Lotus ou Nénuphar

Description :

Le lotus (nelumbo indien, nymphaea égyptien) et le nénuphar sont des plantes aquatiques vivaces à rhizome submergé dont les feuilles presque rondes forment une coupe de 40 à 60 centimètres en moyenne, à bord ondulé, à l'épiderme cireux et de couleur vert franc.

Elles flottent à la surface de l'eau.

Les fleurs peuvent atteindre 20 à 30 centimètres de diamètre.

Elles sont blanches ou mauves (nymphaea lotus), roses ou bleu-violet dans les variétés indiennes (nelumbo nucifera), jaunes chez le lotus d'Amérique, très répandu (nelumbo lutea).

Le parfum du lotus bleu, autrefois élu par le dieu de Memphis Nefertoum, est le plus subtil.

Il existe en Amazonie un nénuphar géant (victoria regia) dont les feuilles ont 2 à 3 mètres de diamètre et peuvent supporter un homme.

Sa fleur est blanche le premier jour, rose le second et fanée le troisième !

Lotus ou Nénuphar

(Lotus, famille des légumineuses)

Symbole de pureté et de fécondité dans l'union; on offre la fleur de lotus à l'occasion d'une naissance, elle symbolise l'épanouissement de l'enfant au long de sa vie matérielle et spirituelle, son éloquence plus tard.

Le nénuphar jaune incite aux bavardages : « racontez-moi une belle histoire ».
Ce peut être aussi l'amour blessé : « vous ne savez pas aimer », soupire alors le nymphaea.
 
Juin 2004, Maison Claude Monet, Giverny, 27, et Jardin Albert Kahn, Boulogne, 92 -
Juin 2005, jardin botanique, La Baleine, 50

Historique :

Le nom du lotus provient d'une légende grecque :

Lotis était une nymphe, aimée de Priape qu'elle n'aimait pas et qui ne parvint jamais à la posséder.

Elle finit par demander à être une fleur, le lotos.

Quant à Héraklès, il aurait repoussé les tendres avances d'une jeune nymphe, elle en mourut de douleur et le demi-dieu, touché, la transforma en nymphaea.

Le nom de nénuphar vient de l'arabe ninufar, lui-même issu du grec nymphaïa (nymphe).

Fleur de tout l'Orient, le lotus est associé à la création, à la fécondité, à la femme donc.

En Egypte le lotus est à l'origine même de l'univers : soleils et premiers dieux sont issus de son cœur.

Durant 3500 ans, le plus religieux des peuples l'associera à tous les mystères de la vie, du plaisir à la mort et à la renaissance.

Sur les murs peints des hypogées, où les vivants et les morts le respirent ensemble, sur les tombeaux eux-mêmes, le lotus fécond témoigne de l'espoir d'une renaissance; du reste on mange ses racines (ou plutôt ses rhizomes), et des bouquets serrés de lotus en pierre soutiennent les plafonds et les corniches des temples : on les appellera plus tard colonnes d'ordre lotiforme.

Toujours en Afrique, les Dogons du Mali donnent des feuilles de nénuphar aux femmes allaitant (de même qu'au bétail femelle en pareil cas...) : c'est que cette plante est nourricière par excellence, assimilée aux seins des femmes et à leur lait.

Ainsi le bélier originel ayant fécondé le soleil descend par l'arc-en -ciel et, criant que la terre est à lui, plonge au plus profond d'une mare à lotus.

On retrouve curieusement la même symbolique chez les Mayas, où le lotus est lié à l'abondance, à la fertilité, au puissant Monde souterrain qui porte la terre sur son dos.

Les Indiens représentaient Visnu (le dieu conservateur) dormant sur l'eau; de son nombril émerge un lotus rose contenant Brahma (le dieu créateur). Le lotus rose, emblème solaire de la prospérité et le lotus bleu, signe lunaire, se complètent.
En Chine, le lotus est associé à des langages et des unions plus terrestres !

Le sexe féminin est une fleur de lotus rouge, l'homme la tige du lotus, dont on apprécie la fermeté; leurs graines nombreuses sont un signe de prospérité.

Une courtisane exceptionnelle se voit parée du nom de lotus d'or : c'est en quelque sorte « la plus pure ».

La représentation de la fleur obéit à des codes précis : un jeune homme tenant un lotus à la main et une trompe dans l'autre signifie : « ascension sociale continue », une fleur de lotus avec une feuille et un bouton symbolise l'union parfaite ; un jeune garçon avec une coupe et un lotus à côté déclare : « puisses-tu vivre toujours dans l'abondance ».

Un texte chinois antique dit d'une jeune fille que « fleurissait le lotus où elle posait le pied ».

C'est ainsi qu'il y a plus de 2000 ans un Empereur à l'esprit pervers, se rappelant la légende, fit danser sa concubine préférée sur des fleurs de lotus, les pieds recouverts de bandages pour qu'elle se fit mal en écrasant les fleurs ; on dit que l'ancienne coutume chinoise des pieds bandés n'a pas d'autre origine...

Quant à la fameuse société secrète du Lotus blanc, qui joue un rôle si important dans l'histoire de la Chine dès le XIIe siècle (notamment dans l'établissement et dans la chute de la dynastie Ming), elle doit son nom à l'association du lotus, fleur sacrée, au blanc, couleur de la lumière : on pourrait traduire cette image par, la Vérité.