BASSAC  (Charente)
Arrondissement de Cognac -  Canton de Jarnac.

Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 532 Bassacois en 2016.

 

D'une superficie de 762 hectares, et d'une altitude de 12 à 38 mètres,

le village est situé au bord du fleuve la Charente.

 

 

Abbaye bénédictine Saint Etienne,

du XI° siècle.

 

 

Le monastère Saint Etienne de Bassac passe pour avoir été fondé en 1002 par Vardrade,

seigneur de Jarnac, et Rixendis, son épouse.

 

Vue d'ensemble de l'abbaye en 2018.

 

Le portail de l'enceinte. L'église cache à demi sa façade, à gauche,

en retrait d'un corps de bâtiment que parcourt une longue galerie voûtée d'ogives au XVII° siècle.

 

D'obédience bénédictine, le monastère fut placé sous l'autorité d'un religieux de l'abbaye Saint Cybard d'Angoulême. Selon la chronique d'Adhémar de Chabannes, l'église aurait été consacrée par Grimoard de Mussidan, évêque d'Angoulême et son frère Solon, évêque de Saintes.

 

Portail de l'enceinte, côté cour intérieure.

 

En raison  d'un certain relâchement observé dans la discipline, ce monastère fut rattaché à l'abbaye de Saint Jean d'Angély en 1092, par décision du Pape Urbain II. Puis les religieux s'étant affranchis de cette tutelle, en 1246, remplacèrent l'église romane par celle que nous voyons de nos jours.

 

L'église abbatiale Saint Etienne, en partie du XIII° siècle.

 

De nombreux remaniements ont sensiblement modifié l'aspect primitif de la façade.

Afin de protéger l'abbatiale, un système habilement conçu permit l'utilisation de contreforts existant aux angles.

Selon l'usage, des échauguettes y furent juchées et une galerie percée d'archères,

disposée à l'arrière du pignon, les reliait.

Les travaux de fortification, étendus au chevet, furent l'oeuvre de l'abbé de Courbon.

 

Bien que des travaux défensifs aient été exécutés, les Anglais s'emparèrent de l'abbaye et, dans l'année 1434, l'abbatiale fut ravagée. A la suite de ces évènements, l'abbé Henri de Courbon (1451-1486) rétablit l'édifice et installa de nouvelles fortifications. En 1562, après la bataille de Jarnac (1569), les Protestants envahirent le monastère et endommagèrent gravement l'église. Ce n'est que cent ans plus tard que celle-ci servit à nouveau au culte.

 

A la voussure du portail, l'inscription gravée en lettres capitales

"le peuple français reconnaît l'Etre suprême et l'immortalité de l'âme"

rappelle son affectation passagère en 1792-1795.

 

Sur cette frise figurent les visages d'un couple, du XIII° siècle.

 

Vues du chevet de l'abbatiale, avant 1970. Clocher roman des XI° et XIII° siècles.

Au-dessus de sa souche, la tour comprend quatre étages en retrait les uns des autres.

Sur le dernier, moins élevé, se dresse une flèche conique à imbrications,

cantonnée à sa base de quatre pinacles en pyramide triangulaires. Ce campanile est haut de 38 mètres.

 

Le mur du chevet a été percé postérieurement, au XV° siècle d'une grande baie à remplages.

 

Le blason de l'abbé Henri de Courbon, du XV° siècle.

 

Depuis le jubé, vue sur le portail occidental.

L'édifice présente l'aspect d'un long rectangle divisé en quatre travées. Leurs voûtes d'ogives

et de liernes, restaurées ou refaites au XVII° siècle, rappellent le dispositif angevin.

 

Statuaires et confessionnal du XIX° siècle.

 

La chapelle et ses fonts baptismaux très ouvragés.

 

Depuis le portail occidental, vue sur le jubé et la chaire à prêcher.

Des faisceaux de colonnes reçoivent la retombée des doubleaux brisés et des nervures.

Accompagnées de colonnettes, les fenêtres percées dans les murs goutterots des travées éclairent le vaisseau.

 

Chaire à prêcher exécutée d'après les dessins de Dom Jean Lacoste.

 

 

Un jubé en pierre, marbre et bronze élevé à la fin du XVII° siècle, (construit en 1701)

 entre la deuxième et la troisième travée, sépare l'église en deux. Il marque l'entrée du choeur des moines.

 

Caveau des fondateurs du XI° siècle.

 

Deux chapelles, l'une du XIII° siècle, voûtée comme la nef,

l'autre du XV° siècle, simplement couverte d'ogives, furent édifiées parallèlement à l'abside.

 

 

Vues sur les stalles et le jubé.

 

 

Des boiseries datant de 1700 furent installées dans la dernière travée du choeur.

Elles comprennent quarante stalles en noyer massif, aux miséricordes très ouvragées.

 

Aigle-lutrin baroque de 1709. Ce riche lutrin, a été exécuté d'après les dessins de Dom Jean Lacoste.

L'éclairage est renforcé par une large baie à réseau flamboyant, du XV° siècle, qui ajoure le mur plat du chevet.

 

 

 

Retable en pierre sculptée et des tableaux ont été appliqués aux murs au cours du XVIII° siècle.

Tout ce riche mobilier montre qu'avant la Révolution, le monastère bénédictin jouissait d'une grande prospérité.

 

Voûtes et chapiteaux sculptés.

 

Les bâtiments conventuels, construits de 1677 à 1716.

 

Pillée pendant la guerre de Cent Ans, puis lors des guerres de religion,

l'abbaye fut en partie réédifiée au XVII° siècle, à l'instigation des Mauristes et très restaurée au XIX° siècle.

 

Les bâtiments et l'abbatiale, avant 1970. Au XV° siècle l'abbaye était entourée d'un mur d'enceinte.

 

Le cloître.

 

 

La longue galerie voûtée d'ogives au XVII° siècle dessert le cloître, ou plutôt la cour

où il se trouvait car n'en demeurent, sur le mur Est, que les arrachements de quelques arcades (fin du gothique).

Au rez-de-chaussée, entourant la cour, à droite, le réfectoire et les cuisines. En face, la salle de rencontres,

qui fut prison, et un oratoire. L'étage est occupé par la cinquantaine de chambres des pensionnaires.

 

▪ Portail de style classique (1677-1678) ouvrant sur la chapelle actuelle. Au-dessus du linteau mouluré devait figurer le blason sculpté des Mauristes probablement bûché à l'époque révolutionnaire.

▪ Baies jumelées à arcs trilobés et chapiteaux sculptés de style gothique du XV° siècle, vestiges des ouvertures de l'ancienne salle du chapitre, reconvertie aujourd'hui en chapelle dédiée à Sainte Thérèse et l'Enfant Jésus.

 

Façade du logis abbatial donnant sur les jardins et le parc.

La porte permet de rejoindre la cour de l'ancien cloître.

 

Toitures à la Mansart (XVII°-XVIII° siècles).

Les lucarnes en pierre de modestes dimensions éclairent le 2° étage.

Les fenêtres simples ont été ouvertes au XX° siècle lors de l'aménagement des combles en chambre.

Photos de droite, dallage de la galerie voûtée du XVII° siècle.

 

Dans la 5° travée du passage voûté, avant d'accéder à la cour intérieure du cloître, une porte s'ouvre sur l'ancienne prison, construite par les Mauristes au début du XVIII° siècle. Un escalier de pierre où figure la date de 1716, dessert une vaste salle voûtée en sous-sol, éclairée faiblement par  des soupiraux. Le logement du geôlier était attenant. Depuis le Moyen Age, l'abbé de Bassac disposait d'un droit de basse, moyenne et haute justice, à l'instar d'un seigneur.

 

L'escalier d'honneur et la salle capitulaire (avant 1950)

 

 

Les anciennes dépendances.

 

Le parc et les jardins.

 

Vendue comme bien national après la Révolution de 1789, l'abbaye est utilisée comme ferme et connaît à nouveau une période de dégradations et de ruine. L'église connaîtra un meilleur sort en devenant église paroissiale.

 

A partir de 1947, la Congrégation des Frères missionnaires de Sainte Thérèse en devient propriétaire et les restaurations font revivre les lieux. Pendant 60 ans, l'abbaye a accueilli retraites, séminaires, jeunes, adultes et toutes les personnes désireuses de se ressourcer par la prière et la méditation.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dictionnaire des églises de France, "Poitou, Saintonge, Angoumois"

Volume IIIc, Editions Robert Laffont, 1967

"Abbaye de Bassac" (Collectifs), Editions Lecuyer

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 5 juillet 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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