Chardon

Description :

On regroupe sous ce terme une foule de plantes bien diverses, dont le point commun semble qu'elles sont toutes pourvues de pointes et de griffes !

Mais quatre sortes de chardon sont plus connues :

· le chardon-Marie (silybum), dont les feuilles ont des nervures blanches,
· le panicaut (eryngium), aux feuilles dentelées, d'un bleu pastel, qui affectionne les endroits incultes,
· le chardon béni (cnicus), chardon magique du Moyen Age, tendre, blanchâtre et laineux,
· la cardère (dipsascus), qui peut atteindre 2 mètres, et servait autrefois à carder la laine (on l'appelle aussi chardon à foulon).

Chardon

(Onopordum – Famille des composacées)

Symbole d'austérité, voire de déplaisir, le chardon a des vertus exorcisantes et protectrices. « Vous me faites de la peine », dit-il, ou encore : « pourquoi vos goûts sont-ils si sévères? ».

Il est à noter que tous les chardons sont masculins, sauf le robuste chardon bleu des sables (panicaut).

Quant à la devise de la Lorraine, elle est connue : c'est un chardon et il met en garde « qui s'y frotte s'y pique ! »
 
Chardon bleu des Alpes

Historique :

Le chardon-Marie (il tire son nom de ses feuilles veinées de blanc, trace dit-on du lait coulant des seins de la Vierge lorsqu'elle dut fuir de Judée en emportant le nouveau-né Jésus, est renommé depuis fort longtemps pour ses vertus stimulantes.

Il est recommandé d'en avoir des graines sur soi et, autrefois on en faisait manger aux vaches, qui donnaient alors un meilleur lait.

Les hommes en préparaient les pousses en salade, cette nourriture au goût d'artichaut ayant pour effet d'accroître leur énergie, leur résistance, et par là d'en faire, disaient les Savoyardes, de meilleurs amants !

Les nomades arabes du Proche-Orient et les Chinois l'appréciaient également.

Le chardon béni fut employé durant tout le Moyen Âge pour des rites de guérison.
Brûlés dans la cheminée durant l'orage, ils éloignent la foudre.

Plantés sur la crête des murs, ils dissuadent les voleurs ; autour de la maison ils lui font une aura protectrice.

Victor Hugo évoque l’eryngium dans ces vers des Contemplations :
"Et je pense, écoutant gémir le vent amer,
Et l’onde aux plis infranchissables ;
L’été rit, et l’on voit sur le bord de la mer
Fleurir le chardon bleu des sables."