CANAPVILLE  (Calvados)
Arrondissement de Lisieux - Canton de Pont l'Evêque.
Région Normandie
 Population : 219 Canapvillais en 2015.

 

D'une superficie de 250 hectares, et d'une altitude de 3 à 115 mètres,

le village est situé au sud-ouest et au nord-ouest de la vallée de la Touques et celle du Douet Vacu,

et a la forme d'un village-rue.

Etymologie : de l'anthroponyme Knapi et du latin villa, domaine

 

 

Le manoir des évêques de Lisieux,

du XV° siècle.

 

 

À l’origine, c'est un petit château fortifié, dont l’unique vestige est une ancienne tour octogonale en pierre

datant du XIII° siècle. Le manoir des Évêques porte bien son nom, car la bâtisse appartenait à l’évêché de Lisieux.

L’évêque y venait surtout l’été. C'est l'un des manoirs du Pays d'Auge le mieux conservé.

 

On voit au milieu de la cour, un imposant colombier de la fin du XVI° siècle.

(Dessin de M. Bouet, Statistique monumentale du Calvados, d'Arcisse de Caumont, 1867).

 

De base carrée (rare en Pays d'Auge),  le colombier est dressé en colombage sur un muret de pierre. Son toit à quatre versants, dont la pente est adoucie par des coyaux, évoque celui des pagodes asiatiques. Il n'existe plus, victime d'un incendie après la Première Guerre mondiale, il a été complètement démantelé.

 

La bâtisse servant de lieu d'accueil et de billetterie était la vacherie.
L'entrée du domaine n'est plus celle d'origine. Elle se faisait jadis à l'Est

au moyen de deux portes, l'une charretière, l'autre piétonne.

 

Roger, évêque de Lisieux, récupéra le manoir auprès du duc Richard II, vers la fin du XI° siècle. Cet ancien manoir épiscopal n'a conservé aucun élément de l'époque où les évêques y séjournaient. Le manoir actuel a vraisemblablement été construit par Louis Despassants. A sa mort, cette noble vavassorie de la baronnie de Touques passe entre les mains des vavasseurs successifs.

 

Le verger, et façade arrière de l'ancienne vacherie.

 

Façade du Logis, côté cour

 

Le manoir des évêques révèle la noblesse de sa présence par le jeu de ses toitures

et son imposante souche de cheminées en pierres rehaussées de briques.

La structure est complexe car elle est la résultance  de formations, de suppressions et d'ajouts au fil des siècles.

 

La toiture est coiffée de deux lucarnes : l'une, haute et large,

est disposée en encorbellement tandis que l'autre est plus petite et plus discrète.
celle de gauche, réalisée entièrement en colombages, correspond au logis seigneurial.

 

La tour octogonale du XIII° siècle, et ses deux corps de logis datés du XV° siècle.

Le logis, avec à droite, le cellier, l'avant-solier, le pressoir et le grenier à pommes.

 

Jouxtant la cheminée de la grande salle, le passage vers l'escalier en pierre de la tour polygonale.

 

Les meubles du XVIII° siècle forme une décoration originale et pleine de charme.

Dans cette salle, au moyen-âge, l'on faisait la cuisine et prenait les repas. A l'intérieur,

une cheminée monumentale, appartenant à l'ensemble du XIII° siècle, ainsi que,

sur les poutres des fleurs de lis, vestiges sans doute, de la fin de la guerre de Cent Ans ans.

 

Le pressoir du XVII° siècle.

 

Jouxtant le grand logis, au rez-de-chaussée, le pressoir,

et l'escalier d'accès à la grange située au-dessus du pressoir.

 

 

Le pressoir à cidre montre son tour à piler en granit et sa presse à longue étreinte.

S’il n’est plus utilisé depuis 1950, il est très bien entretenu par son propriétaire.

 

 

La façade arrière du logis, donnant sur l'église et le jardin médiéval.

 

Le petit Manoir.

 

Cette troisième bâtisse est l'ancienne maison du fermier. Elle a été construite dans le prolongement

du logis seigneurial, mais selon un angle oblique. Réalisée en colombages, elle présente une façade symétrique.

 

Le petit manoir et à droite, le logis avec sa tour octogonale du XIII° siècle.

 

L'ancienne maison du fermier avec la tête d'un évêque sculptée sur le poteau séparant les portes jumelées.

 

Cette tête d’évêque, nul ne sait qui l’a façonnée. D’anciens propriétaires qui voulaient rendre hommage aux précédents occupants, peut-être. Certains racontent que cette tête représente Pierre Cauchon (il a été évêque de Lisieux), ordonnateur du procès de Jeanne d’Arc… Mystère !

 

 

La salle à manger du petit manoir, avec meubles Directoire français,

porcelaines chinoises et vietnamiennes (principalement Ming).

Mariage réussi entre la vieille demeure en colombage

et les objets anciens parmi lesquels les porcelaines "bleu et blanc" tiennent une place de choix.

 

A l'intérieur du Petit Manoir une salle à manger et un petit salon, agrémentés d'une cheminée du XVIII siècle, et subtilement décorés de meubles de la période Louis XV et Louis XVI, ainsi qu'une collection de porcelaines de Chine "Bleu et Blanc", témoins non plus de l'histoire propre du manoir, mais de celui de son propriétaire, qui ayant séjourné en Extrême-Orient, a voulu offrir aux visiteurs l'occasion de voyager non plus seulement dans le temps, mais aussi dans l'espace.

 

 

Façade du petit manoir donnant sur le jardin.

 

La grange.

 

 

Façade côté jardin.

 

Façade côté église.

 

L'écurie.

 

Le manoir seigneurial a toujours été, très certainement, le centre d'une exploitation agricole

dont les divers bâtiments étaient regroupés autour d'une cour entièrement close.

 

Le jardin.

 

Dans jardin, se mêlent des plantes locales et exotiques.

 

 

Ce large espace invite à la promenade tandis qu'une pièce d'eau reflète l'arachnéenne beauté

des larmes végétales des saules pleureurs.

 

Face à l'entrée actuelle, cette allée mène à petit bois appartenant à la propriété.

 

 

L'église Saint Sulpice,

des XII° et XIX° siècles.

 

 

Datée du XII° siècle, l'église fut détruite, puis remplacée par un édifice en brique au XIX° siècle.

 

La nef présente une porte ogivale du XIII° siècle dont la voussure repose sur des colonnettes à chapiteaux.

A droite, vue sur l'église depuis le jardin médiéval du manoir des évêques.

 

Les pierres des murs latéraux qui laissent apercevoir le dessin de feuilles de fougères

remontent probablement au XII° siècle.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.bmlisieux.com/
Prospectus "Manoir Canapville", remis sur place

Patrimoine des communes du Calvados, Tome II

Editions Flohic, 2001

C.P.A. collection privée en prêt

Visite guidée et photos, Chantal Guyon, le 30 août 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville