MOULINS  (Allier)
Arrondissement de Moulins - Canton de Moulins.
Région Bourgogne-Franche-Comté
 Population : 19.762 Moulinois en 2014.

 

Avant 1970, vue aérienne et le pont des Régemortes, conçu en 1704-1710

par Jules Hardouin-Mansart et rebâti en 1753 par l'ingénieur des ponts et chaussées

Louis de Régemortes après son effondrement en 1711. Construction terminée en 1763.

Il est un des premiers et des plus grands construits en France

avec une longueur de 301,50 mètres.

 

C'est à la fin du X° siècle, en 990, que Moulins apparaît dans les textes : quatre frères vendent à l'abbaye de Cluny la chapelle qu'ils possèdent " in villa Molinis ". Au siècle suivant, un château est signalé. En 1206, la famille de Breschard, seigneur de Moulins, l'échange contre la baronnie de Bressoles qui appartient aux sires de Bourbon. Ceux-ci la conserveront jusqu'en 1527.

 

 

La cité ducale

 

 

La vie municipale et économique de Moulins commence lorsque Archambault VI, sir de Bourbon, accorde une charte de franchise en 1232. Le versement d'un impôt collectif garantit aux habitants la conservation de leurs biens et de leur héritage. Cette charte attire une nombreuse population. De village, Moulins devient une ville d'un millier d'habitants au milieu du XIII° siècle.

 

La Malcoiffée.

 

Cette tour fut construite à la fin du XIV° siècle, sous le règne de Louis II de Bourbon,

à l'emplacement de l'ancien donjon du château. Un jour,

le duc qui la contemplait s'exclama : "C'est une belle tour, mais elle est mal coiffée".

Ce surnom devait lui rester à travers les siècles.

 

Cet édifice qui mesure 45 m de hauteur sur une assise de 15 m sur 20 m,

comporte sept niveaux (composés chacun de deux salles)

au-dessus du sol, et deux niveaux au-dessous.

 

Initialement bibliothèque de la résidence des Ducs de Bourbon,

puis prison jusqu'en 1964, elle servit l'Occupant de lieu de détention

pendant la Seconde Guerre Mondiale.

 

Le Palais ducal.

 

 

Le château à l'origine, est alors un simple avant-poste des Bourbons en direction de la Bourgogne. En 1366, le Duc Louis II de Bourbon, revenant d'Angleterre où il avait été otage pendant six ans, trouve le château de Moulins en très mauvais état, et engage sa reconstruction.

 

Le château au temps de la Fronde au XVII° siècle.

Le château est mentionné pour la première fois en 1049.

 

 

En 1371-1375, le château semble déjà en grande partie reconstruit : il s'incorpore au flanc ouest de l'enceinte urbaine. Ce premier palais ducal nous est connu par l'armorial de Guillaume de Revel, dressé au XV° siècle. Il s'étendait alors au sud de l'énorme tour, la "Malcoiffée".

 

Armorial de Guillaume de Revel.

 

Le dessin représente une vue topographique d'une ville fortifiée, la capitale du bourbonnais, Moulins-sur-Allier. L'exploration de l'image invite à découvrir la ville médiévale, à examiner les éléments architecturaux du château afin de comprendre sa fonction, tant défensive que résidentielle, puis à pénétrer le tissu serré de la ville fortifiée pour en appréhender l'organisation. L'exploration se poursuit hors de l'enceinte de la cité par une découverte des faubourgs.

 

L'armorial de Guillaume de Revel, dédié au roi de France Charles VII et entrepris sur son commandement, en "mémoire de souvenance" de Charles 1er, duc de Bourbon et homme de la haute aristocratie proche du pouvoir. Le but de Revel était d'enregistrer les armoiries de toutes les familles nobles implantées sur les possessions du duc et de représenter les fiefs, villes ou châteaux ainsi recensés.

 

Emplacement actuel du Palais ducal.

 

A partir de 1497, le duc Pierre II et Anne de Beaujeu entreprennent, en prévision des séjours du roi Charles VIII la construction du bâtiment "Neuf" (dont une partie subsiste aujourd'hui) sur les plans de Mercoeur Rodier. Cette aile s'étend au pied de la forteresse du siècle précédent, et a nécessité la destruction de tout un quartier urbain. A cette même époque, est entreprise la construction d'une nouvelle enceinte urbaine, qui enlève au flanc ouest du Palais son rôle militaire et permet l'aménagement de jardins, décrits par Nicolas de Nicolaï.

 

Dans cette partie Renaissance est installé le Musée Anne de Beaujeu.

 

Après la disparition de la cour ducale en 1527, le château est la propriété de la couronne qui va l'utiliser épisodiquement comme résidence, mais le déserter à partir de la fin du XVI° siècle. Actuellement, les vestiges du Palais présentent deux ensembles :

▪ Au nord, le musée et l'ancienne prison sont reliés par un jardin correspondant à peu près à l'espace des anciennes cours.

▪ A l'ouest, un important pan de l'ancienne façade, une terrasse sans doute établie à la Renaissance donnent une assez bonne lisibilité de l'ancien Palais Ducal du fait de la topographie et l'existence de jardins qui permettent une certaine mise en scène de ces vestiges.

Par contre, au sud, un ensemble de vestiges épars : murs, portes, salles voûtées... ont été incorporés petit à petit dans le tissu urbain et ne rendent donc plus compte aujourd'hui de l'existence d'un ensemble homogène.

 

 

Le Musée, façade côté jardin.

 

Après 1527 et le rattachement du Bourbonnais à la couronne de France, le château est attribué aux reines-mères pour constituer leur douaire. Catherine de Médicis l'habite fréquemment et y reçoit, de janvier à mars 1566, son fils le roi Charles IX et sa cour.

Lorsqu'en 1661 le château devient la propriété du prince de Condé, il est transformé en appartements et loué à des particuliers. Faute d'entretien, un corps de bâtiment s'écroule en 1684 et un second en 1751. Quatre ans plus tard, un incendie ravage le reste du château.

 

Entre ces deux ensembles se trouvent cet élégant pavillon XIX° siècle,

annexe du Musée, qui conserve à l'intérieur tout son décor d'époque :

la demeure de Louis Mantin.

 

A la Révolution, le château en ruine est vendu puis démantelé. L'ancien palais ainsi que la chapelle sont rasés. En 1852, une partie des bâtiments restants est démolie pour agrandir la cathédrale. En 1907, la gendarmerie quitte le pavillon Renaissance qui sera transformé en musée (en 1986). La prison " libère " la tour, édifiée par Louis II, en 1985. Depuis quelques années, le château fait l'objet de restaurations : travaux sur les fortifications basses, restauration des parements du donjon.

 

Le quartier de l'ancien Palais.

 

 

Des bâtiments massifs, construit en pierre ou brique, d'une architecture moderne dans le goût de la Renaissance, reposaient largement sur le gros oeuvre médiéval.  Les modernisations entreprises dès le XVI° siècle ont donc gardé intact le tracé et le gabarit des rues médiévales. Les rez-de-chaussée construits en pierre, abritaient de larges boutiques alors que les 3 ou 4 étages en encorbellement étaient construits en pans de bois.

 

Le Jacquemart.

 

Symbole des libertés et de la franchise des bourgeois acquise par la charte de 1232,

ce beffroi de grès rose s'élevant à 45 m de hauteur, a été édifié de 1451 à 1455.

A l'époque, un sonneur articulé prénommé Jacquemart, frappait les heures.

 

Deux incendies devaient ravager le monument : l'un en 1655, l'autre,

pour le 1° anniversaire de la victoire en 1946, détruisit le campanile.

 

Les automates, au nombre de quatre depuis le XVII° siècle, martèlent les cloches toutes les 15 minutes : les parents sonnent les heures et les enfants les quarts. Ils ont été refait en cuivre en 1947. Accompagnent Jacquemart, Jacquette, la mère, Jacqueline et Jacquelin les enfants, mesurent respectivement 1,80 m et 1 m de hauteur.

 

L'ancien grenier à sel.

 

Créés en 1342, les greniers à sel étaient des entrepôts pour le sel de gabelle.

Ils étaient aussi des tribunaux pour juger les litiges sur la gabelle.

 

Sous Charles VI, l'administration des greniers à sel est confiée à des agents royaux qui font office de vendeurs du sel, assistés de mesureurs et de regrattiers chargés de la vente à la petite mesure, de receveurs de la gabelle, et de juges des contentieux relatifs à la perception de la gabelle.

Au XVI° siècle, l'affermage de la gabelle se généralise. Les agents des greniers sont alors déchargés de leurs activités commerciales et fiscales. Ils se consacrent principalement à des fonctions de police et justice pour lesquelles sont créés des offices de lieutenants, procureurs, sergents, greffiers, et contrôleurs.

En plus des employés de la Ferme Générale, les greniers à sel étaient gérés par des officiers : un président, un grénetier, un contrôleur, un procureur du roi, un greffier.

Avant la Révolution de 1789, il y avait 250 greniers à sel dans les pays de grande gabelle et 147 dans les pays de petite gabelle. À côté des greniers il y eut, jusqu'en 1694, des "chambres à sel", simples lieux de vente dépourvus de juridiction, et de ce fait rattachés à un grenier voisin.

 

L'ancienne halle au blé du XVII° siècle.

 

Avant 1920, les anciennes halles et le doyenné - Les halles en 2017.

Les arcades cintrées en pierre reposent sur les piliers doriques

et forment une galerie qui supporte un étage de briques polychromes.

 

L'hôtel de Ville.

 

L'hôtel de ville est élevé en 1822 dans le style néo-classique.

 

Cour intérieure de l'hôtel de ville.

 

La galerie relie la place médiévale du Jacquemart à la place classique de la Bibliothèque, aujourd'hui Marx-Dormoy, dessinée en fer-à-cheval à l'emplacement de l'ancienne église Saint Pierre des Ménestraux.

 

Les rues du coeur de la ville conservent leur tracé médiéval, même si les maisons sont reconstruites aux siècles suivants. Sinueuses, elles font la part belle aux façades, véritable décor urbain. Au fil de la promenade, on traverse 5 siècles d'histoire, du Moyen Age au XV° siècle à l'Art nouveau du début du XX° siècle, qui vit Gabrielle Chanel devenir "Coco" à Moulins.

 

Jeanne d'Arc, selon la tradition locale séjourna dans cette maison en novembre 1429.

Une plaque commémorative a été apposée sur la façade

pour le 5° centenaire de son passage.

 

 

La place de l'Allier, et au fond, l'église du Sacré Coeur.

La grande fontaine de la colonne se situe à l'entrée, début XIX° siècle de la place,

jonchée de boutiques commerçantes.

 

Après l'érection de la baronnie en duché en 1327, les ducs reconstruisent à Moulins un château vers 1340 pour lequel ils délaissent leurs anciennes résidences. Aux officiers ducaux succèdent les officiers royaux. Chef-lieu de généralité en 1587, Moulins voit sa vocation administrative et renforcer au XVIII° siècle avec l'arrivée des Intendants. Moulins devient préfecture et conserve ses fonctions judiciaires. Aujourd'hui, elle demeure un centre administratif important, avec le siège du Conseil Général, de la Chambre de Commerce de l'Industrie, des Métiers, d'Agriculture.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://classes.bnf.fr/ema/groplan/flashs/revel/
https://sites.google.com/
http://www.richesheures.net/
"Laissez-vous conter Moulins", dépliants de 12 pages,

Ville d'Art et d'Histoire, au fil de la ville, O.T. de Moulins

(Armorial Guillaume de Revel, Photo BnF)

Panneaux explicatifs, répartis à travers le quartier historique

C.P.A. collection privée, en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, 14 juin 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville