoucauld.fr/
Notice n° PA00104469, base Mérimée/http://www2.culture.gouv.fr/

Dépliant 4 pages "L'église collégiale et paroissiale", disponible à l'entrée de l'édifice.

Dictionnaire des églises de France "Poitou, Saintonge, Angoumois"

volume IIIc, Editions Robert Laffont, 1967

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 2 juillet 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville