MOULINS  (Allier)
Arrondissement de Moulins - Canton de Moulins.
Région Auvergne-Rhône-Alpes.
 Population : 19.762 Moulinois en 2014.

 

D'une superficie de 861 hectares, et d'une altitude de 202 à 240 mètres,

la ville est traversée par la rivière l'Allier.

Ancienne capitale du Bourbonnais.

 

 

Maison Mantin, de style éclectique

 

 

La maison vue du parc Laussedat.

Construction de style anglo-normand, mâtiné de réminiscences du château médiéval,

un genre très prisé par une certaine bourgeoisie de la fin du XIX° siècle.

 

Après la Révolution de 1848, l'école néo-classique est balayée par un courant romantique qui se met au service de la classe dirigeante du Second Empire. De nombreux châteaux sont construits ou restaurés dans ce goût qualifié aujourd'hui "d'historiciste ou d'éclectique". Ce terme du grec "eklegein" signifie "choisir", désigne l'attitude consistant à adopter ce qui paraît intéressant dans plusieurs styles artistiques passés. L'Egypte antique, le Moyen Age ou l'époque moderne sont autant de répertoires que les artistes et les artisans relisent à l'infini pour donner naissance à de nouveaux "néo-styles !.

 

Construite entre 1893 et 1897, sur une partie des ruines du palais ducal des Bourbons,

la maison, de style éclectique est conçue pour préserver et conserver la collection

du maître des lieux, Louis Mantin, un érudit, curieux et amateur d'art.

 

Un décor de terre cuite émaillée polychrome agrémente les façades.

La maison est située au coeur du site historique de la ville, dans le centre de Moulins,

à proximité de la cathédrale.

C'est l'architecte René Moreau qui dessine les plans, qui aura également la charge

d'Inspecteur des Monuments Historiques en 1884 et celle de maire de Moulins en 1895.

 

Façade ouest donnant sur la terrasse.

 

Le grand salon d'apparat.

 

De forme carrée, il comporte une grande baie et ouvre sur la terrasse. Au-dessus des portes, des toiles marouflées mettent en scène les saisons avec des putti dans des activités agricoles. Sièges des XVII° et XVIII° siècles. Tapisserie de la fin du XVII° siècle, à décor de chasse au sanglier.

 

 

Le cabinet de travail, qui communique avec le salon par deux doubles portes.

La pièce s'ouvre au sud sur deux petits espaces secondaires :

la bibliothèque et un cabinet aménagé avec une crédence néo-gothique.

 

La chambre à coucher des quatre saisons - La salle de bains.

 

▪ La chambre des quatre saisons est dans le style rococo. Sur les quatre murs est tendue la soierie aux Amours, qui garnit les sièges d'époque Régence et Louis XV. Le grand lit avec baldaquin, courtepointe, grands rideaux et passementerie en soie assortie à la tenture murale. Mobilier du XVIII° siècle.

 

▪ La maison est équipée d'une salle de bains et, à l'étage, de toilettes, confort rare à cette époque. Elle est alimentée en eau chaude et froide. Un thermomètre incorporé au robinet mélangeur permettait de contrôler la température souhaitée. L'eau était chauffée dans une petite pièce du rez-de-chaussée de la tour, le réservoir étant placé sous la toiture, ce qui assurait la mise sous pression de l'eau.

 

Cheminée du musée personnel de Louis Mantin.

 

Cette cheminée possède un décor très composite : céramique vive autour du foyer avec des représentations de citrons pourvus de leur feuillage, sculpture d'un diable combattant un dragon dont les parties se terminent par des serres d'oiseau naturalisées, miroir à l'entourage marqueté élégant, assiette en porcelaine de la Compagnie des Indes, trophées d'animaux en plâtre, portraits de chiens, statuettes allégoriques des quatre saisons.

 

La chambre de Louis Mantin, dite la chambre des cuirs.

 

Traitée dans le goût de la Renaissance, la chambre est tapissée d'une rare tenture de cuir doré. Le lit à colonnes, de la fin du XIX° siècle, supportant un dais plat occupe une grande partie de la pièce. Il s'inspire des lits de bout apparus aux XV° et XVI° siècles. Entièrement entouré de rideaux, il est caractéristique du lit "fermé", dit à la française, tel qu'il se présentait au XVII° siècle.

 

Louis Mantin

 

Louis Mantin est né à Moulins le 14 janvier 1851. Après des études primaires à Yzeure, commune limitrophe de Moulins, il achève son enseignement secondaire au collège Sainte-Barbe à Paris puis entre en faculté de droit et obtient sa licence.


Après ses études, il s’oriente vers la carrière d’avocat et s’inscrit au barreau de Paris. On ne sait que peu de choses de son activité professionnelle parisienne sinon que, de 1875 à 1879, il est avocat à la cour d’appel et qu’en 1878, il est secrétaire de contentieux pendant l’Exposition universelle.

 

Cette carrière lui convient probablement assez peu car dès 1877, il fait une demande, parrainée par les députés de l’Allier, pour entrer dans l’administration préfectorale ; cette demande est satisfaite deux ans plus tard.


A partir de 1879, il fait carrière dans l’administration préfectorale en tant que conseiller d’abord, puis sous-préfet, enfin comme secrétaire général – avec rang de sous-préfet -. Il est nommé dans les départements des Hautes-Alpes, de l’Héraut, de la Nièvre et de la Haute-Vienne. A plusieurs reprises, dans sa correspondance avec des hommes politiques, députés ou sénateurs dont il sollicite le soutien, ou avec ses supérieurs hiérarchiques du ministère de l’Intérieur, il se montre préoccupé par son avancement et, surtout, par une affectation proche de Moulins. En effet, pendant la presque totalité de sa carrière professionnelle, il doit également gérer sa fortune personnelle. En désespoir de cause, il demande une mise en disponibilité pour regagner sa ville natale. Il l’obtient le 21 avril 1893. Le même jour, il est élevé au grade de Chevalier de la Légion d’honneur. Il a, auparavant, reçu deux autres distinctions : les insignes d’officier du Dragon d’Annam et de l’Ordre du Nichan Iftikhar de Tunis.

 

Louis Mantin, rentier à 42 ans, habite désormais à Moulins et vit en « bourgeois » comme il se définit lui-même dans son testament. Il décide rapidement de se faire construire une villa à son goût et d’y installer ses collections. Il voyage en Europe et s’intéresse au patrimoine bourbonnais. On lui doit quelques articles dans le bulletin de la Société d’Emulation du Bourbonnais, société savante très active, dont il est vice-président de 1902 à 1904.


Malade et n’ayant pas d’héritier, il écrit quelques mois avant sa mort un testament avec des dispositions très précises. Il meurt le 3 octobre 1905, à l’âge de 54 ans. Il est enterré à Moulins dans le caveau familial, une tombe en forme de pyramide en pierre de Volvic.

 

Louis Mantin partage ses biens entre sa famille (des cousins et des neveux), la cathédrale Notre-Dame de Moulins et la ville de Moulins. Le lègue à la ville est le plus important et fait l'objet de 2 donations :

▪ Une somme d'argent destinée à fonder dans l'hospice, 2 lits destinés aux ouvriers ébénistes, menuisiers, ou tapissiers, âgés ou infirmes.

▪ La 2° donation comprend sa maison avec les jardins, et toutes ses collections et une somme de 50.000 francs pour l'entretien et la garde de sa maison. Ce legs est assorti de plusieurs conditions : sa maison doit être annexée au musée qui est projeté dans l'aile Renaissance du château des Bourbon. L'ouverture au public est faite le 30 octobre 2010, et sa maison présente désormais, "la vie d'un bourgeois du XIX° siècle".

 

 

Musée Anne de Beaujeu

 

 

Le musée Anne de Beaujeu occupe le pavillon Renaissance

qui venait clore la cour du prestigieux palais des ducs de Bourbon.

 

Louis Mantin demandait que sa maison soit rejointe au musée projeté par un passage,

galerie, cloître ou autre. Cette construction est réalisée dès 1910,

dans un style de celui de la façade du pavillon Renaissance,

et l'inauguration du musée a lieu le 5 juin 1910.

 

Baptisée "galerie Armand Brugnaud", du nom du conservateur du musée de 1932 à 1959, elle est à l'origine plus étroite et complètement ouverte, avec, de part et d'autres, des baies garnies de grilles. Elle sera par la suite aménagée en salle d'exposition.

 

Façade côté jardin donnant sur la terrasse.

 

Le musée présente des momies égyptiennes, une galerie de portraits des ducs de Bourbon, un ensemble de sculptures médiévales, une collection de peintures et de sculptures du XIX° siècle, les arts décoratifs moulinois du XVIII° siècle (faïences et coutelleries)...

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.mab.allier.fr/
"Moulins, guide et plan, de 72 pages, O.T. Moulins

"La maison Mantin, une demeure d'atmosphère, 134 pages

Patrimoine du Conseil Général de l'Allier, Bleu autour, 2011

C.P.A. collection privée, en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, 14 juin 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville