AUBETERRE-SUR-DRONNE  (Charente)
Arrondissement d'Angoulême - Canton de Tude-en-Lavalette.
Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 391 Aubeterriens en 2015.

 

D'une superficie de 239 hectares, et d'une altitude de 38 à 111 mètres,

le village est traversé par la rivière la Dronne,

un affluent de l'Isle et sous-affluent de la Dordogne.

 

 

L'église romane Saint Jacques

 

 

L'église Saint-Jacques est de style roman-saintongeais qui date du XII° siècle

dont le portail a été classée monument historique en 1862.

De la collégiale Saint Jacques, consacrée en 1171, édifiée pour répondre à l’afflux de pèlerins

en route vers Saint Jacques de Compostelle, ne subsiste que sa façade richement sculptée.

 

Vue aérienne avant 1970 : le village et l'église Saint Jacques, située dans la ville haute.

 

Escalier d'accès à l'église Saint Jacques.

 

S’inspirant du modèle des cathédrales d’Angoulême et de Poitiers,

 l’église a été reconstruite en pierre calcaire et sa façade tripartite de type Saintongeais va faire se rencontrer

les multiples influences venues d’orient et d’occident qui font de l’art roman un art de synthèse :
▪ Influence romaine de l’art de bâtir en pierre.
▪ Influence mozarabe venue d’Espagne et exprimée dans le portail polylobé de l’entrée.
▪ Influence carolingienne inspirée des enluminures, de l’orfèvrerie.
▪ Influence celte, wisigothe et scandinave riche de décors abstraits.
▪ Influence byzantine rapportée des croisades.

 

L'église, consacrée en 1171, appartient à l'origine au diocèse de Périgueux. Fréquentée durant des siècles par les "Jacquets" en route pour Saint-Jacques-de-Compostelle, elle est totalement ravagée par des extrémistes protestants les 13 et 14 mai 1562, qui n'épargnent guère que sa façade. L'église n'est pas relevée avant 1710.

 

L'arcade située à gauche du portail central.

 

La baie centrale seule est percée. Les arcs reposent sur des colonnettes simples ou doubles,

celles-ci séparées par d'étroits pilastres, toutes surmontées de beaux chapiteaux.

Les cintres, qu'entourait un cordon, ont été décorés,

mais ne révèlent presque plus rien de leurs sculptures primitives.

 

Au premier étage se déroule une belle arcature de treize cintres divisés par les grosses colonnes du rez-de-chaussée en groupes. Le deuxième étage, dont il reste peu de chose, montre aujourd'hui dans l'aire centrale une vaste ouverture en demi-lune à deux rouleaux et à gauche les restes du cheval d'un cavalier. Enfin sur les retours des murs latéraux, des colonnes doubles étayent les angles.

 

Quatre groupes de longues colonnes jumelées divisent la largeur (18 m,50) de cette façade en trois aires.

 

Son rez-de-chaussée est occupé par un vaste portail en plein cintre à six voussures entièrement ornées face et intrados. La plus petite est découpée en lobes et seule (parce qu'exécutée ultérieurement), n'est pas accompagnée d'un cordon sculpté. Les baies latérales aveugles, sont à trois voussures, mais leur décoration, ainsi que celle du portail, est la même et formée surtout de motifs géométriques. Un large bandeau souligne les tympans. Celui de droite n'existe pour ainsi dire plus.

 

 

Les chapiteaux représentent des petites scènes de la vie courante, restes d'un zodiaque mutilé,

ou illustration par l'image de certains métiers.

(Toutes les colonnes des pieds-droits sont ornées de chapiteaux bien fouillés).

 

Les sculptures des chapiteaux , la symétrie de la composition, la douceur des arcatures et les multiples symboles illustrant la cosmogonie de pierre qu’elle exprime offrent au regard du pèlerin et du croyant du XII° siècle une vision de la beauté du monde créé par Dieu.

 

L'arcade située à droite du portail central.

 

En 1562 , nef, choeur et clocher furent entièrement détruits lors des guerres de religion.

 Sa reconstruction sous sa forme actuelle s’achèvera en 1710 seulement.

 

Le clocher, un peu en retrait, est édifié en 1860.

 

L'intérieur de l'église, d'une grande sobriété, est divisé en trois vaisseaux,

l'ensemble étant couvert d'une charpente apparente.

 

Deux cloches du 1° quart et du 3° quart du XVII° siècle, sont classés aux monuments historiques.

 

Le bas-côté sud abrite une Vierge à l'enfant du XVI° siècle,

à laquelle répond une statue de saint Jacques dans le bas-côté opposé.

 

Les orgues, et protégé par une grille, un reliquaire.

 

La charpente boisée, ancien bénitier et statue d'un ange adorateur.

 

Le chevet plat est percé d'une grande baie où a été posé en 1970, un vitrail moderne.

 

Plusieurs campagnes de restauration ont été entreprises ces dernières années afin de rendre son cachet à cet édifice emblématique, campé sur une hauteur du village : restauration intérieure à partir de 1965 (pose de nouveaux vitraux, remise en état des murs et de la charpente) puis de nouveau en 1989 (charpente des bas-côtés) ; remise en état des parties extérieures à partir de 1979 (restauration de la façade, jusqu'en 1993). Ces travaux sont complétés en 1994 par un aménagement des abords de l'église, avec la création d'un espace vert.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.aubeterresurdronne.com/
http://www2.culture.gouv.fr/

Dictionnaire des églises de France, "Poitou, Saintonge et Angoumois"

Volume IIIC, Editions Robert Laffont, 1967

Dépliant 3 volets "Aubeterre-sur-Dronne, Sud Charente", O.T.

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 4 juillet 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville