La Bretagne

Préfecture régionale : Rennes
Superficie : 27 209 km²
Population : 2 906 197 Bretons (en 1999)
1 268 communes, 201 cantons.

La Bretagne est une des six nations celtiques, au regard de la linguistique, de l'ethnologie et de l'histoire. Son nom breton, Breizh est orthographié avec un « ZH » pour synthétiser l'ancienne écriture existant pour le nord et l'ouest (Breiz) avec celle du sud (Breih). « Breizh » est couramment abrégé en BZH. En gallo, son nom est Bertaèyn.
La Bretagne est la région française qui bénéficie de la plus grande longueur de côtes. On distingue traditionnellement les régions côtières (l'Arvor, c'est-à-dire "la mer" en langue bretonne) des régions centrales (l'Argoat, "la forêt" en breton).

La Bretagne s'étendant sur les départements des
Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine et Morbihan
Côtes d'Armor, les Costarmoricains - Préfecture : Saint-Brieuc
Finistère, les Finistériens - Préfecture : Quimper
Ille-et-Vilaine - Préfecture : Rennes
Morbihan, les Morbiohannais - Préfecture : Vannes

Cette péninsule, longue de 250 km, est un fragment, ruiné par l'érosion, le l'ancienne chaîne hercynienne. Le relief, couvert de landes et de bois, forme deux lignes de hauteurs parallèles aux côtes de la Manche et de l'Atlantique :
- Monts d'Arrée au nord,
- Montagne noire et landes de Lanvaux au sud.
- Il entoure le bassin de Châteaulin à l'ouest, arrosé par l'Aulne,
- et celui de Rennes, à l'est, arrosé par la Vilaine, qui porte des pâturages à bovins, des vergers, des céréales.
L'Armor "pays de la mer", forme ce que l'on appelle la ceinture dorée de la Bretagne, où l(on cultive les primeurs.
La côte, très découpée, creusée de profonds "abers", ou estuaires, que remonte la marée, abonde en ports naturels abritant une nombreuse population de pêcheurs.


Historique
Antiquité
Le territoire de la future Bretagne, comme toute l'Armorique, fut conquis par les Romains lors de la guerre des Gaules. À la fin du Ve siècle, les Bretons de l'île de Bretagne (Grande-Bretagne actuelle), peut être chassés par les Anglo-Saxons, y auraient émigré en masse avec leurs coutumes et leur langue, leur présence ayant été organisée antérieurement pour la défense de l'Empire romain face aux migrations germaniques. Ils ont donné leur nom à cette région, qui s'est longtemps appelée Petite Bretagne, par opposition avec leur île d'origine.

Haut Moyen Âge
Au Haut Moyen Âge, la Bretagne était divisée en deux, puis trois royaumes - la Domnonée, la Cornouaille et le Broërec (initialement appelé Bro Waroch) - qui furent réunis sous l'autorité des ducs et rois de Bretagne au IXe siècle.

Cette Bretagne unifiée s'érige au IXe siècle en un royaume qui est détruit et occupé par les Vikings au début du Xe siècle. Reconstituée mais affaiblie, la Bretagne n'est plus qu'un duché (parfois appelé simplement comté). Les ducs continuent toutefois d’exercer les prérogatives royales de leurs prédécesseurs. La Bretagne devient alors un enjeu important entre la Normandie et l'Anjou, puis entre l'Angleterre et la France. Les relations entre le duché et ses voisins dépendaient essentiellement des rapports personnels qu’entretenaient leurs chefs. La politique des ducs de Bretagne est alors parfois menée de manière indépendante, parfois dominée par le roi d'Angleterre et parfois par le roi de France. Les ducs de Bretagne parviennent finalement à s'émanciper de cette domination politique de leurs voisins à partir du XIVe-XVe avec l'avènement de la dynastie des Montfort. Cette politique d'émancipation atteint son point culminant sous le règne de François II de Bretagne avant sa défaite en 1488. Malgré la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364) et les tentatives d'annexion françaises ou de contrôle anglais, elle demeure une principauté distincte jusqu'au XVIe siècle.

Époque moderne
Le duché de Bretagne subit des défaites militaires face au puissant royaume de France en 1488 et 1491, qui mènent à l'union en deux étapes. D'abord une union personnelle entre souverains (3 mariages entre souverains bretons et français) puis en 1532 l'union perpétuelle entre le duché et le royaume est sollicitée à Vannes par des États de Bretagne sous forte pression et sanctionnée par l'édit royal signé dans la foulée au Plessis-Macé. La Bretagne garde cependant certains privilèges (législation et impôts spécifiques) jusqu'à la Révolution française. En effet, c'est lors de la fameuse nuit du 4 août 1789 que sont abolis les privilèges, que ce soient ceux des communes, des corporations, de la noblesse, du clergé... et ceux de la Bretagne.

Les XVe, XVIe et XVIIe siècles sont considérés comme la période la plus faste de la Bretagne qui est alors placée au cœur des routes commerciales maritimes les plus actives entre l'Espagne, l'Angleterre et la Hollande. Les toiles de chanvre et de lin noyales, crées, bretagne ou olonnes symbolisent l'essor de cette période qui permit le financement d'un impressionnant patrimoine architectural. L'hôtel de la monnaie de Rennes est alors le premier de France. Le colbertisme, qui transforma la Bretagne en cul de sac militaire, et les conflits avec l'Angleterre plongeront les Bretons progressivement dans la pauvreté, qui culminera à la fin du XIXe siècle.

La Bretagne était divisée en comtés (Cornouaille, Léon, Broërec, Tréguier, Penthièvre, Porhoët, Nantais, Rennais...) puis en huit baillies qui évolueront en quatre présidiaux, eux-mêmes divisés en sénéchaussées. Elle était aussi divisée en neuf évêchés (Broioù ou Eskopti en breton).
À la Révolution française, les provinces sont abrogées la nuit du 4 août 1789 et la Bretagne cesse d'exister en tant qu'entité administrative, étant divisée en 1790 en cinq départements.

Economie de la Bretagne
La pêche et les industries connexes, la construction navale civile et militaire (Brest, Lorient), la construction aéronautique (St-Nazaire & Nantes), le tourisme (surtout estival et côtier) formaient déjà les principaux secteurs de l'économie bretonne de la première partie du XXe siècle. L'économie de la Bretagne contemporaine s'est tournée dans les années soixante vers une agriculture (primeurs...) et un élevage (porcin, avicole, bovin) intensifs, vers l'industrie agroalimentaire, la construction automobile (Citroën), le tourisme estival sur la bordure côtière, la grande distribution (E.Leclerc, Intermarché) et quelques pôles technologiques avancés à Brest, Rennes et Lannion.

La Bretagne est leader pour la production française de porcs et de volaille (autour de 50%), de choux-fleurs (autour de 60%), d'artichauts (autour de 85%), de paquebots (100%). Elle est première pour la production laitière