FERVAQUES  (Calvados)

Ancienne commune devenue le 1° janvier 2016 une commune déléguée

au sein de la commune nouvelle de Livarot-Pays-d'Auge.
Arrondissement de Lisieux - Canton de Livarot

Région Normandie.
 Population : 685 Fervanquois en 2015.

 

D'une superficie de 1.067 hectares, et d'une altitude de 73 à 197 mètres,

le village est traversé par le fleuve la Touques, et les ruisseaux La Fontaine du Noyer et du Val Miesse.

Etymologie : le nom vient du latin "fabrica" (forge) qui est devenu Fervaches au XIV° siècle.

Les normands en ont fait Fervaques.

 

 

Château le Kinnor, ou Domaine de Fervaques

 

 

Le domaine du château Le Kinnor à Fervaques-Cheffreville s'étend sur 7 hectares

sur lesquels s'établissent : le château, le manoir, la poterne, le colombier, les communs,

le pavillon, le home, le préau, l'Ermitage de Florence, l'Espace Teilhard de Chardin et le lavoir.

 

Vue aérienne avant 1970.

Ce vaste ensemble architectural est l'un des plus importants de la Vallée d'Auge.

 

Ce domaine eut, entre autres propriétaires, le maréchal de Fervaques, les de Bullion, les Montmorency-Laval

la marquise de Custine, le comte de Porte puis par alliance les de Montgommery. »

 

La longue allée menant au château entouré par les eaux de la Touques.

 

La poterne.

 

Au fond de l'allée, la poterne du château, du XV° siècle, est la partie la plus ancienne.

C'est le dernier bâtiment construit pour Guillaume de Hautemer, maréchal de France (1538-1613).

 

Le pont enjambe la Touques, fleuve se jetant dans la Manche entre Trouville et Deauville.

Les mâchicoulis incrustés sur la façade extérieure, permettaient la mobilité du pont-levis.

A gauche de la poterne, la pisciculture où la Touques joue un rôle important :

elle alimente une douzaine de bassins, et produit annuellement

entre trente et quarante tonnes de truites destinées principalement aux étangs de pêche.

 

Depuis le château et la cour intérieure, vue sur la poterne.

 

L'aspect arc de triomphe n'est pas sans rivaliser avec les modèles romains

dont s'inspire la Renaissance ambiante.

 

La poterne abrite deux cachots au rez-de-chaussée, deux niveaux de garde et un colombier possédant encore ses alvéoles qui emplissent les soupentes de la haute toiture. Ce site militaire abritait l'intendance du maréchal de France, Guillaume de Hautemer. Henri IV l'appréciait car il lui conféra l'Ordre du Saint Esprit et le nomma Lieutenant général du gouvernement de Normandie.

 

La cour d'honneur :  le château.

 

Le puissant chef d'Armée, Guillaume IV de Hautemer, commande ce vaste édifice,

à la mesure de ses ambitions de Maréchal de France.

Il voudra faire honneur à sa seconde épouse, Anne d'Alègre, comtesse de Laval,

à l'occasion de leur mariage en 1599.

 

Guillaume de Hautemer, chevalier, comte de Châteauvillain, baron puis duc de Grancey, seigneur de Fervaques, est né en 1537 ou 1538 au château de Fervaques, et mort le 14 novembre 1613. Il est fait maréchal de France en 1597, et sa fortune est due à son mariage, ses fonctions et aussi du produit de pillages. Il commença sa longue carrière militaire sous François 1er , puis servit successivement Henri II, Charles IX, Henri III et Henri IV. Il fit partie de toutes les expéditions militaires de son temps et prit part également à l’assaut final dirigé contre Gabriel de Montgommery, et il fut d’ailleurs blessé lors de la rencontre.

 

Construit en 1597 par l'architecte François Gabriel qui signe ici son chef d'oeuvre,

le château est formé d'un logis gothique, complété d'une importante aile en brique et pierre à bossages.

 

Deux pavillons carrés encadrent le vaste corps de logis.

 

Le château abrite un platane de 530 ans. Il est impressionnant par sa taille et sa force.

Il est labellisé depuis mai 2002 par le muséum national d'histoire naturel comme "arbre remarquable de France".

 

C'est le plus vieux platane de France, avec ses 14 mètres de circonférence à 1 m 50 du sol, d'une hauteur de 25 m. et 36 m d'envergure pour une superficie couverte de 1000 m². Plusieurs arbres sont probablement dûs à Chateaubriand. Il en aurait planté entre 1803 à 1823, lors de ses trop courts séjours au château, alors propriété de la "Reine des Roses", Delphine de Custine, Marquise de Sabran, éprise du célèbre écrivain.

 

La famille de Custine.

 

« J'ai laissé la paix et le bonheur à Fervaques. Mille tendresses aux amis, et même au vieux château. J'aime ses murs, ses eaux et son antique chambre de Henri IV. A vous cet attachement qui vous poursuit partout et dont je vous accable depuis je ne dirai pas combien d'années. » Chateaubriand à Delphine de Custine, 1821.

En 1803, le domaine se trouvant sans héritier, l'écrivain François-René de Chateaubriand, à l'époque secrétaire d'ambassade à Rome, demanda alors à son égérie, Delphine de Custine, marquise de Sabran, d'acheter cette demeure (à la duchesse de Luynes). Chateaubriand vint souvent retrouver « la paix et le bonheur » à Fervaques, et il y écrivit même une partie des Martyrs, et notamment l'épisode de Velléda, personnage que lui inspira la maîtresse des lieux que l'on surnommait « La Reine des Roses ».

Celle-ci organisa même un cercle littéraire avec les grands poètes du moment, et notamment Chênedollé, Sainte-Barbe, et Astolphe de Custine, son fils. ​Delphine de Custine s'éteignit en 1826 à Bex, près de Lausanne où se trouvait Chateaubriand au même moment. Elle fut enterrée par son fils dans la petite chapelle du cimetière d'Auquainville, paroisse voisine à laquelle alors est rattachée Fervaques.

Astolphe de Custine, auteur du célèbre récit de voyage La Russie en 1839, hérita du domaine à la mort de sa mère, mais le revendit après trois années. Il acquit alors un château à Saint-Gratien (95), où il reçut les artistes les plus éminents de son époque : Balzac, Hugo, Chopin, Delacroix, Musset, Stendhal ou encore Lamartine. Il s'y éteignit le 25 septembre 1857 et partit rejoindre les terres de Fervaques pour demeurer à jamais auprès de sa mère, dans la petite chapelle d'Auquainville. »

 

François Gabriel reprend la tradition normande de l'appareillage pierres et briques dans sa construction.

Cependant il les place ingénieusement, faisant ressortir les pierres aux angles arrondis,

il les dispose encore en quinconce et en rangées d'épaisseurs différentes.

Les hautes cheminées sont renforcées à leur base par des volutes.

 

La cour des communs.

 

Cette partie arrière du château laisse apparaître une composition très ancienne

avec sa tour octogonale flanquée de deux pavillons carrés.

 

La grande pente du toit s'est vue attribuée

au fur et à mesure des nécessités domestiques de charmantes petites lucarnes.

A l'angle du château des meurtrières marquent bien un lieu et un domaine militaire protégés et gardés.

 

Le raccrochement de cette ancienne partie XIV° siècle au château fin XVI° siècle est très visible de cet endroit.  La base de la toiture est ornée de consoles alternant avec des fleurs sculptées dans la pierre. Le pavillon nord du château présente des fenêtres à l'étage supérieur, en encorbellement, volonté d'un allègement. L'étage d'apparat est ouvert par de hautes fenêtres de plus de 4 mètres, préfigurant ce qui, deux siècles après, donnera les alignements des hautes et larges fenêtres symétriques, caractéristiques du XVIII° siècle.

 

La façade Ouest sur douve.

 

Les pierres en bossage, leurs alignements variés, leurs épaisseurs différentes, les couleurs,

tout converge pour donner à cet édifice le label :

"Joyaux de la construction de la fin du XVI° siècle" (décret du 2 mai 1995).

 

Cette façade est longue de 60 mètres et offre une très belle harmonie.

 

Les deux pavillons carrés, enserrant le corps de logis, se reflètent dans les douves qui délimitent actuellement la propriété. Elles sont alimentées principalement par le fleuve la Touques. Des canaux et un système hydraulique permettent de rejeter cette eau dans la Touques.

 

Encore un arbre "classé remarquable", cet imposant hêtre pourpre, d'un équilibre parfait.

Son âge est estimé entre 200 à 250 ans. D'une circonférence de 6,45 m à 1 m du sol, il est haut de 24 m.

 

 

 

La salle des gardes.

 

 

La grande salle des chevaliers.

 

Le manoir abrite la chambre où séjourna Henri IV en 1590, venu négocier avec le maréchal de Hautemer, fin stratège, les conditions de sa coopération dans la reconquête de l'unité entre Français catholiques et Français protestants, qui aboutira huit années plus tard à l'Edit de Nantes. »

 

L'escalier gothique, mais on peut également découvrir : la salle François Gabriel, la suite des salons,

le déambulatoire en colombage, l'ancienne salle à manger devenue Chapelle de la Communauté.

 

Le colombier.

 

Vestiges du colombier, du XVI° siècle.

 

La famille de Montgommery qui occupa ensuite le château, lui redonna un certain lustre en y rassemblant des collections d’objets et des documents historiques.

Après avoir été vendu à la Caisse d’Allocations Familiales de la Seine-Maritime qui le transforma en aérium, la propriété fut une nouvelle fois divisée entre la commune de Fervaques et l’Association qui occupe le château avant d’être de nouveau réunie par cette dernière.  Cette Association Le Kinnor, fondée en 1970 par Jean-Claude Lhotel, oeuvre pour l'insertion et l'intégration de personnes handicapées et non handicapées. Acquise en 1982 par son fondateur, il en fait un Centre de Vacances-Culture-Loisirs-Tourisme pour tous.

 

 

Eglise Saint Germain, des XII° et XIX° siècles.

 

 

L'édifice dépendait du doyenné de Livarot.

Un pèlerinage à saint Just avait lieu dans l'édifice une fois par an au mois de mai selon Arcisse de Caumont.

 

Vues aériennes avant 1970.

L’église Saint-Germain se situe au centre du village de Fervaques, le long de la route principale de la commune.

 

La tour est en poudingue (roche sédimentaire formée d'un conglomérat de cailloux).

Massive, elle est allégée par sa flèche. L’édifice est orienté, de plan en croix latine et comporte cinq travées.

 

La tour romane et le reste font l'objet d'une large réfection en 1891-1896,

sous la direction de l'architecte Charles Lucas.

Elle possède deux contreforts et le beffroi est couvert en ardoise et d'une flèche du XVI° siècle.

La toiture, de style Fry, comporte une horloge et, sur ses quatre côtés,

une série de huit abat-sons sur deux niveaux.

 

 La façade principale est orientée vers le sud. Elle ne comporte qu’un niveau surmonté d’un fronton triangulaire.

Le portail est encadré par quatre piédroits supportant une voussure en arc brisé et un tympan orné d’un trilobe.

La voussure extérieure est dentée.

 

Le chevet est plat. Ce dernier est flanqué d’une tour-clocher et d’une chapelle.

Au nord, une annexe est peut-être la sacristie.

Les murs gouttereaux sont percés chacun de baies en arc brisé. Le mur sud comporte une porte. Les extrémités

du transept sont percées d’une composition pyramidale de vitraux, deux vitraux en arc brisé et un vitrail circulaire.

 

Depuis le choeur, vue sur le portail occidental et la tribune.

 

La tribune et verrière du XIX° siècle, de Haussaire. Vierge à l'enfant du XIX° siècle.

 

Les vitraux ont été refaits par le maître-verrier Charles François Haussaire.

 

Depuis l'entrée, vue sur le choeur.

 

 

Les chapelles latérales ont été ajoutées au XIX° siècle.

 

 

Le chevet est orné de trois vitraux longitudinaux formant une composition triangulaire.

 

Les peintures historiées réalisées dans le courant du XIX° siècle.

 

Les travaux  du XIX° siècle consistèrent en l'agrandissement de la nef, la réfection des charpentes et couvertures, la reconstruction du chevet, la restauration totale du choeur, de nouveaux vitraux signés Haussaire, et la construction de deux chapelles latérales. Un nouveau mobilier fut acheté et un décor créé, en particulier dans le choeur avec des peintures historiées.

 

 

Le village

 

 

Vue aérienne avant 1970.

Le bourg est constitué de jolies maisons en bois et briques rouges groupées autour de l'église.

 

Autour de la fontaine, un ensemble de maisons en colombages borde la rue

du docteur Hautechaud, chef du réseau local de la Résistance.

 

L'ancien four à pain du presbytère.

 

Fervaques est d’abord un simple fief de la baronnie d’Auquainville. La terre passe aux mains de la famille de Hautemer. Guillaume de Hautemer, connu sous le nom de maréchal de Fervaques, participe aux guerres de Religion dans le parti calviniste. Il conduit le saccage de la cathédrale de Lisieux en 1562.

 

Le peintre impressionniste Eugène Boudin (1824-1898) venait passer souvent des vacances chez ses amis Eugène et Stéphanie Jacquette, entre 1869 et 1897. Il en a laissé quelques toiles : "Entrée du village", 1881 (Musée Baron Gérard à Bayeux), "Les vaches dans la vallée de la Touques", 1882, (Musée Boudin à Honfleur), et  "Place de la Fontaine",1888.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.chateaulekinnor.com/

http://www.patrimoine-religieux.fr/

Fiche Mérimée PA14000024/http://www2.culture.gouv.fr/
Dépliant 3 volets "Fervaques" O.T. du Pays de l'Orbiquet

Dépliant 24 pages, guide du visiteur, Edition le Kinnor, 2010

C.P.A. collection privée en prêt

Visite guidée et photos, Chantal Guyon, le 19 juillet 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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