ANGOULÊME  (Charente)
Arrondissement d'Angoulême - Canton d'Angoulême.
Région Nouvelle Aquitaine
 Population : 42.081 Angoumoisins en 2015.

 

D'une superficie de 2.185 hectares, et d'une altitude de 27 à 133 mètres,

la ville est arrosée par le fleuve la Charente, et trois ruisseaux : l'Anguienne, les Eaux Claires et la Vimière.

 

La ville et la Charente.

 

Le fleuve Charente et son cheminement vers l'Atlantique, allait faire d'Angoulême une métropole économique et industrielle d'importance : navigable jusqu'à l'Océan, la Charente lui offrait un débouché idéal : on pouvait fondre ici les canons de Rochefort et, déjà, concurrencer Bordeaux, marché du vin, quand le cognac put emprunter l'itinéraire fluvial.

 

A la Renaissance tournaient déjà sur les rives les roues de nombreux moulins : industrie du papier, qui connut un grand renom. Puis, une nouvelle vocation est apparue avec la fonderie, et la construction mécanique.

 

 

Les halles,

et évolution de l'économie Angoumoise
 

 

La vie économique de la ville se développe avec Colbert qui donne une impulsion à la fabrication du "papier royal d'Angoumois", le meilleur d'Europe. Depuis la création de la 1° fabrique en 1516, Angoulême exportait vers l'Angleterre (les fameux "papiers anglais" et pour la Hollande (les vélins, destinés à la reproduction des oeuvres des maîtres flamands). Sur les quais du port de l'Houmeau, les rames s'entassaient, qui firent rêver Balzac...

 

Les halles centrales, avant 1912.

 

L'industrie papetière a fait naître l'imprimerie angoumoise, mais aussi, la fabrication de feutres destinés aux papetiers, et des feutres, celle des chaussons, les célèbres "charentaises". De l'industrie du papier  va découler celle des toiles métalliques, donc de la fonderie. L'établissement de la fonderie des canons de la Marine (établie à Ruelle en 1750) par Marc-René Montalembert) n'est pas l'oeuvre du hasard. Elle allait entraîner la création de la célèbre poudrerie voisine. C'est à partir du XVIII° siècle que se créent les premières faïenceries.

 

Les halles, en juillet 2018.

Construites par l'architecte Edouard Warin et l'ingénieur Pommier, les halles ont remplacé en 1888 le châtelet, ancien château fort du XIII° siècle transformé par la suite en prison.

 

Certaines industries traditionnelles subsistent encore. Angoulême diversifia la fabrication du papier avec, le papier d'écriture, papier à dessin, à cigarettes, cartons, etc... Mais la crise des années 70 fit disparaître les bâtiments de l'usine du Nil, convertis en école des Beaux-arts, les anciennes usines de cartonnage ont été transformées pour accueillir le Centre National de la bande dessinée. La Fonderie des canons de la Marine, aujourd'hui Etablissement des constructions et armes navales, tient une place importante dans l'industrie de la Marine nationale. D'autres industries se sont installées dans diverses fabrications : moteurs électriques, télémécanique, chocolateries, etc...

 

Cette belle architecture alliant verre et fer est directement inspirée des modèles parisiens

et notamment des halles centrales Baltard de Paris.

 

 

Au nord, prend place le parvis "ou la corbeille", espace réservé au marché extérieur,

et au sud, les récents réaménagements ont restitué une place animée en lien direct avec le tissu urbain.

 

La  "Charentaise".

 

Les "charentaises" nées sous Louis XIV, ont pour parrains Turgot, qui développa l'armement maritime Charentais, et Colbert, créateur de Rochefort, premier port de guerre français.

 

Angoulême se spécialise alors dans la fabrication de feutres de laine et confectionne cabans et pèlerines pour les marins.

 

Ü Faubourg Saint Cybard d'Angoulême : usines à feutre et parties de papèteries sur la Charente.

 

Mais que faire des chutes que la marine ne paie pas ? Ennemis du gaspillage, les Charentais les récupèrent : cela leur fournit le dessus de la pantoufle. Ils confectionnent la semelle avec les chutes de feutres à papier que le temps a rigidifiés et imperméabilisés. Les femmes font l'assemblage au point croisé, dit "point de chausson".

 

Sous Louis XVI, les "charentaises" font fureur à la Cour, permettant aux domestiques de se déplacer sans bruit. On les appelle "les silencieuses". Au fil des ans, les matériaux ont évolué : en 1850, un cordonnier de La Rochefoucauld remplace la semelle de feutre par une semelle de cuir cousue au point de cordonnier. Puis on recouvre de cuir le nez de la pantoufle et on ajoute une talonnette de même matière. L'essor du pneumatique dans les années 50 amène à faire des semelles de caoutchouc.

 

Après une période de déclin (le mot de pantoufle sert de quolibet : on dit "raisonner comme une pantoufle"), se produit, de nos jours, un grand essor. L'entreprise Rondinaud, de La Rochefoucauld, a perpétué la tradition de la "pantoufle docteur", vendue en pharmacie, mais présente aussi plus de 500 modèles (classiques, écossais, fluos, unis, fleuris, à pois, en satin avec impressions Hermès, aristocratiques estampillés d'un écusson ou Bicentenaire oblige, ornés d'emblèmes révolutionnaires...) Cette entreprise devenue leader européen, a des filiales en Angleterre, au Canada, exporte dans tous les pays d'Europe, en Afrique du Sud, aux Caraïbes, au Japon.

 

Lady Diana a commandé des "charentaises" pour sa famille, le général de Gaulle, les faisait faire sur mesure, Laurent Fabius a été photographié dans la rue, "charentaises" au pied, pour aller acheter son pain, le président François Mitterrand en porte volontiers. Il faut remarquer que l'extrême souplesse de ces chaussons leur permet de n'avoir ni pied gauche ni pied droit !

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.google.fr/Photo Angoulême, Port l'houmeau © Carine Lutt

"La charentaise", Musée du papier 'le Nil"

Dépliant 10 volets "Angoulême, de bulle en bulle", O.T. Angoulême

Panneaux explicatifs présentés à travers la ville

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 6 juillet 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville