ANGOULÊME  (Charente)
Arrondissement d'Angoulême - Canton d'Angoulême.
Région Nouvelle Aquitaine
 Population : 42.081 Angoumoisins en 2015.

 

D'une superficie de 2.185 hectares, et d'une altitude de 27 à 133 mètres,

la ville est arrosée par le fleuve la Charente, et trois ruisseaux : l'Anguienne, les Eaux Claires et la Vimière.

 

 

Angoulême, ville d'art et d'histoire
 

 

L'occupation du plateau d'Angoulême remonte au début de l'âge de bronze (2000 avant J.C.)

Mais il ne s'agit à cette époque que d'un habitat sporadique.

 

Vue aérienne, avant 1970.

 

La ville gallo-romaine apparaît au 1° siècle avant J.C. Elle occupe le promontoire qui domine les vallées de la Charente et de l'Anguienne. A la fin du III° ou au début du IV° siècle de notre ère, la ville se dote d'une première enceinte urbaine. Le premier rempart qui protège Iculisma (nom de la ville à l'époque) épouse le pourtour de l'éperon rocheux et se déploie sur 2.280 m.

 

La cité connaît au Moyen Age un fort développement comme en témoignent encore le tracé du rempart

complété au XIII° siècle par deux nouvelles enceintes.

 

La fin de l'époque romaine et le début du Moyen Age sont marqués par l'introduction du Christianisme, mais aussi par les migrations des barbares (Vandales, Wisigoths) qui, du V° au X° siècles ravagent de nombreuses fois la ville. L'ordre est rétabli à la fin du X° siècle grâce à la dynastie des premiers comtes d'Angoulême : les Taillefer.

 

Les remparts.

 

Le rempart de Beaulieu et le jardin vert.

 

Situé sous les remparts de la ville, ce parc de 4 hectares a été créé en 1860. Il possède des allées sinueuses bordées de massifs, de corbeilles de fleurs et d'essences rares, un théâtre de verdure édifié au début des années 1930, un parc animalier, des kiosques, un bassin  et des cascades, et un espace de jeux pour les enfants. Il est complété par un jardin de sculptures et un jardin de senteurs.

 

La ville a été protégée par des remparts dès le Bas-Empire romain.

 

Ces remparts ont été reconstruits et agrandis au Moyen Age, puis à nouveau à la fin du XVI° et au XVII° siècles. Rendus inutiles, ils ont été arasés et les portes de la ville détruites à partir du XVIII° siècle afin de permettre à la cité de s'étendre en dehors de ses murailles. Le rempart de Beaulieu a été le premier à être aménagé en promenade, d'où la vue, sur la Charente est très agréable.

 

L'hôtel de ville, construit à l'emplacement

de l'ancien château comtal, détruit au XIX° siècle.

 

 

Deux tours de l'ancien château ont été conservées :

le donjon polygonal du XIII°-XIV° siècles (donjon de Lusignan),

et la tour ronde du XV° siècle avec fenêtres à meneaux.

 

Vue aérienne avant 1970.

Dans la tour ronde du XV° siècle serait née Marguerite d'Angoulême, le 14 avril 1492,

la fille de Charles de Valois-Angoulême et de Louise de Savoie.

 

Marguerite d’Angoulême, (1492-1549) : Reine de Navarre (1527-1549).

 

Marguerite d’Angoulême ou Marguerite d'Alençon, est née le 11 avril 1492 à Angoulême et morte le 21 décembre 1549 à Odos-en-Bigorre.

 

Elle est la sœur de François 1er sur lequel elle exerce toute sa vie un grand ascendant. Elle joue ainsi un rôle politique important à la cour du roi.

 

Elle épouse Charles, duc d’Alençon, en 1507. Veuve en 1525, elle se remarie en 1527 avec Henri d’Albret, roi de Navarre. Sa fille, Jeanne d’Albret, est la mère d’Henri de Navarre, futur Henri IV.
 

Ü Marguerite de Navarre par Jean Clouet, (vers 1530)

 

Marguerite de Navarre a joué un rôle très important tant sur le plan politique et diplomatique,

notamment dans les négociations en Espagne avec Charles Quint après la défaite française de Pavie.

 

Marguerite d’Angoulême, est une femme de lettres,

au centre de la vie culturelle et spirituelle de son temps, et elle encourage les idées nouvelles.

 

Marguerite de Navarre occupe une place de choix dans la vie culturelle de son temps, grâce à sa grande culture et son intarissable besoin d’apprendre (elle connait le grec, le latin et l’italien). Son rayonnement intellectuel est considérable et fait de son château de Nérac un centre distingué de l’humanisme. Comme nombre d’humanistes de son temps, elle est sensible aux idées nouvelles. Elle protège de nombreux protestants et les accueille à sa cour. Dès 1517, elle se lie avec Lefèvre d’Étaples et Briçonnet, évêque de Meaux. Comme eux, elle se rapproche de la Réforme, sans pour autant rompre avec l’Église. Elle était favorable à une réforme de l'église et fut la protectrice de Calvin, Théodore de Bèze, Clément Marot.


Son œuvre poétique la place au premier rang de la littérature de son temps. Ses poésies rassemblées sous le titre de Marguerites de la Marguerite des princesses, sont éditées à Lyon en 1547. Son œuvre la plus connue est l’Heptameron, recueil de contes à l’imitation du Decameron de Boccace.

 

L'ancien château comtal a été détruit par l'architecte Paul Abadie, qui reconstruit ce bâtiment

de 1854 à 1869, dans un style néo-gothique.

 

Dans la 1° moitié du XVI° siècle, Angoulême devient sous l'impulsion des Valois un  important centre intellectuel et artistique. La seconde moitié est marquée par les guerres de Religion qui opposent les catholiques aux protestants. La ville, la catholique, est assiégée deux fois par les troupes huguenotes et les monuments subissent de graves dommages.

 

 

 

L'hôtel de ville est entouré de pelouses et de massifs fleuris.

Près du mur sud, a été placé le monument aux morts de 1870.

 

 

En façade, un beffroi flamand

 

Façade côté cour intérieure.

 

 

Salle d'accueil de l'hôtel de ville.

 

Ancienne chapelle des Cordeliers, actuellement chapelle de l'ancien l'hôpital.

 

Le couvent des Cordeliers fut implanté à Angoulême vers 1230 sur la demande de Guy V,

baron de La Rochefoucauld pour la tenue d'un hospice pour les pauvres

et la prédication conformément à l'esprit de saint François d'Assise.

 

 

Début du XIII° siècle, les Cordeliers bâtirent un couvent à l'ouest de la ville d'Angoulême dont il subsiste l'église, rattachée à l'hôpital de Beaulieu, deux corps de bâtiments et quelques traces du cloitre.

 

Au XVII° siècle, dans le contexte de la Contre Réforme, de nouveaux ordres religieux s'implantent à Angoulême : Capucins, Minimes, Ursulines, Carmélites, Jésuites, etc... Le XVIII° siècle est l'époque des travaux d'embellissement entrepris sous l'autorité des intendants : aménagement de promenades, amélioration des accès à la ville haute, création de nouveaux quartiers dans l'ancien parc du château comtal, construction du nouveau pont Saint Cybard.

 

La chapelle fut édifiée vers 1260 avec une nef unique composée de quatre travées d'ogives

et précédée d'un porche. Le choeur carré, voûté d'ogives, plus large que la nef,

fut rajouté selon la volonté et le legs de Béatrix de Bourgogne en 1328, peu de temps avant sa mort.

Au XIX° siècle, cette chapelle a été restaurée pour devenir la chapelle du nouvel hôpital

avec de nouveaux vitraux et le tombeau de Jean-Louis Guez de Balzac,

édifié en 1853 sur les plans de Paul Abadie (père) et par le sculpteur Baleyre.

 

Le XIX° siècle correspond pour la ville à une intense période d'urbanisation : arasement des remparts, suppression des portes de ville, aménagement de places, constructions de nombreux monuments civils. A la même époque se développent en bordure du fleuve les quartiers industriels de St Cybard et de l'Houmeau.

 

Le couvent des Cordeliers, s'il perdit son cloître, eut moins à souffrir des guerres de religion et notamment

des destructions opérées sur les édifices religieux par l'armée huguenote lors de la prise de la ville en 1568.

Le couvent fut choisi pour loger la garnison protestante et la chapelle devint momentanément temple protestant.

 

Un des chefs protestants, le duc Wolfgang de Zweibrücken, y fut inhumé de 1567 à 1570. André Thévet (1517-1592) y fut l'un des religieux : voyageur, écrivain, historiographe et cosmographe du roi Henri III, il est connu pour avoir introduit le tabac en France d'où le nom « d'herbe angoumoisine » du tabac au XVI° siècle.

 

Jean-Louis Guez de Balzac (1597-1654).

 

Conseiller d’Etat et historiographe de France, il figure parmi les maîtres de la littérature épistolaire.

Il fut l’un des réformateurs de la prose classique dans la première moitié du XVII° siècle.

Il était le fils du maire d’Angoulême, Guillaume Guez,

qui fut anobli et prit le nom du fief de Balzac, au bord de la Charente, où il fit bâtir son château.

 

Né à Angoulême sous le règne d’Henri IV, Balzac était le filleul du duc d’Epernon et fils aîné des trois enfants de Guillaume Guez et Marie de Nesmond.

 

Il mourut le 8 février 1654. Selon son désir, il fut inhumé à Angoulême, dans l’hôpital Notre-Dame des Anges, aux pieds des pauvres auxquels il avait légué la plus grande partie de sa fortune. Il repose aujourd’hui dans la chapelle des Cordeliers, ancien hôpital d’Angoulême.

 

Admis à l’Académie en mars 1634, il fut l’un des premiers académiciens mais fut dispensé d’assiduité, préférant « les plaisirs de la vie retirée ».

 

Elève de Nicolas Bourbon qui lui transmit le goût de l’antiquité, il paracheva ses études par un séjour à Rome en 1621-1622. En 1624, il devint célèbre à l’âge de vingt sept ans avec la publication d’un premier recueil de Lettres qui lui valut un concert de louanges dans toute l’Europe. Adressées à des grands, à des confrères (Chapelain, Conrart…), à des amis, ces lettres portent à la fois sur des sujets de circonstance comme sur des questions politiques, littéraires ou morales.

Les esprits les plus éminents de son temps le considéraient comme le prince des orateurs; Richelieu le nomma Souverain de la République des Lettres.

Mais sa jeune gloire attisait les jalousies. Elle souleva des polémiques. Déçu, Balzac se retira dans ses terres où il fut regardé comme l’«Oracle de la Charente». Il y vécut de longues années et son oeuvre en est tout imprégnée.

Outre ses célèbres lettres, l’écrivain nous a laissé des dissertations et traités : Le Prince (1631), portrait du souverain idéal, Le Barbon (1648), pamphlet dirigé contre les pédants et le Socrate chrétien (1652), amplification morale et panégyrique de la religion catholique.

 

L'hôtel particulier Saint Simon.

 

Angoulême possède quelques beaux hôtels particuliers rappelant les fastes périodes de la cité.

 

Cet hôtel a été construit dans le 1° tiers du XVI° siècle.

La façade est ornée de pilastres et de lucarnes très ouvragées

et richement sculptée de motifs géométriques, de coquilles et de personnages à l'antique.

 

C'est la plus belle représentation de la première Renaissance française à Angoulême. Cet immeuble fut la propriété de la famille Saint Simon-Montbléru, branche cadette de la famille du Duc de Saint Simon qui décrivit dans ses mémoires la vie de cour sous Louis XIV.

 

Le conservatoire Gabriel Faure, la fontaine et le Palais de Justice.

 

▪ Le conservatoire de musique, de danse et de théâtre est installé depuis 1982 dans une architecture contemporaine qui a su allier modernité et passé. De l'ancien collège des Jésuites, construit en 1622, ont été conservés la galerie et le clocher carré. Une salle philarmonique y fut créée en 1844, qui devint école de musique cinq ans plus tard.

▪ Le palais de justice, construit en 1826 par l'architecte Paul Abadie père, dans un style néo-classique. Il domine la place Francis Louvel et a été édifié à l'emplacement de l'ancien couvent des Jacobins dont le jardin a laissé place à un espace public orné d'une fontaine du XIX° siècle.

 

Au fond de cette place, les halles, bâtie sur l'emplacement de l'ancien châtelet,

un ancien château fort du XI° siècle. Le théâtre et le lycée Guez-de-Balzac,

le plus ancien établissement secondaire de l'agglomération angoumoisine.

 

Le théâtre fut bâti entre 1868 et 1870 par l'architecte parisien Antoine Soudée. Les allégories de la Comédie et du Drame, de la Danse et de la Musique sont sculptées sur la façade tournée vers la place New York. Le nom de cette place rappelle qu'un navigateur florentin, Verrazzano, baptisa en 1524, la baie de New York la "Nouvelle Angoulême" en l'honneur de François 1er qui fut comte d'Angoulême avant de devenir roi de France.

 

Statue de l'ancien président de la République Sadi Carnot, dont la famille était établie en Charente,

réalisée par Raoul Verlet en 1897.

Au pied de la statue se déploie les façades homogènes des immeubles qui bordent la rampe d'accès

aménagée à partir du XVIII° siècle pour accéder à la ville haute.

La végétation qui souligne la base des anciens remparts forme un écrin de verdure autour de la cité.

 

La Cité Internationale de la bande dessinée et de l'image.

 

Répartie dans trois bâtiments, la cité rassemble le Musée de la bande dessinée, des expositions temporaires,

une bibliothèque patrimoniale, une bibliothèque publique spécialisée, une résidence internationale d'artistes

(la maison des auteurs), une librairie de référence, un cinéma d'art et d'essai et de recherches,

un espace de consultation internet et une brasserie panoramique.

 

Tout au long de la ville, le mobilier urbain est décoré de bandes dessinées,

comme les containers de récupération de déchets, boites à lettres, etc...

Elle se pare aussi de murs peints qui introduisent dans le paysage urbain de nombreux personnages

de la bande dessinée et qui affirment de façon pérenne la position d'Angoulême capitale de la bande dessinée.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.vieil-angouleme.org/
http://meplna.fr/ecrivains/

Dictionnaire des églises de France, "Poitou, Saintonge, Angoumois"

Volume IIIC, Editions Robert Laffont, 1967

Dépliant 10 volets "Angoulême, de bulle en bulle", O.T. Angoulême

Panneaux explicatifs présentés à travers la ville

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 6 juillet 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville