OUILLY-LE-VICOMTE  (Calvados)
Arrondissement de Lisieux - Canton de Pont-l'Evêque.
Région Normandie
 Population : 820 Vicomtois en 2015.

 

D'une superficie de 773 hectares, et d'une altitude de 31 à 141 mètres,

le village est situé au coeur du pays d'Auge.

Il est arrosé par le fleuve la Touques et la rivière la Paquine.

 

La paroisse de Bouttemont est citée pour la première fois dans les rôles de l'Echiquier en 1180

et mentionnée aux XV° et XVI° siècles comme une annexe de Norolles.

Bouttemont est rataché à Ouilly-le-Vicomte en 1824 et son église sera démolie.

 

 

Château de Boutemont, des XVI° et XVII° siècles

et son

jardin, classé "Jardin remarquable"
 

 

Ce prestigieux label a été attribué au parc qui s'étend sur une dizaine d'hectares,

par le ministère de la Culture.

 

La grille d'entrée, située au nord du domaine.

 

La maison du gardien, du XIX° siècle.

 

La motte castrale, élevée entre le X° et le XII° siècle.

 

Interprétation de ce qu'était à l'origine la motte féodale, d'après les relevés archéologiques effectués.

Elle fut dressée en bordure d'une voie romaine menant de Lisieux à Honfleur.

Plein fief de haubert, elle relevait de la baronnie de Fauguernon.

 

La motte de Boutemont commandait la place forte : vallée de la Touques, cette position de place forte, à la base du coteau, atteste de sa haute antiquité. Les seigneurs qui commandaient cette place portaient le nom du fief : les Boutemont. Elle a également remplit la fonction de poste d'observation jusqu'au XIV° siècle.

 

La poterne avec pont-levis.

 

Le long de l'allée centrale, se développe un ensemble de végétaux traités en topiaires.

 

Au temps de la Normandie ducale, le sire de Boutemont suivit le duc Robert Courteheuse en terre Sainte. Plus tard, au XII° siècle, sous Henri II Plantagenet, puis de Hugues de Boutemont en 1180 et Guillaume de Boutemont en 1195. (Sources "Le Pays d'Auge", septembre 1970, H. Pellerin).

 

Le château est construit sur un terre-plein entouré de profonds fossés.

La corniche à mâchicoulis supporte la toiture aux pentes amorties par des coyaux,

(disposition de charpente qui diminue la pente).

 

En 1525, Philippe Paisant (écuyer anobli en 1522 et bâtisseur du château sous sa forme actuelle), devient le nouveau propriétaire et entreprend une reconstruction seigneuriale à l’allure défensive, dans un style moyenâgeux bien loin de l’influence de l’architecture Renaissance. Grâce à des moyens considérables, ce seigneur et ses successeurs entreprendront au cours des années suivantes d’importants travaux : le creusement des douves, l’élévation de la poterne d’entrée et de 4 jolies tourelles angulaires rejointes par des murailles, ainsi que le beau logis en pierre de taille qui s’avance vers les douves.

 

Le pont dormant au-dessus des douves sèches, et les systèmes de relevage des pont-levis.

 

La poterne s'ouvre au nord par deux pont-levis, l'un pour les attelages, l'autre pour les piétons. La base de cette entrée est en pierre de taille et le niveau supérieur, en briques contenues par des chaînages de pierre. Au-dessus de la fenêtre, domine une statuette ajoutée vers 1860 qui représente Jésus flagellé, assis, portant la couronne d'épines.

 

Des tuileaux garnissent les espaces libres entre les colombages.

La face intérieure de cette poterne rappelle, par ses colombages et son hourdis tuilé, l'architecture des manoirs.

 

La cour intérieure.

 

Le large porche est surmonté d'un arc surbaissé dont la clé de pierre est gravée de la devise "faire et se taire".

Au-dessus, est disposé un fronton triangulaire

gravé d'un cadran solaire qui écoule les heures entre les signes du zodiac.

La toiture à quatre pans est couverte de tuiles polychromes en écailles.

 

La poterne et les deux longs bâtiments situés de part et d'autre, datent du XVII° siècle.

A l'origine, ils étaient à usage de communs

et dont les ouvertures ont été obstruées par de larges et hautes baies.

 

Le mur d'enceinte situé à l'Ouest a été abattu et remplacé par ce long massif de fleurs,

afin de dégager une belle perspective sur les jardins et la pièce d'eau.

 

Dès la fin du XVII° siècle, les Le Bas, originaires de la région d’Orbec et possesseurs d’importantes charges judiciaires et administratives au parlement de Rouen, sont les nouveaux propriétaires. Jean-Baptiste Le Bas entreprend alors de transformer l’ancienne forteresse en un château plus agréable et confortable. Les murailles abattues ouvrent alors une vue sur la vallée de la Touques et permettent enfin au soleil de pénétrer la cour d’honneur.

 

Ce salon, installé dans les anciens communs du château.

 

Son fils G-P Le Bas lui succéda, puis sa fille épousa David Guéroult, et leur fils David-Gabriel Guéroult, fut le dernier seigneur de Boutemont. La Révolution française (1791) contraint ce dernier à émigrer en Angleterre et le domaine ainsi que tous ses biens furent saisis et vendus en tant que « biens nationaux » à la famille Bouteiller.

 

 

Les Bouteiller, de riches bourgeois originaires de Lisieux mènent à leur tour une campagne de restauration du château et de ses terres. En 1880, à la volonté de Pauline Bouteiller une chapelle de style néo-gothique est élevée à l’emplacement qu’occupait l’église paroissiale Saint Lubin de Boutemont depuis 1652.

 

 

Le château est laissé à l’abandon durant un siècle, avant que M. et Mme Drouilly en fasse l’acquisition en 1920 et le sauve de la ruine. Le travail de restauration et d’aménagement est l’œuvre de Mme Drouilly qui consacra une formidable énergie afin de redonner un nouvel éclat à ce château qu’elle aimait tant (construction de l’orangerie et de la maison du gardien).

 

Escalier d'accès à la mezzanine, transformée en bibliothèque.

 

À l’été 1944, de violents combats eurent lieu autour du château qui devint quelque temps un des sièges de la Gestapo. Un certain nombre de résistants y furent interrogés tel que le docteur Hautechaud de Fervaques, déporté et mort à Buchenwald. Le Maréchal Von Rundstedt, chef de l’armée de l’ouest de la France, séjourna lui aussi dans ce lieu. Plus tard un hôpital de campagne y fut aménagé et de nombreux blessés allemands puis anglais (à la libération) y souffrirent et y moururent.

 

 

Le bâtiment central est composé, extérieurement, d'un haut mur de pierre qui fut surmonté, vers 1770,

de colombages. L'intérieur se différencie par une base essentiellement en briques, à l'identique de la poterne.

Le logis d'habitation, édifié en 1540, est situé au sud. Il est principalement fait en pierre.

Seule sa façade Est se différencie par un bel ensemble de colombage.

 

Par la suite, le château a été loué un temps à Bruno Coquatrix, ex-maire de Cabourg et ancien directeur de l’Olympia de Paris. C’est dans ce cadre calme et retiré qu’il invitait ses amis, les célébrités comme Charles Aznavour, Mireille Mathieu, Alain Delon et bien d’autres.

 

 

L'ancien puits et la tourelle d'angle, offrant une vue imprenable sur les jardins.

 

Le château se compose de trois parties principales : la poterne au nord, un bâtiment central à l'est

et le logis d'habitation au sud. L'ensemble est flanqué, à chaque angle, de tours en pierre.

 

La façade septentrionale avec pont-levis.

 

Bâtie entre deux tours cylindriques, à l'aplomb des douves,

cette longue construction est conçue sur une haute base de pierre datant du XVI° siècle.

Cette base est surmontée d'un étage en pans de bois ajouté vers 1770.

 

L'arrière du château.

 

Alors qu'au XVI° siècle, époque de construction du château, la Renaissance influençait l'architecture,

on construisit ici un édifice moyenâgeux aux allures défensives.

 

De petites allées permettent de descendre à l'arrière du château.

 

Grâce à des moyens considérables, Philippe Paisant entra en possession du domaine en 1538.

Il entreprit le creusement des douves (en eau à l'époque), l'élévation des tours d'angles

et des murailles qui les rejoignaient ainsi que le beau logis en pierre de taille

qui s'avance vers les douves dans cette partie sud.

 

 

Deux latrines sont accrochées sur le pignon du bâtiment.

 

Depuis le bassin, vue sur le château et la cour d'honneur.

 

L'angle des douves et perspective sur l'arrière du château.

 

La chapelle seigneuriale, dédiée à Saint Lubin..

 

 

Cette chapelle a été construite dans un style néo-gothique par Pauline Bouteiller en 1880,

et qui est enterrée dans cette chapelle.

 

 

 

Les murs et le plafond ont été restaurés par Mme Pasquier, décoratrice à Lisieux.

Le retable, la croix et les candélabres d'angle ont été restaurés à la feuille d'or ces dernières années.

 

Le pressoir.

 

Situé au pied du coteau, le pressoir datant de la fin du XVI° ou début du XVII° siècle.

 

Le pressoir permettait de traiter les pommes à cidre récoltées sur le domaine.

 

Les jardins à la française.

 

À l'opposé de l'art paysager britannique qui avait gagné la France du XIX° siècle,

le grand architecte des jardins Achille Duchêne

impose alors un retour à la tradition des jardins à la française.

 

Les sangliers, situés face à l'allée principale menant au château,

et à l'accès de l'Allée des chênes rouges, et la motte féodale.

 

Parmi les topiaires se trouve une maisonnette qui était,

à l'époque des Drouilly, l'abri des paons.

 

Les grands topiaires d'ifs ainsi que les deux cèdres qui encadrent l'allée principale

témoignent de l'art de l'architecte paysagiste Achille Duchêne.

Le jardin français est le prolongement de la demeure. Il domestique et ordonne la nature selon les principes

de la géométrie, de l’optique et de la perspective, et est dessiné comme un édifice, en une succession de pièces.

 

M. et Mme Drouilly, industriels parisiens qui ont fait fortune dans la confection de chapeaux de feutre, deviennent propriétaires de Boutemont, en 1920. Il semble qu'ils aient fait appel à Achille Duchêne, architecte paysagiste, pour dessiner les jardins. C'est lui qui a propagé l'art paysager français des XVII° et XVIII° siècles à travers le monde. De nombreux aménagements ont été apportés au parc d'origine par le chef jardinier Alain Liabeuf, sur des plans essentiellement dessinés par l'architecte paysagiste Georges Hayat.

 

La promenade qui domine le château.

 

Un relevé cadastral de 1800 témoigne de l'existence de ce replat bien avant les travaux d'Achille Duchêne.

Le château devait être alors entouré de vergers, de potagers et de promenades.

 

La plupart des arbres de ce parc ont été plantés au début du XX° siècle.

 

Face aux fossés, un magnifique catalpa.

Les bordures végétales, les buis taillés en boules et en canapés

sont dus aux dessins de Georges Hayat, architecte paysagiste.

 

Le temple de Salomon.

 

Au-delà des grilles s'étend un vaste espace organisé de part et d'autre d'une avenue arborée

qui conduit à une composition végétale évoquant le Temple de Salomon, roi d'Israël (vers 970-931 avant J.C.).

Ce temple renfermait l'Arche d'Alliance, un coffre sacré dans lequel Moïse enferma les Tables de la Loi

que Dieu lui donna sur le Mont Sinaï.

 

Devant le rideau de conifères, une statue de patineuse, oeuvre du sculpteur Diagne Chanel.

 

Le bassin.

 

Le bassin fut certainement dessiné par Achille Duchêne vers 1930.

Il fut creusé à l'emplacement d'un massif fleuri.

 

Un angelot portant un dauphin orne la fontaine.

Le décor du bassin aux haies de hêtres et aux colonnes d'ifs

sont également dus aux dessins de Georges Hayat, architecte paysagiste.

 

A l'entrée du miroir d'eau, les nénuphars commencent à fleurir.

 

La statue d'un dauphin faisant naître un jet d'eau.

 

Façade du château donnant sur le bassin.

 

Cette jolie petite maison était jadis, l'abri d'un poney.

 

La chambre de verdure.

 

Afin de concrétiser la liaison entre le château et un autre ensemble de jardins,

l'architecte paysagiste Georges Hayat à conçu une longue allée,

bordée de cylindre d'ifs et de vases fleuris, qui conduit vers la chambre de verdure.

 

Ce vaste espace gazonné est limité par des haies d'ifs soigneusement taillés.

Ces cloisons végétales sont percées d'arches garnies de rosiers. Dernière nouveauté : le jardin chinois.

 

Le jardin italien.

 

Ce jardin, au tracé géométrique est matérialisé par des haies de buis de différentes hauteurs.

Il s'inspire de la Renaissance italienne.

 

Sa végétation évoque les jardins de Toscane : topiaires d'ifs, magnolias palissés, éléagus

et lauriers nobles taillés, kakis, fruitiers et, en arrière plan, d'étroits cyprès.

 

La fontaine.

 

L'orangerie et la maison du jardinier.

 

L'orangerie est un long bâtiment construit en pans de bois

qui s'ouvre sur l'extérieur par de nombreuses portes vitrées.

 

 

L'orangerie permet d'abriter pendant l'hiver les plantes trop fragiles,

comme les agrumes, les daturas, les géraniums...

 

Le potager et la serre.

 

 

La serre a été restaurée en 1990, et assure la production des plantes destinées à la décoration du parc.

 

Les sangliers - Escalier permettant l'accès à l'allée des chênes rouges et à la motte féodale.

Escalier pour rejoindre la serre et le jardin des papillons.

 

Le jardin des papillons.

 

 

Conçu en 2011, le jardin des papillons réunit de nombreuses variétés de plantes à fleurs

qui attirent les lépidoptères (papillons).

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.chateau-de-boutemont.fr/

Patrimoine Normand, "Château de Boutemont", n° 85, Printemps 2013

"Château de Boutemont", Philippe Déterville, Editions A & H.S, 2011

Dépliant Château de Boutemont, de 12 pages, remis à l'accueil

Visite et photos, Chantal Guyon, le 30 août 2018

 

 

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