BANNEVILLE-LA-CAMPAGNE  (Calvados)
Arrondissement de Caen - Canton de Troarn
Région Normandie
 Population : 166 Bannevillais en 2015.

 

D'une superficie de 644 hectares, et d'une altitude de 3 à 24 mètres,

le village est arrosé par les ruisseaux de Cagny et du Pont de Bale.

 

En 1828, Banneville-la-Campagne (30 habitants en 1821) absorbe Guillerville (100 habitants,

au sud-est du territoire) et Manneville (47 habitants, au sud-ouest).

 

Etymologie : de l'anthroponyme scandinave Biarn et du latin villa, domaine.

 

L'église Notre-Dame, construite en 1960, selon les plans de l'architecte René Ambier.

L'ancienne église a été totalement détruite au cours des combats de juillet 1944.

 

 

Cimetière militaire Britannique,

de la Seconde Guerre Mondiale.
 

 

Entrée du cimetière, avec entre deux haies, l'allée engazonnée menant jusqu’aux dix-sept carrés de tombes.

 

 

Un petit bâtiment abrite le registre des morts. La plaque commémorative 1939-1945 mentionne :

"Le terrain a été offert en don par le peuple français pour que puissent y reposer à jamais

les restes des marins, des soldats et des aviateurs à la mémoire desquels honneur est rendu ici".

 

Le cimetière militaire de Banneville-la-Campagne comprend 2.175 tombes où sont ensevelis :

2.150 Britanniques, 141 Canadiens, 5 Australiens, 2 Néo-Zélandais, 5 Polonais et 2 non identifiés.

 

 

La majorité des soldats enterrés dans ce cimetière ont été tués lors de l'opération "Goodwood"

et pendant la libération de Caen en juillet 1944.

 

Lors de la bataille de Normandie, Guillerville est attaqué le 19 juillet 1944 par la 3° division d'infanterie britannique dans le cadre de l'opération Goodwood, visant la prise du bourg de Troarn situé plus à l'Est. Les tanks britanniques de la 27° brigade blindée se heurtent aux chars de la 21° Panzerdivision et des chars Tigre du 50° bataillon de chars lourds. Le village sera finalement libéré mais Troarn ne sera pas atteint.

 

L'opération Goodwood

 

C'est une opération militaire alliée pendant la bataille de Normandie (Seconde Guerre mondiale)

du 18 juillet au 20 juillet 1944, qui vise à dégager Caen,

en réalisant une percée à l'Est de la ville par une attaque massive de blindés.

 

Après les succès initiaux du débarquement, l'armée alliée était stoppée. La ville-clé de Caen n'avait pas été prise comme planifiée ; elle était encore entre les mains des forces allemandes malgré un mois d'intenses combats. Le bocage normand offrait de nombreux obstacles aux opérations d'attaque mais le terrain plus dégagé vers l'Est, entre Caen et Vimont, paraissait plus favorable. La plus grande opération de blindés en Europe de l'Ouest fut prévue sous le nom de code « opération Goodwood ». Les corps blindés de la 2° Armée furent choisis pour mener l'attaque, et bien que devant être coûteuse, certains commandants alliés avaient de grands espoirs de percée. Le 8° Corps, constitué des 11° et 7° divisions blindées et celle des Gardes, formait la force principale. Le but était de repousser les Allemands des hauteurs du pont de Bourguebus. Une force canadienne couvrirait le flanc Est et l'infanterie britannique celui de l'Ouest. Le plan était développé par le général britannique Miles Dempsey et fut approuvé par le commandant en chef, le général Montgomery le 10 juillet.

L'attaque alliée eut certains problèmes dès son déclenchement : les blindés devaient traverser l'Orne et le canal de Caen pour atteindre le champ de bataille mais faire mouvement trop tôt aurait alerté les Allemands. Rétrospectivement on peut se rendre compte que les blindés passèrent trop tard à l'attaque : les huit cents chars d'assaut furent fortement ralentis par le goulot d'étranglement des trois ponts sur l'Orne et quand ils atteignirent la zone assignée ils eurent à affronter un autre problème : l'endroit avait été miné abondamment non seulement par les Allemands mais aussi par les Alliés — dans les semaines après le débarquement de juin, de grandes surfaces avaient été minées mais sans en garder le relevé, ce qui bloqua la 11° division. Un autre problème sous-estimé était les nombreux petits villages, défendus chacun par une petite garnison bien équipée, protégée par un réseau de tunnels.

Le bombardement préalable fut effectué par 2.077 bombardiers lourds et moyens lâchant plus de 7.800 tonnes de bombes. Les positions allemandes à l'est de Caen furent soumises à un tapis de bombes et beaucoup de villages furent transformés en amas de ruines, ce qui réduisit les défenses allemandes en les désorganisant. Pendant une période courte les défenseurs furent transformés en des groupes épars, aux effectifs durement touchés par les bombardements, et aux hommes assommés et peu résistants.

Les premières avancées par les blindés alliés, entreprises sous le barrage d'artillerie furent lentes, bien que ne rencontrant que peu d'opposition. Lorsque la voie de chemin de fer Caen-Vimont fut atteinte, les Allemands s'étaient regroupés. Le Fife et Forfar Yeomanry perdit douze chars à Cagny quand les canons antiaériens de 88 mm furent tournés sur eux : un seul tir au but sur un Sherman était le plus souvent suffisant pour le réduire à une épave en flammes. Les Alliés poussèrent lentement et traversèrent la ligne pour approcher la côte de Bourguebus, où ils furent en contact avec la 211° division Panzer et la 1° division Panzer SS. Plus de soixante-dix chars Sherman furent détruits avant que les Alliés ne reculent. Les blindés allemands contre-attaquèrent et les combats continuèrent sur le plateau et autour de Hubert-Folie jusqu'au 19 juillet, au moment où la moindre chance de percée était perdue.

En tout, les Alliés avaient étendu leur contrôle sur une dizaine de kilomètres à l'Est de Caen et détruit plus de 100 Panzers allemands dont de nombreux Tiger, mais perdu 437 blindés et plus de 6.000 hommes. Si les entrepôts des têtes de pont pouvaient compenser les chars perdus, la perte en hommes, elle, était catastrophique. Montgomery dit lui-même qu'il avait été trop optimiste lors d'une conférence de presse, le 18 juillet. Leur action donna cependant à l'opération Cobra par l'armée américaine une meilleure chance de succès.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Le patrimoine des communes du Calvados, Tome II, Editions Flohic, 2001

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 26 juillet 2017

 

 

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