ANGOULÊME  (Charente)
Arrondissement d'Angoulême - Canton d'Angoulême.
Région Nouvelle Aquitaine
 Population : 42.081 Angoumoisins en 2015.

 

D'une superficie de 2.185 hectares, et d'une altitude de 27 à 133 mètres,

la ville est arrosée par le fleuve la Charente, et trois ruisseaux : l'Anguienne, les Eaux Claires et la Vimière.

 

 

Cathédrale romane Saint Pierre
 

 

Vues aériennes avant 1970.

Angoulême a la particularité de posséder une cathédrale romane et non gothique

comme tant d'autres villes en France.

C'est l'aboutissement aujourd'hui de quatre cathédrales successives,

dont la première fut construite en l'an 413 et dédiée à l'apôtre Pierre.

 

Chevet de la cathédrale.

 

La première cathédrale date de l'époque gallo-romaine et fut saccagée par les invasions barbares.  La construction de la seconde attribuée à Clovis, vers 508, achevée cinquante ans plus tard, fut incendiée par les Normands en 981. La troisième, plus vaste, fut bâtie par Grimoard, ancien évêque de Mussidan, abbé de Brantôme et de Saint Cybard et consacrée en 1015.

 

La tour des cloches, haute de 59 mètres, s'élève sur cinq étages d'arcatures ajourées,

en plein cintre, soutenues par de sveltes colonnes de pierre qui renferme cinq cloches,

 dont au second étage, le gros bourdon, Pierre et Paul, qui pèse 4.120 kg.

 

Le chevet, de pur style roman, dont la partie centrale et une absidiole, celle de droite, sont du XII° siècle.

 

 

La cathédrale est de style romano-byzantin.

Son plan s'inscrit dans une croix latine dont le grand bras mesure 79 mètres et le bras transversal, 52 mètres

 

Girard de Blaye, inspirateur de plusieurs conciles, ami de Robert d'Arbrissel qu'il aida à créer Fontevrault, légat de quatre papes, devenu évêque d'Angoulême en 1101, décide d'édifier une nouvelle cathédrale et un palais épiscopal, utilisant ses revenus des abbayes de Saint Cybard, Saint Amand-de-Boixe, Cellefrouin et cinquante-cinq églises, complétés par l'apport généreux du chanoine Itier Archambaud.

 

Sous les corniches se trouvent de nombreux modillons romans sculptés.

 

Au cours des guerres de Religion, la cathédrale rencontra des dommages, notamment la destruction de la tour sud, par l'artillerie de l'Amiral de Coligny et qui ne fut jamais reconstruite. Pendant la Révolution, elle fut baptisée "Temple de la Raison et Salle Décadaire", sans subir grand dommage.

 

La façade présente une immense page de sculpture de la plus grande richesse exécutée entre 1120 et 1135

et traitée suivant les procédés de l'école poitevine : 75 personnages (statues ou bas-reliefs),

symétriquement enfermés par groupes dans des arcatures superposées ou dans des médaillons,

évoquent dans leur ensemble le thème de l'Ascension associé, comme dans le Credo, à celui du retour

et du Jugement dernier, deux thèmes qui n'avaient, auparavant, été traités que sur les tympans des portails.

 

La composition architecturale de cette façade est soulignée par de hautes arcades montées en colonnes,

celle du centre, plus élevée encadrant le Christ en ascension, les autres,

groupées deux par deux de chaque côté, y détachant l'image d'une croix.

 

La façade ouest dans laquelle le sujet principal est le Christ dans sa gloire, entouré des quatre Evangélistes,

qui en occupe le centre, au niveau le plus élevé.

 

On remarque des deux côtés de ce motif central de nombreux médaillons dont on pense qu'ils figurent les Apôtres, des Saints et des Bienheureux puis, au-dessous, sur deux niveaux dans des arcs romans, des statues dont l'identification fait l'objet de diverses interprétations ; l'une d'elle serait, dit-on, la Vierge Marie.

 

Détachés, à la partie inférieure et symétriquement, deux bas-reliefs représentant les statues équestres de St Martin et de St Georges, ce dernier surmonté d'une petite statue de femme portant une couronne dont on ignore l'exacte signification. Ces deux bas-reliefs ont été reconstitués au XIX° siècle.

 

Enfin, à la base, les douze apôtres (dont St Pierre) qui, dans quatre tympans, encadrent, deux à deux, le Christ en Majesté entre deux Anges adorateurs, dans le tympan central au-dessus de l'entrée. Toutes ces statues, dont seulement quelques unes ont été restaurées, sont du XII° siècle et comptent parmi les plus belles de l'art roman.

 

Dans la tribune, au-dessus de l'entrée, les orgues de P. Miocque (1786), restaurées en 1965 par J. Beuchet.

 

Le buffet d'orgues, oeuvre du menuisier angoumoisin Jean Croizeau (1786) est orné de très belles sculptures.

 

La nef est couverte par trois coupoles dites sur pendentifs et par une quatrième,

beaucoup plus importante et plus haute, sur une base octogonale à la croisée du transept.

 

La chaire épiscopale est du XIX° siècle.

Dans le mur nord, plusieurs tombeaux d'évêques, celui de l'évêque Girard est dans le choeur.

Les murs latéraux, renforcés par des arcatures, soutiennent une galerie traversant les piles.

 

L'édifice à nef unique sous file de coupoles a été construit dans la première moitié du XII° siècle (1102-1136)

et pratiquement terminé en 1128, date de consécration de la cathédrale.

(Quelques sculptures de la façade restèrent inachevées).

 

Mutilée en 1562 et en 1568 par les calvinistes, la cathédrale est réparée de 1630 à 1634,

enfin restaurée et même en partie refaite de 1866 à 1875 par Abadie fils qui a cru devoir faire disparaître

toutes les additions postérieures au XII° siècle et a même détruit une crypte du VI° siècle.

 

Surmontant le banc d'oeuvre, un bas-relief représentant la Vierge et l'Enfant Jésus,

entre Saint Pierre et un évêque agenouillé.

Dans le dallage de la nef, face à la chaire, le tombeau de Philippe de Volvire

qui fut gouverneur de l'Angoumois, assassiné en 1585.

 

 

Dans le transept sud, le mausolée de Mgr Senaux, oeuvre du sculpteur Raoul Verlet (1895).

 

Chapelle Saint Pierre et Saint Pierre-Aumaître.

 

La croisée du transept est couverte par une coupole octogonale.

Les bras du transept sont éclairés à l'est par un oculus (refait par Abadie) et couvert en berceau.

 

À l'origine il y avait un étage animé par des arcades aveugles sous le tambour de la coupole. Au XVII° siècle des baies sont percées au centre de chaque série d'arcades. Au XIX° siècle, Abadie fit détruire cet étage pour le reconstruire en le surélevant et aménager deux baies sur chaque côté de l'octogone, puis reconstruire la coupole. Ce qui augmente considérablement l'éclairage de cette partie de la cathédrale.

 

Dans le transept nord, la chapelle de la Sainte Vierge, d'inspiration byzantine, appelle le regard jusqu'à

la voûte reposant une base octogonale au-dessus de laquelle s'élève la tour des cloches.

 

Chapelle de la Vierge et du Saint Sacrement.

 

De splendides chapiteaux sculptés de personnages, de montres, d'oiseaux et feuilles d'acanthe.

 

Trois absidioles s'ouvrent sur le choeur couvert par une voûte en cul-de-four

et deux autres voûtes sur chaque bras du transept.

 

Le maître autel d'un seul bloc de pierre, est orné de motifs en mosaïque.

La couronne de lumière et la croix sont l'oeuvre de Pierre Sabatier (2000).

 

 

L'ancien palais épiscopal

 

 

Installé au chevet de la cathédrale, l'ancien palais épiscopal a été transformé depuis 1920,

en Musée des Beaux arts. Réaménagé en 2005-2008, il abrite autour d'une nouvelle scénographie

trois collections majeures : archéologie de la Charente, arts d'Afrique et d'Océanie et beaux-arts.

 

Photo du centre : au-dessus de la grande fenêtre,

on peut voir un bandeau sculpté dont le motif figure une chasse au cerf.

Le petit jardin sur lequel donne le chevet de la cathédrale

est celui de l'actuel Musée Municipal qui jouxte la cathédrale.

 

Sous cette même fenêtre, la statue du Comte Jean de Valois, le bon Comte Jean, agenouillé, qui fut le grand-père du roi François 1er. Une statue semblable ornait son tombeau dans la cathédrale avant que celui-ci ne fut profané, au XVI° siècle, lors des guerres de Religion. L'actuelle statue date du XIX° siècle.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dictionnaire des églises de France, "Poitou, Saintonge, Angoumois"

Volume IIIC, Editions Robert Laffont, 1967

Dépliant 3 volets, disponible à l'entrée de l'église

Dépliant 10 volets "Angoulême, de bulle en bulle", O.T. Angoulême

Panneaux explicatifs présentés à l'entrée de l'édifice

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 6 juillet 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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